Tu n’as rien dérobé
Que ce que l’on peut prendre sans rougir.
Tu te cachais pourtant
D’être le seul à en vouloir,
Pour l’habiter longtemps,
Pour l’habiter d’amour.
(Guillevic)
Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Tu n’as rien dérobé
Que ce que l’on peut prendre sans rougir.
Tu te cachais pourtant
D’être le seul à en vouloir,
Pour l’habiter longtemps,
Pour l’habiter d’amour.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Plaine telle un sanglot
Qui s’étrangle et se cache,
Champ de blé supportant
Les jeux de l’alouette,
Est-ce en vous cette attente
Ou dans celui qui vous regarde?
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Quelle douceur c’était,
Ces amours qui naissaient
Aux tournants du sommeil.
Mais les bêtes veillaient,
Regardaient et prenaient.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010

Sage peut-être
Qui a trouvé la grotte
Heureuse d’être un creux
Profond dans la pénombre.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 24 février 2010
Je t’écris d’un pays où il fait noir
et ce n’est pas la nuit.
Je t’écris
parce qu’il fait noir.
Je t’écris sur le mur
qui est au fond du noir.
*
Il y a le noir puisqu’il me fait t’écrire.
Il y a un mur puisque j’écris dessus
Et c’est pour toi.
Je ne sais pas ce qu’est ce noir,
Je suis dedans.
Je t’écris sur un mur au fond du noir.
*
Je sais que dehors
Il ne fait pas noir.
*
Le plus souvent le mur est droit,
Mais je crois qu’il s’incurve.
Lorsque je dis
Qu’il est au fond du noir,
c’est pour me rassurer.
J’écris sur lui
Pour que ce soit utile.
*
Si jamais tu lis sur ce mur,
Ce que j’écris pour toi,
Tu sauras peut-être
Où j’étais parqué.
*
Mais pourtant si c’était
Sur ton mur que j’écris,
Sur le mur au fond
Du noir où tu es
Et tu ne saurais pas
Que j’y écris pour toi?
*
Je te sais soleil,
Je vous sais pommiers.
Je connais l’étrange
Variété du noir
Qui a nom lumière.
De son royaume j’ai tremblé.
*
Je n’ai pas d’horizon
Au-delà de ce mur
Sur lequel je t’écris.
Je n’écrirais pas plus
Que je ne peux savoir.
*
J’écris la vérité que supporte le mur
Au fond du noir.
*
Dehors il y aurait un autre champ d’action
La trompette où souffler le jour plus fort que lui,
Comme souffle un seul feu à nu dans les chemins,
Quand midi vient éperonner
Toute la terre permanente.
Mais dehors,où t’écrire
A défaut de ce mur?
*
Dehors mais je ne saurais plus
A qui j’écris.
Et que sera dehors,
Dans le feu et dans le vent,
Celui qui doit t’écrire?
*
À moins qu’un jour -
Est-ce que ce sera le jour? -
Nous sachions être ensemble, je le veux,
Pour le dehors et pour le noir.
En notre honneur alors
Brûleront de lumière,
Mais à notre mesure,
Les pommiers, les rivières.
Alors je t’écrirais sur ce que tu verras
Flamboyer de tendresse,
Sur toutes les choses autour de nous
Dans le dehors et dans le noir.
Je n’aurais plus besoin
De chercher à t’écrire
Sur le mur introuvable
Où j’écris maintenant.
*
Qu’importe après cela
Qu’il reste encore du noir
Dans la grande lumière,
Au fond de la lumière,
Puisque tu seras là
Pour tâtonner ensemble
Et que je t’écrirai
Avec mes lèvres sur ton corps.
*
En attendant j’écris
Sur le mur qui doit être au fond du noir:
“Je bénis tes genoux,
“Je pense au jour
“Où sous mes mains ils trembleront
“Comme font les feuillages
“Avec moins de raison.”
Et nous irions
Vers la lumière guérissable.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 23 février 2010
Evanescence noisette. Un filet d’eau dans la gouttière.
Lumière athlétique de la mer sur le seuil de la pierre,
Sur la mer aussi, et sur le calme des pignons et des toits.
Lucarnes blanchies. Haies brûlantes comme l’âtre.
Chaises à quatre pattes. Un dressoir garni sous l’épart.
Poésie fossile de la plaque et de l’ardoise.
Le désir en ses douves, somnolent, tranquille -
Pareil au cormoran repu sur le rocher de midi,
Exilé, accordé au grand scintillement.
Entre à nouveau dans tout cela, adulte de la solitude,
Passeur du silence, présence précise
Que tu avais sentie se dérober la première fois.
***
Hazel stealth. A trickle in the culvert.
Athletic sealight on the doorstep slab,
On the sea itself, on silent roofs and gables.
Whitewashed suntraps. Hedges hot as chimneys.
Chairs on all fours. A plate-rack braced and laden.
The fossil poetry of hob and slate.
Desire within its moat, dozing at ease –
Like a gorged cormorant on the rock at noon,
Exiled and in tune with the big glitter.
Re-enter this as the adult of solitude,
The silence-forder and the definite
Presence you sensed withdrawing first time round.
(Seamus Heaney)
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Publié par arbrealettres le 23 février 2010
une femme elle reste à la fenêtre
elle ne se jette pas par-dessus bord
elle n’ouvre pas elle regarde la vitre
ou quelque chose dehors derrière la vitre
on n’en sait rien elle ne dit rien de ce qu’elle voit
est-ce qu’elle voit seulement
et puis son front il est collé
ça fait de la buée sur cette vitre
qui la sépare du monde…
(Albane Gellé)
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Publié par arbrealettres le 23 février 2010
Publié dans poésie | Tagué: (Ryôkan), fenêtre, lune, oublier, parti, voleur | 5 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 23 février 2010
Hommes, peu
Espace, beaucoup
Silence
Un insecte signalise
Un insecte reçoit
Un insecte par signal acoustique
peut-être fait une citation…
Nuit! Nuit!
La manne des étoiles
qui nourrit-elle?
(Henri Michaux)
Publié dans poésie | Tagué: (Henri Michaux), acoustique, étoile, espace, homme, insecte, nuit, se nourrir, signaliser, silence | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 23 février 2010
Au petit matin les murs se lézardent
- rien de ce qui tremble ne m’indiffère
Je sens les vibrations les secousses
j’attends la marque du divin
quelque chose comme “enfin te voilà, je t’attendais”.
Et tout serait dit – et tout serait confus, aussi.
Cependant, rien n’est plus clair
aucune signature en bas des murs,
ni chant sacré à mes oreilles
ne viennent troubler l’ordre du monde,
je suis bien seul – irrémédiablement.
(Alain Eludut)
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