Arbrealettres

Poésie

Archive pour mai 2010

Tu es dans ma mémoire (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 20 mai 2010


Tu es dans ma mémoire
l’horloge, la cambrée:

obsidienne tendue sur les jardins nocturnes
où le sable fuyait léger,
laissant à nu la roche mère.

(Jean Joubert)

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Une fissure (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 20 mai 2010


Une face très sombre, opaque.
Sur l’autre, la transparence d’une jeune chair.
Une fissure.
Au fond, le battement bleu d’une veine.

(Jean Joubert)

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Le léger fantôme des fleurs (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 20 mai 2010


Dans ce jardin délivré de la sève,
de la naissance et de la mort,
sur l’étroite voie calcinée,

le léger fantôme des fleurs.

(Jean Joubert)

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La fascinante mort immobile (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 20 mai 2010


Rugosité,
paraphe des volcans,
éclatement du gel.

Les nerfs s’accrochent,
tissent la toile.

Ailleurs, l’envol de l’eau du marbre:
la fascinante mort immobile.

(Jean Joubert)

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Sept pierres levées (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 20 mai 2010


Sept pierres levées,
sept: les livres l’affirment.
Pourtant, où que tu sois, tu n’en vois que six.
L’une t’échappe tour à tour, la septième.
Les six pierres sont belles mais tu ne peux cesser de croire que
la grande beauté serait de sept pierres.
La septième t’occupe. Bientôt ta vie va en dépendre.
Prétexte infini à rêver et à souffrir.

(Jean Joubert)

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La pierre cloîtrée (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 20 mai 2010


La pierre cloîtrée,
il faut la voir ainsi
et que nulle ombre ne te distraie de sa blancheur.
Un arbre au loin s’efface. La lumière
s’amasse à la pointe du sein.
La nuit viendra, la nuit,
mais d’un pas si feutré que tu l’oublies.

(Jean Joubert)

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Pierre changeante (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 20 mai 2010


Lorsque tu entres, c’est un tournesol.
Bouge un peu: c’est une figue
puis une roue,
un paon,
une maison fermée la nuit,
une maison ouverte à l’aube,
un corps ensoleillé.
Quand tu atteins le mur du Nord,
c’est un tigre.

(Jean Joubert)

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Pierre levées sur les jardins de sable (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 20 mai 2010


Entre la paix de ces montagnes,
l’incertitude du désir, l’entrée des robes,
la chute des linges sur les dalles,

cette ombre figure un cheval cabré
la mort.

(Jean Joubert)

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Le poisson volant (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 20 mai 2010


Le poisson volant
a mordu
la lune

(Jean Joubert)

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Rien! (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 20 mai 2010


Rien! Une graine
la terre ouverte
la pluie qui rôde

(Jean Joubert)

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