Redoute le Rien.
Un rien le fait exploser.
(Edmond Jabès)
Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
Redoute le Rien.
Un rien le fait exploser.
(Edmond Jabès)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
Le vide a,
pour ouverture,
l’inconnu.
(Edmond Jabès)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2010
Jour et nuit,
dans la foule et dans le désert,
aux tempes un vertige flûté d’opéra,
je vais à pas de funambule.
(Michel Leiris)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2010

Sois donc la bienvenue, douce brise du soir,
Après cette journée de chaleur accablante!
O toi que j’attendais avec le doux espoir
De sentir rafraîchir ma poitrine haletante!
L’implacable soleil a terminé sa ronde.
La reposante lune des belles nuits d’été
L’a remplacé, là-haut, et coule sur le monde
Une vivifiante et suave clarté.
Couché sur le talus verdoyant de la route,
Le regard clair perdu dans la céleste voûte,
Grisé, je songe à tout et je ne songe à rien,
Tellement je revis, tellement je suis bien.
Une saute de vent rend la minute exquise:
De folles graminées frôlent mon torse nu,
Je baille et je détends mes vieux membres moulus,
J’oublie tout et m’endors, caressé par la brise.
(Maurice Poulet)
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Publié par arbrealettres le 22 avril 2010
A corps et à cris.
A toutes brides.
A ras bord.
A tire d’ailes.
A bouche que veux-tu.
A poings fermés.
A pierre fendre.
A chaudes larmes.
A pleines voiles.
(Michel Leiris)
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Publié par arbrealettres le 22 avril 2010
Est-ce du fond de toi,
du fond de moi,
du fond des temps
ou bien du fond des eaux
que je t’ai ramenée,
ondine?
(Michel Leiris)
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Publié par arbrealettres le 22 avril 2010
La musique affranchit son corps de la matière
Et, libérée au seuil d’une obscure maison,
Plus claire qu’un matin de la belle saison,
Elle touche au delà un pays de lumière.
Plus frêle qu’un jonc d’or au fil de la rivière,
Vers un rêve d’amour où se noie la raison,
Plus douce qu’un rosier d’avril en floraison,
De ses bras, elle mime une antique prière.
Son ombre a la beauté d’un nuage irisé;
Face au ciel, seule, elle a le don d’improviser
Un ballet qui traduit les secrets de son âme
Sur un fond de velours, étoile de clarté,
Elle cueille la joie de créer la beauté,
Perle aux reflets d’azur, magicienne et femme.
(Henriette Turc)
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Publié par arbrealettres le 22 avril 2010
Les dimanches, les bois sont aux vêpres.
Dansera-t-on sous les hêtres?
Je ne sais… Qu’est-ce que je sais?
Une feuille tombe de la croisée…
C’est tout ce que je sais ..
L’église. On chante. Une poule.
La paysanne a chanté, c’est la fête.
Le vent dans l’azur se roule.
Dansera-t-on sous les hêtres?
Je ne sais pas. Je ne sais.
Mon cœur est triste et doux
Dansera-t-on sous les hêtres?
Mais tu sais bien que, les dimanches, les bois sont aux vêpres.
Penser cela, est-ce être poète?
Je ne sais pas. Qu’est-ce que je sais?
Est-ce que je vis ? Est-ce que je rêve?
Oh! ce soleil et ce bon, doux, triste chien…
Et la petite paysanne
à qui j’ai dit : vous chantez bien…
Dansera-t-elle sous les hêtres?
Je voudrais être, voudrais être
celui qui lentement laisse tomber,
comme un arbre ses baies,
sa tristesse pareille, sa tristesse
pareille aux bois qui sont aux vêpres.
(Francis Jammes)
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Publié par arbrealettres le 22 avril 2010
J’aime dans le temps Clara d’Ellébeuse,
l’écolière des anciens pensionnats,
qui allait, les soirs chauds, sous les tilleuls
lire les magazines d’autrefois.
Je n’aime qu’elle, et je sens sur mon coeur
la lumière bleue de sa gorge blanche.
Ou est-elle? Où donc était ce bonheur?
Dans sa chambre claire il entrait des branches.
Elle n’est peut-être pas encore morte
— ou peut-être que nous l’étions tous deux.
La grande cour avait des feuilles mortes
dans le vent froid des fins d’été très vieux.
Te souviens-tu ces plumes de paon,
dans un grand vase, auprès des coquillages?…
on apprenait qu’on avait fait naufrage,
on appelait Terre-Neuve: le Banc.
Viens, viens, ma chère Clara d’Ellébeuse:
aimons-nous encore si tu existes.
Le vieux jardin a de vieilles tulipes.
Viens toute nue, ô Clara d’Ellébeuse.
(Francis Jammes)
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Publié par arbrealettres le 22 avril 2010
Pourquoi ai-je l’existence que j’ai? … N’étais-je fait
pour vivre sur les sommets, dans l’éparpillement
de neige des troupeaux, avec un haut bâton,
à l’heure où on est grandi par la paix du jour qui tombe?
(Francis Jammes)
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