Arbrealettres

Poésie

Archive pour mars 2010

Voici les herbes neuves (Izumi Shikibu)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2010


A mes yeux la plaine de Kasugano
était couverte de neige
Mais voici les herbes neuves qui la recouvrent
toute

(Izumi Shikibu)

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Elle est arrivée la brume du printemps (Izumi Shikibu)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2010


Elle est arrivée
la brume du printemps
et j’entends gronder le torrent
se faufilant entre les rochers

(Izumi Shikibu)


Illustration

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Pierre tombale, Athènes (Vincent O’Sullivan)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2010


Le petit poing sur les genoux de la mère,
la main du mari sur son épaule
les longues lignes tombantes
des vêtements à l’ancienne.

Jambes croisées
l’enfant se penche vers elle.
Les mains du mari l’apaisent.
Assise et figée comme saisie
par la joie et les regrets.
Elle est la présence devenue absence.

Depuis quand les a-t-elle quittés ?
Depuis cet après-midi.

(Vincent O’Sullivan)

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Les merveilles de l’inespéré (Feng Chih)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2010


Toujours nous espérons accueillir
Les merveilles de l’inespéré.

Au sein du temps qui passe, soudain
Point la comète, souffle l’ouragan.
Notre vie en cet instant sera
L’image de la première étreinte:
Peines et joies passées se fondront
Dans une forme unique et sans faille.
Nous envions ces fragiles insectes
Dont, consommé le seul accouplement
Ou affronté l’unique péril,
S’achève la merveilleuse vie. Ainsi
Nous attendons, notre vie durant, que
Souffle l’ouragan, monte la comète.

(Feng Chih)

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Toi (Vincent O’Sullivan)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2010


Je ne cesse d’écrire des poèmes
qui ne font que t’effleurer
tels des hérons effleurant l’eau tranquille
Ce qui est vrai
c’est que tu habites
dans ma tête un espace
qui n’est qu’à toi
Je te tiens là
dans mes bras graciles
Je sens ton cœur
battre le temps.

(Vincent O’Sullivan)


Illustration

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Ouvre grand la fenêtre (Ping Hsin)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2010


Trop longtemps assise
Ouvre grand la fenêtre: la mer
Ta nostalgie infinie
Livre-la aux confins du ciel
là où jusqu’à l’oubli s’étendent les vagues
Seule sur la cime,
se peut-il que l’univers soit à moi seule

(Ping Hsin)

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Lune, étoiles (Ku Ch’eng)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2010


Les branches d’arbres tentent de déchirer la voile
Du ciel. Elles parviennent à y percer quelques trous.
Tombent alors des lueurs d’outre-ciel…
Les hommes les nomment: lune, étoiles.

(Ku Ch’eng)

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Les myriades d’étoiles scintillent (Ping Hsin)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2010


Les myriades d’étoiles scintillent
sur le bleu profond du ciel
Qui a jamais perçu ce qu’elles se disent?

Au plus profond du silence
chacune de sa faible clarté
Rend à ses compagnes un secret hommage

(Ping Hsin)

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Mémoire (François Teyssandier)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2010


Tu écoutes le langage
De l’herbe
Qui bruit doucement
Comme un insecte friand
D’écorce
Et de mots simples

Ici s’éploie
Le bond de l’être
Au champ clos de la mort
L’éclair s’étonne
De cet infini de bleu
Que la lumière
N’épuise pas encore
Au dernier matin de la Terre

(François Teyssandier)

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Nuit de prédestination (Nohad Salameh)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2010


En pélerinage hors de nos corps
Nous prenons le terminal circulaire des migrateurs
Et franchissons les cinq cercles de la plume du paon
Descente dans les strates du temps
Portes ouvertes aux sept cieux
Aux sept abîmes.
Retrouverions-nous le chemin qui ramène
Au commencement des choses
L’espace d’une nuit de prédestination
Où tout deviendrait le goût même du toucher
A force de pénétrer au cœur de la caresse
Et de consumer le mouvement ?

(Nohad Salameh)

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