Arbrealettres

Poésie

Archive pour juillet 2010

Hors de toi (Vahé Godel)

Publié par arbrealettres le 3 juillet 2010


Hors de toi
le vide est ma demeure
je suis la proie du vent
il n’y a plus ni dehors ni dedans
ni portes ni fenêtres
ni murs
ni toit

(Vahé Godel)


Illustration

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Soleil rouge sombre (Kenneth White)

Publié par arbrealettres le 3 juillet 2010


Alors que je me dispose à tirer les rideaux
je vois par-dessus les toits
et les cheminées sans nombre
tandis que le brouillard nocturne
s’appesantit sur la ville
un soleil rouge sombre

(Kenneth White)


Illustration: Stefan Ampenberger

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Regard (Charles Juliet)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


un regard
toujours plus
avide

le corps
entier
devient
oeil

sphère
captant
les sphères

happé

embrasé

consumant
centre
cercle

n’étant
qu’espace

les yeux
brûlés
par la vision

(Charles Juliet)

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Efface-toi (Charles Juliet)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


efface-toi

détruis
jusqu’au
désir
du sans-
désir

sois
ce rien
que tu as
si souvent
invité

et laisse
le souffle
te rythmer

déployer
son chant

(Charles Juliet)


Illustration

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Tu as ce visage lisse (Charles Juliet)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


tu as ce visage lisse
ces gestes calmes
ce regard assuré
et tu vas d’un pas
tranquille

tu es la geôle
et le geôlier
d’un paria
que tu ne veux pas connaître
que tu refuses de nourrir
dont tu subis la faim la loi
que tu voudrais assassiner

j’entends ses cris
dans tes yeux

(Charles Juliet)

Illustration: René Magritte

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Tu ne sais que marcher (Charles Juliet)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010



Tu ne sais que marcher La nuit et la peur te harcèlent
Et aussi la soif Mais à chaque pas la hantise de faire
fausse route D’accroître encore la distance Tu cherches
le lieu Le lieu et le nom Le nom qui saurait tout dire
de ce en quoi consiste l’aventure

Tu ne sais où tu vas ni ce que tu es ni même ce que tu désires
mais tu ne peux t’arrêter Et tu progresses A moins
que tu ne t’éloignes Sans fin tu erres te traînes rampes
tournes en rond Et tu renonces Et tu repars jusqu’à
n’être plus qu’épuisement

Survient l’instant où tu dois faire halte Faire ton deuil
du lieu et du nom Et à l’invitation de la voix définiti-
vement tu renonces t’avoues vaincu Alors tu découvres
que tu auras chance de trouver ce que tu cherches si préci-
sément tu ne t’obstines pas à le chercher

lu repars Des forces nouvelles te sont venues Ton
œil qui s’écarquille n’est plus dévoré par la soif Tu ne
sais où tu vas mais tu connais ce que tu es

Tu avances d’un pas tranquille désormais convaincu que
le lieu se porte à ta rencontre Le lieu où mûrir l’hymne
la strophe le nom Qù jouir enfin de ce qui s’est jusque-là
dérobé

(Charles Juliet)

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Perdus les uns pour les autres (Carole Darricarrère)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


L’apparition.
Le surgissement.
La volupté.
Et puis.
L’apparence.
L’écho.
C’est perdus les uns pour les autres
que soudain nous avançons vers nous-mêmes,
en une longue nuit.

(Carole Darricarrère)


Illustration: Vladimir Kush

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L’unique sens (Roberto Juarroz)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


Peut-être l’unique sens
Est-il l’intensité
Sans le sens.

(Roberto Juarroz)


Illustration

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Seul ce qui longe la mer n’est pas bordé (Carole Darricarrère)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


Seul ce qui longe la mer n’est pas bordé.
Ce qui fascine le regard n’est pas bordé.
Le Verbe nulle part est bordé.
Ce qui n’est pas bordé n’est pas mathématiquement formulable.
Ni quantifiable.
La parole verticale, qui est pure expansion, n’a pas de bords.
Le Poème nulle part n’est bordé.
Centre advenant du centre, il est partout centre.

(Carole Darricarrère)

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Si j’étais une ombre (Carole Darricarrère)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


Si j’étais une ombre,
je ferais corps avec la lumière.

(Carole Darricarrère)


Illustration: Île Nancy

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