Arbrealettres

Poésie

Archive pour juillet 2010

Le Poème (Carole Darricarrère)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


Le Poème est une explosion de grâce
dans le corps.

(Carole Darricarrère)

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Le poème (Carole Darricarrère)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


Le poème est un texte
qui n’aurait pas de bords.

(Carole Darricarrère)

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Le visible (Roberto Juarroz)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


Le visible
est un ornement
de l’invisible.

(Roberto Juarroz)

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Le corps borde l’âme (Carole Darricarrère)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


Le corps borde l’âme.
Il est fidèle à ses propres rêves.
Ainsi le souvenir d’une volupté,
est encore une volupté.
Le corps n’oublie jamais.

Oublier, c’est trahir.

(Carole Darricarrère)


Illustration: Arnold Böcklin

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Ensemble (Carole Darricarrère)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


L’air et la terre, ensemble.
L’un portant l’autre, mais lequel?

(Carole Darricarrère)

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Décrire n’est pas le monde (Carole Darricarrère)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


Ils disaient décrire n’est pas le monde.
Que les mots, l’écran, tous ces mots.
Voilaient le visage.
Que l’alignement des signes sans la lumière
n’est en vérité qu’abondante collection barrant l’accès.

(Carole Darricarrère)

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Regards (Carole Darricarrère)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


L’homme regarde la femme.

La femme regarde l’homme.

L’amour les voit.

(Carole Darricarrère)


Illustration:
Heidrun Maurer

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Un bord de mer (Carole Darricarrère)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


Il. Le champ derrière les yeux.
La limaille du rêve éteint.
Elle. Un bord de mer.
Offert aux incandescences.

(Carole Darricarrère)

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Il y a cent mille ans que je regarde (Attila Jozsef)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


Voilà comment je suis, il y a cent mille ans
Que je regarde ce que soudain j’aperçois
Une seconde! Et j’ai là tout entier le temps
Que mes cent mille aïeux contemplent avec moi.

Je vois ce qu’ils n’ont pu voir, car pour eux piocher,
Mettre à mort, embrasser, créer, c’était la loi.
Mais eux, plongés au sein de la matière, ils voient
Ce que moi je n’aperçois pas, pour dire vrai.

Nous nous connaissons comme la joie et la peine.
Le passé est à moi, le présent leur revient.
Nous écrivons ces vers, et ma plume, ils la tiennent;
Je suis sensible à leur présence et me souviens…

(Attila Jozsef)


Illustration

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La belle femme d’antan (Attila Jozsef)

Publié par arbrealettres le 2 juillet 2010


La belle femme d’antan

Je voudrais la revoir, cette femme d’antan, si belle!
II n’y avait que charme et tendre féerie en elle.
Quand nous nous promenions tous trois au bord des champs
Dans la boue, elle était sérieuse et gaie en même temps.
Sitôt qu’elle me regardait, un frisson me prenait.
Mais cette femme, c’est ne pas l’aimer que je voudrais!
Ne pas l’aimer, seulement la revoir, pas davantage,
La voir au soleil, rêvant au jardin, dans les feuillages,
Un livre dans les mains, fermé contre elle qui contemple
Dans l’automne alentour les feuillages épais qui tremblent.
Elle sous la tonnelle chuchotante, elle se lève,
Soudain hésite, et puis se ravisant, comme en un rêve,
Va plus loin que les fleurs du jardin sur la grande route,
La route qui l’attend et qui l’emmènera sans doute,
Avec les arbres tout au long qui lui diraient adieu.
Comme l’enfant veut voir sa mère morte, moi je veux
Revoir cette femme d’antan lointaine et familière,
Je veux la voir qui disparaît, belle dans la lumière.

(Attila Jozsef)


Illustration: Anne-François-Louis Janmot

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