Paroles
Peu de paroles
Car trop de paroles
Bouchent le creux,
Et la résonance: adieu.
Peu de paroles
Pour que chacune ait dans la sphère
Tout un circuit,
Sa résonance.
(Guillevic)
Publié par arbrealettres le 5 juillet 2010
Paroles
Peu de paroles
Car trop de paroles
Bouchent le creux,
Et la résonance: adieu.
Peu de paroles
Pour que chacune ait dans la sphère
Tout un circuit,
Sa résonance.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 5 juillet 2010
Quotidiennes
Voici que dans cette journée
Le ciel d’azur proclame
Qu’il va s’ouvrir,
Que nous allons voir
Ce dont nous ne savons
Rien que l’existence,
Que ce sera la grande révélation,
L’éblouissement où nos profondeurs
Se laisseront dévoiler
Et nous vivrons alors
Selon ce désir fou
Qui est en nous –
Cela s’annonce tous les jours
Et chaque jour nous espérons
Que ce sera pour aujourd’hui.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 4 juillet 2010

Ah : C’est elle…
Elle est en moi,
elle s’insinue en moi,
elle me ronge le sang et les os…
et elle sourit et s’illumine…
elle brille…
c’est donc qu’elle ne ressemble pas
à cette image vulgaire qu’on en fait…
elle est plutôt gracieuse et attirante …
Ca y est je pars …
(Khaïr-Eddine)
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Publié par arbrealettres le 4 juillet 2010
Le poème
est la sculpture
du silence
(Guillevic)
Publié dans poésie | Tagué: (Guillevic), poème, sculpture, silence | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 4 juillet 2010
Le poème
Nous met au monde
(Guillevic)
Publié dans poésie | Tagué: (Guillevic), mettre au monde, poème | 6 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 4 juillet 2010
Lumière
Ce n’est pas vrai que tout amour décline,
Ce n’est pas vrai qu’il nous donne au malheur,
Ce n’est pas vrai qu’il nous mène au regret,
Quand nous voyons à deux la rue vers l’avenir.
Ce n’est pas vrai que tout amour dérive,
Quand les forces qui montent ont besoin de nos forces.
Ce n’est pas vrai que tout amour pourrit,
Quand nous mettons à deux notre force à l’attaque.
Ce n’est pas vrai que tout amour s’effrite,
Quand le plus grand combat va donner la victoire.
Ce n’est pas vrai du tout,
Ce qu’on dit de l’amour,
Quand la même colère a pris les deux qui s’aiment,
Quand ils font de leurs jours avec les jours de tous
Un amour et sa joie.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 4 juillet 2010
Coquelicot,
Quand je pense
Que je te parle
Et que tu l’ignores,
Que j’envie ta fierté,ton assurance,
Ton absence d’hésitation,
Ta certitude d’avoir gagné,
De continuer à rayonner,
J’ai de la peine à sentir
Qu’on ne communique pas
Avec ce que l’on aime,ou admire
Et je me sens seul,
Étranger à moi-même.
Tu ne le sauras pas,
Mais continue
À m’éblouir.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 3 juillet 2010
Censure morale sur une rose et par elle sur ses semblables
Rose divine qui en culture élégante
es, avec ta subtilité parfumée,
magistère pourpre dans la beauté,
enseignement neigeux à la splendeur.
Semblant de l’humaine architecture,
exemple de la vaine élégance,
où, dans ton être, la nature a réuni
le berceau joyeux et la sépulture triste.
Comme, hautaine dans ta pompe, fière,
superbe, le risque de mourir tu méprises,
et après évanouie et recroquevillée
de ton être caduc tu donnes des signes fanés,
et ainsi par une mort savante et une vie niaise,
en vivant tu trompes et en mourant enseignes!
(Soeur Juana Inès de la Cruz)
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Publié par arbrealettres le 3 juillet 2010
Je prépare un grand voyage.
Avec les mêmes gestes qu’on fait
quand on reste,
de même qu’on reste avec les mêmes gestes
qu’on fait quand on part.
Dans mon profond, lointain changement j’avance.
(Kiki Dimoula)
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Publié par arbrealettres le 3 juillet 2010
Les souliers
Dans la neige y avait des souliers, deux souliers,
dans la neige, qui étaient oubliés.
Passe un homme qui marche à grands pas, à grands pas,
passe un homme qui ne les voit pas.
Le deuxième dans la nuit glacée,
le deuxième glisse, il est pressé.
Le troisième met le pied dessus,
le troisième n’a rien aperçu.
Dans la neige y avait deux souliers,
dans la neige, qui étaient oubliés.
Une femme qui regarde mieux, regarde mieux,
une femme ne croit pas ses yeux.
Le prochain dit: “Ils sont trop petits”.
Le prochain trop vite est reparti.
Combien d’hommes qui passent sans voir?
Combien d’hommes qui n’ont pas d’espoir?
Quelle chance, je suis arrivé!
Quelle chance, je les ai trouvés!
J’ai couru nu-pieds tant de chemins,
j’ai couru, je les prends dans ma main.
Je les chauffe, ils sont encore froids,
je les chauffe en les gardant sur moi.
O miracle, les petits souliers,
ô miracle, sont juste à mon pied!
Dans la neige ils m’étaient promis,
dans la neige je cherche une amie.
(Guy Béart)
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