Nuit d’automne. Psalmodiant sous le ciel frais,
Je déambule, ma pensée tendue vers toi.
Chute de pommes de pin dans ta montagne vide:
Toi aussi, en cet instant, hors sommeil, tout ouïe…
(Wei Ying-Wu)
Publié par arbrealettres le 19 mars 2010
Je veux être le chef
Je veux être le chef
Est-ce que je peux?
Je peux? Je peux?
C’est vrai? Je peux?
C’est vrai? C’est sûr?
Hourra! Je suis le chef
Je suis le chef
Bon, qu’est-ce qu’on doit faire?
(Roger McGough)
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Publié par arbrealettres le 19 mars 2010
Parce que certains animaux n’ont pas de nom,
unis à la trame des choses, provisoires
comme la neige fraîche ou bien les gouttes d’eau tombées
qui s’évaporent sur le sol de la cuisine,
on croit la maison déserte lorsqu’on part
au travail ou à l’école,
oublieux des traces de souffle
sur les plâtres,
de la pulsation dans une conduite d’eau, chose insaisissable,
qui vient de naître, au loin, en bas,
quelque chose comme une veine, peut-être, ou bien la vie
que nous avons presque imaginée pour les aplysies
et les phryganes,
une présence dont on pourrait tenir compte, tel un signe,
ressemblant vaguement
à la linotte ou au vison
mais à peine perceptible,
sans couleur ni parfum
- et c’est pourquoi nous avons tant de mal à décrire
les anges qui occuperont ces pièces
en notre absence, qui découvriront nos biens esseulés,
nos coupes de fruits et cuillères,
nos imperméables vides suspendus près de la porte,
le journal rivé à la table par une tasse,
c’est pourquoi nous leur donnons des ailes
et une peau humaine, un corps dans l’étreinte du chant,
silencieux comme le lait,
et nus comme la pluie.
(John Burnside)
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Publié par arbrealettres le 18 mars 2010
Sur le tard, je n’aime que la quiétude.
Loin de mon esprit la vanité des choses.
Dénué de ressources, il me reste la joie
De hanter encore ma forêt ancienne.
La brise des pins me dénoue la ceinture;
La lune caresse les sons de ma cithare.
Quelle est, demandez-vous, l’ultime vérité?
Chant de pêcheur, dans les roseaux, qui s’éloigne…
(Wang Wei)
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Publié par arbrealettres le 18 mars 2010
Le sommeil printanier ignore l’aube,
On se réveille aux appels des oiseaux.
Nuit passée, bruissement de vent, de pluie;
Que de pétales, déjà, ont du tomber…
(Meng Hao-Jan)
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Publié par arbrealettres le 18 mars 2010
La grue des champs aspire au bleu du ciel.
Elle s’élève dans l’air sans l’aide du vent.
Volant seule derrière le frêle esquif d’un nuage
Tôt ou tard elle rejoindra son compagnon.
(Ch’ien Ch’i)
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Publié par arbrealettres le 18 mars 2010

Au bout des branches, fleurs de magnolias,
Dans la montagne ouvrent leurs rouges corolles;
- Un logis, près du torrent, calme et vide -
Pêle-mêle, les unes éclosent, d’autres tombent.
(Wang Wei)
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Publié par arbrealettres le 18 mars 2010
Repos de l’homme. Chute des fleurs de canneliers.
Nuit calme, de mars, dans la forêt déserte.
Surgit la lune; effrayé, l’oiseau crie:
Echos des cascades printanières…
(Wang Wei)
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