Archive pour mai 2010
Publié par arbrealettres le 21 mai 2010
Il
n’y
a
plus
ni
rose
ni visage
Vitrail saisi par l’ombre d’une main
et la robe toujours
est silence et veuvage
Si transparent fut le matin
si nu le bras dans ses roseaux de rêve
que j’y voyais louange de lumière
courant de beauté droite entre les seins église rose et grâce
du jardin
Au creux des pluies au creux d’arbre masqué
la langue bleue siffle la flétrissure
Je sais l’autre versant
l’inexplorable Nord
puisque l’oeil égaré
conjugue la morsure
(Ainsi parfois sur une bête pendue aux branches
la mort soudain renverse son visage)
(Jean Joubert)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2010
Le Mot
Que criait l’invisible bouche? Quelle gorge gonflée de pluie
soufflait dans l’ordre sec l’appel?
L’homme de nuit l’oiseau dans le creuset fondus,
unique alors et sur l’arbre dressé,
que cherchait-il, le coeur tendu, de ses ailes de rose?
(Silence clos, piège d’un astre à l’heure de l’envol.)
Toujours la quête, l’embuscade, et, sous le cri lunaire,
le fil ardent, le trébuchet des morts.
Que d’un remords comblé, que d’un essor le vent nous
arrache et nous porte
au feu de l’arbre, à son mépris, à l’extrême loi de la
sève:
lieu sans ombre, langue légère, libre de l’ossement,
(Jean Joubert)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2010

L’ange de verre est descendu, l’oiseau
géant, la sentinelle des brouillards,
et le sommeil d’amour en fut voilé,
l’ombre de l’aile troublant l’eau
des seins légers sur le sable entrouvert.
Insaisissable cri sur une bouche où rage
la tempête de plumes, et déjà voici l’heure
et la rosée pesante où se séparent
jour et nuit, chair et cristal.
Un soleil bleu s’accroît. L’ange de verre
emplit les chambres nues, griffes serrées
sur les épaules des amants qui se délient.
Dans le jardin, rampe sur les terrasses,
comme un grand félin noir, échevelé,
l’odeur très pourrissante de l’automne.
(Jean Joubert)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2010
Ce qui crie dans l’espace transparent du gel,
dans cette nuit de verre épais qui tient captifs
les arbres et les rocs, les ossements de sel
et les bêtes couchées qui tremblent sous les ifs,
ce qui crie par-delà l’éponge des soupentes,
l’ordre des tuiles, l’humble raison des murs
n’est pas la mort feutrée glissant à la fissure,
collant sa bouche aux bouches des démentes,
mais, déchire, le bel oiseau nocturne,
en ses jardins, livrant au froid désert
son coeur violent sous la poignée de plumes.
Et c’est la vie qui veille quand tout meurt puisque je veille
et que je sais l’entendre,
les mains croisées sur ma gorge poreuse
qui lentement s’irrigue de son cri.
(Jean Joubert)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2010
Le double froid
Demande,
efforce-toi,
bien que l’orgueil te tienne
comme le gel tient la terre
alors vêtue de glace, d’anathèmes.
Supplie le vent, implore qu’il desserre
le double froid,
la trompeuse splendeur.
L’infime croît,
le rouge-gorge est le pardon du jour.
Dénouée, à contre-nuit,
une robe enchante le ciel.
Vaste est la joie ou le chemin se perd.
(Jean Joubert)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2010
La main levée sur le silence
Sur quelle neige poser les signes
Sur quel amas de bruits
Mettre une oreille
La rivière passe très loin
Et les constellations se taisent.
(Georges Jean)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2010
Il fait gris ce matin et les nuages passent
Et les arbres remuent dans les cheveux du vent
Le paysage est creux et la plage est lointaine
Où l’on entend briser les vagues cependant
Une fleur immobile est posée sur la terre
Et l’abeille revient comme avec le soleil
Il n’y aura plus d’ombre et peu de solitude
Sur les chemins brûlants sous le masque du ciel
Mais peut-être pour nous l’intimité des choses
Ouvrira lentement ses murmures éteints.
(Georges Jean)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2010

Le ciel de la mémoire
Est ouvert comme une ombre
Très loin court la rivière
Où passent les images
Un miroir est plongé
Dans l’étang des légendes
Et sur les bords du monde
L’attente a commencé
(Georges Jean)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2010
Le soleil fait le tour
Des maisons et des
hommes
Marchent dorment et mangent
Les hommes dans leurs cases
Font l’amour aux aurores
Aux marges de la nuit
Kilomètres de pas
Entre lits et cuisines
Le soleil sur les murs
Blanchit la solitude
Marmonnent les idées
Derrière les cloisons
Chacun suit son chemin
Les couloirs sont fermés
Tristes itinéraires
Réseaux sans convergence
Le soleil reconnaît
Les fenêtres ouvertes
(Georges Jean)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2010
J’accroche aux brumes des éclats
Une musique solitaire
Vers un arbre dans le soleil
Où s’organise la merveille
Vers les mains grises des matins
Dans la profondeur des chemins
Pour des promenades obscures
Vers d’anciennes aventures.
(Georges Jean)
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