Arbrealettres

Poésie

Archive pour mars 2010

La poésie (Andrée Chédid)

Publié par arbrealettres le 14 mars 2010


Pour être,
la poésie n’attend
que notre regard

(Andrée Chédid)

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La montagne (Jean Ferrat)

Publié par arbrealettres le 14 mars 2010


Ils quittent un à un le pays
Pour s’en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n’était pas original
Quand ils s’essuyaient machinal
D’un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu’au sommet de la colline
Qu’importent les jours les années
Ils avaient tous l’âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C’était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S’il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l’autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n’y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s’en faire
Que l’heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l’on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?

(Jean Ferrat)

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Presque Amant de moi-même (Guillevic)

Publié par arbrealettres le 14 mars 2010


Je ne m’aime pas,
Mais à me voir t’aimer

Je me sens presque
Amant de moi-même

(Guillevic)

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Nul ne cille. Nul ne dort. (Jacques Izoard)

Publié par arbrealettres le 13 mars 2010


Une locomotive à gueule d’or
dort à la gare du Nord,
attend départs et fourrages.
Nul ne cille. Nul ne dort.
Mais les oiseaux picorent.

(Jacques Izoard)

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Le torrent (Jacques Izoard)

Publié par arbrealettres le 13 mars 2010


Le torrent n’enveloppe
qu’un autre torrent
qui bouillonne à la criée
du vide et de l’absence.
Et sa force l’emporte
vers sa vie, vers sa mort.

(Jacques Izoard)


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Nous hisserons jusqu’aux girouettes (Jacques Izoard)

Publié par arbrealettres le 13 mars 2010


L’eau va envahir
chambres et rotondes.
Nous hisserons
jusqu’aux girouettes
nos âmes, nos coeurs.
Un peu de ciel bleu
colorera nos lèvres.

(Jacques Izoard)


Illustration

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Nous n’avions pas prévu les jours qui passent (Jacques Izoard)

Publié par arbrealettres le 13 mars 2010


Nous nous frottions, nous nous aimions.
Nous buvions l’eau ensemble.
Et des torrents nous emportaient.
Nous enfourchions cent voyages.
Nous n’avions pas prévu
les jours qui passent.

(Jacques Izoard)

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Ne feins pas la tendresse (Jacques Izoard)

Publié par arbrealettres le 13 mars 2010


Ne feins pas la tendresse.
En toi se tendent les nerfs.
Epaules et rotules
fracassent la vie.
Et s’amenuisent aussi
pupilles et paroles.

(Jacques Izoard)

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L’oeil invente ce que nous voyons (Jacques Izoard)

Publié par arbrealettres le 13 mars 2010


L’oeil invente
ce que nous voyons.
Théâtre creux du monde!
Vide infini
que le front dissimule!
Et nous tombons à la renverse
en un néant qui nous ignore.

(Jacques Izoard)

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Il te restera le bleu (Jacques Izoard)

Publié par arbrealettres le 13 mars 2010


De ton enfance au gré des voyages,
de tes rixes, de tes trépas minimes,
de l’oubli de toi-même,
il te restera le bleu
dont on fait les poèmes.

(Jacques Izoard)

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