Mon Panier ne contient – que – des Firmaments -
Ceux-là – à mon bras – aisément se balancent,
Quand de moindres ballots sont -Accablants.
(Emily Dickinson)
Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Mon Panier ne contient – que – des Firmaments -
Ceux-là – à mon bras – aisément se balancent,
Quand de moindres ballots sont -Accablants.
(Emily Dickinson)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Je voudrais bien sortir de chez moi
Pour faire un poème avec mes pas
(Charles Vildrac)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
A l’auberge des gens heureux
Tout est source et levain de joie
Jusqu’au pain sec, jusqu’à l’eau claire,
Que l’on soit dix, ou seul, ou deux,
Il n’est de propos, il n’est de sourire
Où l’esprit ne pointe, où le coeur n’affleure…
Or quelquefois on voit s’attabler
Un pas-heureux venu sur la foi de l’enseigne
Avec l’espoir d’y guérir de ses peines.
Mais ce qu’il mange avec effort
Lui répugne ou lui semble amer.
C’est en vain qu’il vide son verre:
Le vin ravive sa douleur.
Et s’il voit frémir sur le mur
Les feuillages d’or du soleil
C’est avec les yeux de l’exil.
Tout le gêne, l’offense ou l’humilie.
Il est comme un intrus à la fête d’autrui;
Ou comme au bal celui qui ne sait pas danser.
Vite il paie son écot, il faut qu’il parte,
Refoulant ses pleurs et plein de rancoeur.
C’est qu’en entrant à l’auberge attirante
Il n’a pas lu cette avis, sur la porte:
On est prié d’apporter son bonheur.
(Charles Vildrac)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Ce soir, je n’aime presque personne…
Me voici tout à coup très pauvre,
Ayant l’effroi de mon royaume
Qui est possédé de vérité blême.
Ah que revienne, que revienne
La vérité d’or du soleil!
(Charles Vildrac)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Le caillou chaud de soleil
Que par jeu et par orgueil
J’ai lancé dans l’eau profonde,
Combien de jours et d’années
Attendra-t-il désormais,
Docile esclave des algues,
Qu’un dieu change à nouveau le monde?
(Charles Vildrac)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Cet enfant de jadis, qu’enfant moi-même,
Un jour je fis pleurer d’effroi,
S’en souvient-il?
Vit-il encore?
Ou si l’unique trace de ses larmes
Est dans mon coeur?
(Charles Vildrac)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout
Et que tous les Morts, gisent -
Ce n’était pas la Nuit, car toutes les Cloches,
Langue dardée, sonnaient Midi.
Ce n’était pas le Gel, car sur ma Chair
Je sentais – ramper – des Siroccos -
Ni le Feu – car le seul Marbre de mes pieds
Eût gardé frais, un Sanctuaire -
Pourtant, j’éprouvais tout cela ensemble,
Les Formes que j’ai vues
Apprêtées, pour l’Enterrement,
Me rappelaient la mienne -
Comme si pour l’adapter à un cadre,
On eût rogné ma vie,
Et qu’elle ne pût respirer sans clé,
On aurait dit Minuit -
Quand tout ce qui tictaque – stoppe -
Et que partout – bée l’espace -
Ou que l’Affreux gel – aux matins d’Automne,
Abolit le Sol Palpitant -
Mais surtout, le Chaos – Sans bornes – froid -
Sans une Chance, ou un espar -
Ni même l’Annonce d’une Terre -
Pour justifier – le Désespoir.
(Emily Dickinson)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Elle était venue sur les marches tièdes
Et s’était assise.
Sa tête gentille était inclinée
Un peu de côté;
Ses mains réunies étaient endormies
Au creux de sa jupe;
Et elle croisait ses jambes devant elle,
Un des pieds menus pointant vers le ciel.
Il dut le frôler, ce pied, pour passer
Et il dut la voir.
Il vit son poignet qui donnait envie
D’être à côté d’elle dans les farandoles
Où l’on est tiré, où il faut qu’on tire
Plus qu’on n’oserait…
Il vit la ligne de son épaule
Qui donnait envie de l’envelopper
Dans un tendre châle.
Mais le désir lui vint de regarder sa bouche
Et ce fut le départ de tout.
Mais le besoin lui vint de rencontrer ses yeux
Et ce fut la cause de tout.
(Charles Vildrac)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
Le papillon est une chenille
Qui a rêvé toute sa vie
De s’envoler, d’être jolie.
(Frédéric Kiesel)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2010
L’Abeille
Quand j’envie ta sagesse ô diligente abeille
Alambic des pollens qu’a distillés le ciel
Tricoteuse de cire et fileuse de miel
Pas un fil de tristesse au fond de ta corbeille.
(Bernard Lorraine)
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