Archive pour mai 2010
Publié par arbrealettres le 29 mai 2010

tu étais en friche
ne savais où aller
quelle direction prendre
tu te harcelais
mais rien
ne se déclenchait
un lourd ennui
te plombait le visage
et ce qui rongeait en toi
ne te laissait aucun répit
semaine après semaine
revenaient ces dimanches d’hiver
où le temps s’effondrait
(Charles Juliet)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Quand j’ai faim tout me nourrit
racontait une chanteuse
dont le nom m’est inconnu
un visage la pluie l’aboiement
d’un chien moi aussi
quand j’ai grande faim
musardant par les rues populeuses
dérivant au gré de mon humeur
je m’emplis de tout ce qui s’offre
des visages des regards un arbre un nuage
la lumière du jour le sourire d’un enfant
tout est absorbé tout me nourrit
(Charles Juliet)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
L’espace d’une nuit
Je fus arbre je fus nuage
Entre le cri et l’espoir
L’espace d’une parole
Je fus éclair lumière écrite
Seul je fus l’oiseau des planètes
Pèlerin d’un songe d’innocence.
(Jean-Claude Walter)
Illustration: René Magritte
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
des riens…
La poésie construite avec peu de matière,
avec des feuilles,
avec des grains de sable,
avec de l’air,
avec des riens…
(Joseph Joubert)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Noir
Ce noir, travaille-le
à l’empêtre à la pâte
tisonne-le dans l’être,
chauffe-le à blanc,
qu’il te dénude,
assèche peut-être,
il te rendra la vue…
(Charles Dobzynski)
Illustration: Odilon Redon
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Vivre entre les bords du temps comme dans une coupe
où la feuille sèche et courbée comme une voile
Est le fragile bateau d’une fleur de mai
Qui sait en quelle direction souffle le vent.
(Heather Dohollau)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Neige
L’ouvert ouvre sur le vide d’un espace blanc.
La neige est la meilleure image d’un retour à l’uni,
la paix, le silence de ce matin d’enfance,
le jardin croulant sous son manteau immaculé:
«L’aube muette dans sa plume… »
(Saint-John Perse)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Dans le retirement du corps gît le désir.
Ton cri s’use dans le cri.
Il y a des bûchers intérieurs,
des bouches séchées au grand feu,
des bras tisons
qui ne peuvent enlacer la parole sans la brûler.
Peine perdue de la passion.
Tu sais que tu ne sauras jamais rien,
coupée en deux, le ciel la terre,
et l’ange au milieu, – inatteignable.
Le corps voyage dans le visible,
il pressent la révélation au-dehors.
Il existe magnifiquement.
Sa vérité t’éblouit: Milliers de signes par tous les pores.
Apprendras-tu à les lire?
(Sylvie Fabre G)
Illustration: Anne-François-Louis Janmot
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010

Tu es là…
Ô mélange si profond des bras dans le
poème, syllabes miroitantes au bout
de la jetée, gouffre du sommeil Une tête se
penche sous l’orage, où tu remues la bouche
Comme si je fermais les yeux vers toi Roses
dans la petite gare À présent le train
est sombre, dis-tu Mélange si profond des bras et
du poème Ô lumière des fruits Je rêve
contre l’épaule incréée du poème Âme
du sommeil dans ce chenal Quelle parcelle
de murmure est à la proue? Tu es là
(Mathieu Bénézet)
Illustration: Odilon Redon
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
…j’écris sur le vide, j’écris dans la nuit
une araire défonce et sculpte le dos des dieux
personne, ni toi, ne lira ce qui est transparent
la métonymie du fond, le partage des dépouilles
(Jacques Dupin)
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