Archive pour février 2010
Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Mots d’hier
mots de jadis que traîne la chanson du berger
ou d’une enfant qui vient de respirer le rêve,
mots des vieux chants perdus avec le regard et la gorge
ouverts au rire d’un univers
de larmes lourdes d’espérance
Mots des lèvres nouvelles balbutiant
la prière ou l’étreinte au matin des lointains soupirs,
mots des mains ciselant les songes
pour que le temps reste sans fin.
(Ali Hamouda)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Je chante je chante comme si je devais
ne plus jamais chanter
je rêve je rêve comme si je devais
ne plus jamais me réveiller
je parle de mon ciel comme s’il devait
ne plus exister
de mes étoiles comme si je devais
ne plus les compter
et dans chaque mot je mets mon amour
comme si je devais bientôt
tout laisser.
O ma terre
avec tes jours gris et tes hommes qui se tuaient
sous des yeux d’enfant!
(Ali Hamouda)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Par quels cris et par quels gestes est-on passé
Avant de pouvoir dire: “Je t’aime”?
(Ali Hamouda)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Où êtes-vous
à l’instant où notre souffle s’exhale
sans vous rejoindre,
ô vous les disparus qui laissez votre chair
blottie contre notre âme,
votre chair délaissée péniblement un jour
où tous étaient en fête,
où l’arbre et le blé avaient retrouvé vie dans l’ait caressant
et les chants de l’oiseau et l’enfant
qui s’ouvrent au premier beau jour?
Où êtes-vous où êtes-vous?
Une image une larme une voix:
vous êtes-là, respirant en silence.
(Ali Hamouda)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Je te regarde et nous rêvons
toi de l’homme rêvé depuis des millénaires
et moi de l’Eve que je cours.
(Ali Hamouda)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Effleurer
comme la brise effleure à minuit les palmiers
et la lune en rêve,
comme la vague à l’aube effleure le sable,
comme un regard effleure en silence tes yeux
puis s’enfuit.
Mais je crains d’effleurer le drap
où tu reposais
et cette poussière où dorment
les signes de tes doigts.
(Ali Hamouda)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Les astres se sont croisés
et nos langues sont devenues deux lames acharnées
sur le fil ténu de l’amour.
Que mes doigts se déchirent sous vos morsures
Ô dents du temps folles de déchirer!
Je couvrirai de mon corps l’invisible rayon qui verse l’ivresse
et à l’aurore, éternel comme l’horizon,
notre fil portera le soleil.
(Ali Hamouda)
Illustration: Gustave Doré
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Refleurisse le temps sur la crête des vagues vives
porteuses des vieux chants émergés de l’oubli.
Les barques dansent sous la brise,
valse des parasols dans les soirs du vieux port
où glissent langoureuses les filles d’Italie.
Refleurisse le temps sur l’humble rive où je suivais tes pas
le temps de ma trentième enfance
le temps de l’espérance frêle
comme l’écume comme ta voix et mon sourire
à tes joues d’enfant
à l’aube d’un avril où naquit ta chanson.
(Ali Hamouda)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Moi qui ai si peur des départs
par une nuit où le soleil n’avait laissé
aucune trace
et les étoiles aucun sourire,
parmi les mots étranges
et des voies inconnues au pied,
sans l’ombre d’un amour qui attendît au port
j’ai senti souffler le vent des naufrages.
(Ali Hamouda)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010

Il s’est passé quelque chose à Carnac,
Il y a longtemps.
Quelque chose qui compte
Et tu dis, lumière,
Qu’il y a lieu
D’en être fier.
***
Les menhirs sont en rang
Vers quelque chose
Qui doit avoir lieu.
(Guillevic)
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