seul ce qui arrête
la lumière
devient invisible
(Nancy Huston)
Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
seul ce qui arrête
la lumière
devient invisible
(Nancy Huston)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
pose sur moi
ta main et ton regard:
fais-moi… signe
(Nancy Huston)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
que de monts, que de merveilles!
et l’oeil, pour chacun:
centre de l’univers
(Nancy Huston)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
le vrai soleil
est intérieur
les femmes le savent
(Nancy Huston)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
dans la forêt nocturne
les énigmes
montrent le chemin
(Nancy Huston)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
alphabet des songes:
mystère
intact
(Nancy Huston)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
Je m’embête; cueillez-moi des jeunes filles
et des iris bleus à l’ombre des charmilles
où les papillons bleus dansent à midi,
parce que je m’embête
et que je veux voir de petites bêtes
rouges sur les choux, les ails (on dit aulx), les lys.
Je m’embête.
Ces vers que je fais m’embêtent aussi,
et mon chien se met à loucher, assis,
en écoutant la pendule
qui l’embête comme je m’embête.
Vraiment ces trois cils de ce chien de chasse,
de ce chien de poète,
sont cocasses.
Je voudrais savoir peindre. Je peindrais
une prairie bleue, avec des mousserons,
où des jeunes filles nues danseraient en rond
autour d’un vieux botaniste désespéré,
porteur d’un panama et d’une boîte verte
et d’un énorme filet à papillons
vert.
Car j’apprécie les jeunes filles
et les gravures excessivement coloriées
où l’on voit un vieux botaniste éreinté
qui longe un torrent et se dirige
vers l’auberge.
(Francis Jammes)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
Au moulin du bois froid où coule de l’eau claire,
près des rochers, il y a de la fougère.
Tout près du bois bleu, une jeune fille blonde
lavait le linge et l’eau coulait à l’ombre.
Et elle avait retroussé sa robe assez haut :
on voyait ses jambes blanches dans l’eau.
Et les chemins étaient frais, étroits, mauvais, noirs,
comme si ç’avait été le soir.
Les chênes ronds et durs empêchaient la chaleur
et, sur la mousse, il y avait des fleurs.
Nous marchions sur les petits cailloux des sentiers,
près des ronces rouges, des églantiers.
Parce qu’on dépiquait du froment, la batteuse
ronflait au soleil sur la paille creuse.
Mais je repasserai dans le bois où dans l’eau
une fille fraîche a la robe haut.
J’irai sur la noire et violette bruyère
couper avec effort de la fougère.
Est-ce que la nuit, quand il y a des étoiles,
elle lave encore au ruisseau ses toiles ?
Pourquoi cela ? — Bah ! sur la bruyère violette,
sur la fille chantera l’alouette.
Et je repasserai dans le bois où dans l’eau
cette fille blanche a la robe haut.
(Francis Jammes)
Illustration: Camille Pissarro
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
Tape le linge dans l’eau claire.
Tes bras qui ont des fossettes
sont beaux. — Tes jambes tu les serres.
Tu es la laveuse. Tu jettes
Dans l’eau le linge dur et sale
des paysans aux douces têtes.
Et puis ensuite tu l’étales
à des ficelles dans les cours
qui sont près de l’obscure étable.
Les dimanches et les grands jours,
il y a des chemises blanches
pour tes frères qui font l’amour.
Tu danses sous les grandes branches,
sur la place publique, au village,
et on a envie de tes hanches.
Pendant ce temps les garçons sages
au tir font péter des capsules
et à la loterie ils gagnent.
… Tu as l’air ainsi d’être heureuse.
Mais demain tape dans l’eau claire
le linge qui fait — plac — laveuse
— en écoutant l’eau sur les pierres.
(Francis Jammes)
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