Arbrealettres

Poésie

Archive pour mai 2010

De la terre émerge une petite vie (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 28 mai 2010


De la terre émerge une petite vie,
palpe le sein de lumière,
hésite entre l’insecte, l’iris et l’oiseau,
élit demeure et langage.
Sa joie fleurit la vitre d’un éclair.
L’ordre pâteux se perpétue
en des graphies éblouissantes.
Vient la pluie. Sous la toison,
la terre s’ouvre et mâche la merveille.

(Jean Joubert)


Illustration: http://arbreaphotos.wordpress.com/

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Je n’ai rien tant aimé (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 28 mai 2010


Je n’ai rien tant aimé
que l’odeur d’un arbre

(Jean Joubert)

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Bonjour lointaine (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 28 mai 2010


Bonjour lointaine je voyage
(de longues terres apaisées
des rives chastes des
tourbières)

Ici les femmes te ressemblent

Je me détourne

Ici tremble le vin

Je me détourne encore

J’approche des églises
Un cloître bleu des fleurs c’était presque la nuit
l’invisible à hauteur d’ange

(Jean Joubert)

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La rose (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 28 mai 2010


dans le miroir
brûle droite
la rose

(Jean Joubert)

Illustration: Paul Delvaux

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Le temps d’ouvrir la main (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 28 mai 2010


Le temps d’ouvrir la main,
de desserrer tes doigts,

trois cavaliers ont franchi la frontière,
une grange a brûlé, un arbre s’est fendu,
la cétoine brisée brille dans la lumière,
et le cerf dans la boue mortelle s’est couché.

Main de cire – trois cavaliers -
main de poussière
main de terre.

La terre ne cesse de tourner.

(Jean Joubert)

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Il n’y a plus ni rose ni visage (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 28 mai 2010


Il
n’y
a
plus
ni
rose
ni
visage

Vitrail saisi par l’ombre d’une main

et la robe toujours
est silence et veuvage

Si transparent fut le matin
si nu le bras dans ses roseaux de rêve
que j’y voyais louange de lumière
courant de beauté droite entre les seins
église rose et grâce du jardin

(Jean Joubert)

Voir chez Filamots un article sur Jean-Joubert: ici

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Cette nuit j’ai rêvé qu’on me tranchait la main (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 28 mai 2010


su
que
le
corps
pouvait
s’arracher
à
l’amour

Ne plus aimer qu’un
cil que la grâce d’une
aile

Cette nuit j’ai rêvé qu’on me tranchait la main

(Jean Joubert)


Illustration: Odilon Redon

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Une très grande beauté (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 28 mai 2010


Tandis que
sur
le
sofa
bleu
nous
parlions
de
Fiesole
et
des
fontaines
il
t’est
venu
au
visage
une
très
grande
beauté

(Jean Joubert)


Illustration

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On dessine des yeux des sources des étoiles (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 28 mai 2010


On
dessine
des yeux
des
sources
des
étoiles

sur le sein de celle qu’on aime

on
tisse
la
toile
trouée
des
mots

on
lisse
on
lace
le
poème

jusqu’à la pointe de rosée

de
celle
qui
voyage

“Je suis la page nue je pèse je serai
le livre secret sous la robe”

(La robe se partage il n’est plus de secret)

(Jean Joubert)


Illustration: Fabienne Contat

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Je suis silence (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 28 mai 2010


Je
suis
silence

La plus sûre demeure
Les mots tournoient
mesurent ta beauté

Je cède je me fends j’occupe enfin l’espace de mon cri

(Jean Joubert)

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