La profonde blessure (André Frénaud)
Posté par arbrealettres le 25 novembre 2009
La profonde blessure, c’est toujours la première.
Je sais le silencieux remuement.
L’acacia blême a gercé la plaine,
les courlis s’en vont et les portes-faînes,
mais la glace a fait ses propres étoiles,
elle envie la rose des vents.
Vivre avec elle comme une rosace d’autrefois,
rubis encerclé de plomb,
avec le mouvement du soleil et la visite des oiseaux,
au froid, dans la verdure aux petites amies,
parfois parmi bien davantage,
dans ma durée d’homme.
Vibre et gronde en sourdine, mon intime grondeuse.
Je renais, je ne veux pas encore mourir par toi.
(André Frénaud)