Dormir (André Frénaud)
Posté par arbrealettres le 25 novembre 2009
Dormir, le flanc déchiré,
bête d’étal où grouillent
vers noirs et vers blancs, des bêtes,
puis le chant de l’eau profonde,
grondeuse en sourdine, gronde.
Ne plus aimer, ne plus rêver.
Finies les déchirantes déchirures.
Endolori, engourdi, guéri?
On n’en demande pas tant.
C’est-il mourir ou vivre? Tout comme.
Seulement le bruit de l’eau, la couleur verte
toujours égale. Il n’y a plus d’abeilles.
Gronde, gronde.
(André Frénaud)