Archive pour juin 2010
Publié par arbrealettres le 20 juin 2010
je ne suis pas triste
et pas joyeux non plus
entre les deux peut-être
ou ailleurs je ne sais pas
je ne suis pas triste
c’est déjà ça
et je souris parfois
sans savoir pourquoi
je ne suis pas triste
je ne suis pas triste
je me répète
pour y croire
un peu
(Bernard Friot)
Illustration: Katerina Belkina
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Publié par arbrealettres le 20 juin 2010

ce n’est pas ce que j’ai voulu dire
toujours les mots échappent à ma pensée
ils tombent
déséquilibrés
exactement
à côté
ce n’est pas ce que j’ai voulu dire
le silence pourtant
n’est pas plus rassurant
il flotte il hésite
trahit
en se taisant
ce n’est pas ce que j’ai voulu dire
(Bernard Friot)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 20 juin 2010
je plonge dans le silence
sans risque de me noyer
je m’enfonce
je disparais
et quand je reviendrai
à la surface des mots et des bruits
je serai capable
à nouveau
de vivre
(Bernard Friot)
Illustration: Katerina Belkina
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Publié par arbrealettres le 20 juin 2010
sentiment déplacé
d’être étranger
à l’espace que vous occupez
les autres autour de vous se meuvent à l’aise
se coulent dans le rythme
et vous
vous ne suivez pas
maladroit
encombré
de vous-même
ça arrive n’est-ce pas
essayez
si vous pouvez
de le prendre à la légère
oui c’est ça
envolez-vous
par la pensée
(Bernard Friot)
Illustration: Blanca Gomez
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Publié par arbrealettres le 20 juin 2010
un grain de folie
dans l’ordre des choses
ça déraille ça va de travers
je revis
(Bernard Friot)
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Publié par arbrealettres le 20 juin 2010
la lumière
mais l’ombre aussi
passer de l’une à l’autre
joyeusement
(Bernard Friot)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 20 juin 2010
ne marche
nulle part ailleurs
que sur terre
et ne te refuse
jamais
au quotidien
tu sais maintenant
que dedans et dehors
n’avaient pas à s’exclure
(Charles Juliet)
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Publié par arbrealettres le 19 juin 2010
que puis-je
être d’autre
que l’obsession
du centre
(Charles Juliet)
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Publié par arbrealettres le 19 juin 2010
le monde qui nous entoure
Je suis absent. Je vois le vide éblouissant du soleil
qui s’approche. Pourquoi faut-il que la grandeur s’en
mêle?
J’ai entendu naguère un chant inoubliable que je
n’entendrai jamais plus. Et c’était un chant de la
Mort. La bouche a disparu du visage de la récitante,
puis ses paupières sont devenues noires, de ce noir
intense qui repose au fond des mines d’or. Ceux qui
vivent portent désormais le harnais durci des chevaux
de labour.
Les objets illuminent mes nuits. Un toit de chaume
ruisselle de flammes vertes, les étables sont des palais
qui dansent sur les eaux et ceux qui vivent ont regagné
leur ombre, sous la terre.
(Maurice Blanchard)
Illustration: Gustave Moreau
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Publié par arbrealettres le 19 juin 2010
Nocturne visiteuse un jour je me coucherai dans un linceul comme dans une mer.
Tes regards sont des rayons d’étoile
les rubans de ta robe des routes vers l’infini.
Viens dans un ballon léger semblable à un coeur
malgré l’aimant, arc de triomphe quant à la forme.
Les giroflées du parterre deviennent les mains les plus belles d’Haarlem.
Les siècles de notre vie durent à peine des secondes.
A peine les secondes durent-elles quelques amours.
A chaque tournant il y a un angle droit qui ressemble à un vieillard.
Le loup à pas de nuit s’introduit dans ma couche.
Visiteuse! Visiteuse! tes boucliers sont des seins!
Dans l’atelier se dressent aussi sournoises que des langues les vipères.
Et les étaux de fer comme les giroflées sont devenus des mains.
Avec les fronts de qui lapiderez-vous les cailloux?
Quel lion te suit plus grondant qu’un orage?
Voici venir les cauchemars des fantômes.
(Robert Desnos)
Illustration: Anne-François-Louis Janmot
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