Ne reste que le fil (Jacques Ancet)
Posté par arbrealettres le 14 novembre 2009
Je ne sais plus.
Si je continue, si je recommence.
Je perds les choses au fur et à mesure,
l’arbre, ses feuilles, la montagne, le jour, la brume, les mains…
Je les perds, je les retrouve, je les reperds.
Oui, comment m’y reconnaître?
Parfois, l’une ou l’autre s’arrête.
Elle me regarde.
Je la regarde.
Entre nous, un fil se tend,
et c’est là qu’il faut marcher.
En équilibre.
Prendre conscience de chaque pas,
de chaque geste.
Pour ne pas tomber.
Avancer encore.
encore un peu.
Vers ce qui recule à mesure que j’avance.
Ou qui s’avance, et c’est moi qui recule,
qui me rétrécis, qui m’efface.
Ne reste que le fil.
Il ne porte plus rien:
il vibre …
Ou il casse.
Mais je ne tombe pas.
Je reste dans la stupeur d’être et de n’être pas.
En suspens.
A écouter l’inaudible.
Une circulation souterraine, ou aérienne,
un voyage silencieux:
des corps y flottent, se heurtent, se défont.
Je les reconnais à peine.
Un nom, parfois s’en détache.
« Déjà ? dit une voix
- Tout est si court. »
Je vois un visage.
Je ne le vois plus.
Je cherche.
« Reste encore », dit la voix.
Pas de réponse.
Le jour est gris.
Les choses semblent attendre,
mais c’est moi qui attends.
Si je continue, si je recommence.
Je perds les choses au fur et à mesure,
l’arbre, ses feuilles, la montagne, le jour, la brume, les mains…
Je les perds, je les retrouve, je les reperds.
Oui, comment m’y reconnaître?
Parfois, l’une ou l’autre s’arrête.
Elle me regarde.
Je la regarde.
Entre nous, un fil se tend,
et c’est là qu’il faut marcher.
En équilibre.
Prendre conscience de chaque pas,
de chaque geste.
Pour ne pas tomber.
Avancer encore.
encore un peu.
Vers ce qui recule à mesure que j’avance.
Ou qui s’avance, et c’est moi qui recule,
qui me rétrécis, qui m’efface.
Ne reste que le fil.
Il ne porte plus rien:
il vibre …
Ou il casse.
Mais je ne tombe pas.
Je reste dans la stupeur d’être et de n’être pas.
En suspens.
A écouter l’inaudible.
Une circulation souterraine, ou aérienne,
un voyage silencieux:
des corps y flottent, se heurtent, se défont.
Je les reconnais à peine.
Un nom, parfois s’en détache.
« Déjà ? dit une voix
- Tout est si court. »
Je vois un visage.
Je ne le vois plus.
Je cherche.
« Reste encore », dit la voix.
Pas de réponse.
Le jour est gris.
Les choses semblent attendre,
mais c’est moi qui attends.
(Jacques Ancet)

grenouille33330 a dit
Superbe illustration , et lien !
Le poéme est étonnant et très beau !
arbrealettres a dit
je l’avais rencontré déjà en fait par hasard ‘une peinture avec une harpe à visage de femme’ et sans y prêtre attention je le trouve GENIAL!! moins froid que Magritte!! oui je suis content quand je trouve une illustration qui colle mais c’est rare!!!
Christian
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