Arbrealettres

Poésie

Archive pour septembre 2010

Voilà le beau temps (Armand Lanoux)

Publié par arbrealettres le 30 septembre 2010


Voilà le beau temps
pour les nacelles
mon amour m’appelle
voilà le beau temps
pour les demoiselles
Malvina m’attend.
Malvina mon coeur vole
Malvina mon coeur volant.
Les amants de Sylvie à Compiègne
beaux enfants de Mortefontaine
chantent l’amour oublient la haine
tirent à l’arc la tourterelle
manquent l’oiseau blessent la belle.

Souviens-toi Malvina
montés sur le Coeur Volant
ton coeur ne battait que d’une aile
et il n’y eut plus de temps.
Comme nous avons vogué longtemps…

(Armand Lanoux)


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Fillette de l’argile fiancée au feu (Armand Lanoux)

Publié par arbrealettres le 30 septembre 2010


Fillette de l’argile fiancée au feu
enfant de la terre moite
villageoise de mousse
d’herbes amères
et d’insectes miroitants
de lierre
et de feuilles
promise au danseur des fagots
chaque branche du bûcher
brindille ronce et genévrier
témoigne de ta folle aventure
au confluent d’Isis et de Geneviève
bergère de nature
et reine d’épée
toi la sainte et toi la fée
toi que l’amour a brûlée.
Fille des souches et des eaux
des flammes s’apprivoisent
du cep au ciel
entre tes doigts
oiseaux cruels.

(Armand Lanoux)

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C’était déjà le temps du feu (Armand Lanoux)

Publié par arbrealettres le 30 septembre 2010


Nous savons que c’était déjà le temps du feu
le bal des sorciers la foi des ardents le cercle
des dents serrées des roues de guerre et non du jeu.
Enfants nous ignorions que dessous le couvercle
la lave du destin et des meurtres bouillonne.
En nos heures de deuil d’ailes noires résonne
en nos soirs de cire l’écho de ton combat.
La peste fourmillait dans les caves des villes
habitait en terriers les entrailles des rats
et guettait les cités de son oeil rond. Civiles
granges filles châteaux demeures et saints lieux
des bandes violentes pénétraient vos villages
l’épouvante plombait les carillons de Dieu.
Le miracle est qu’elle restât vierge en cet âge.
Mais les désirs montaient parfois aux reflets roux
des feux. Tu les refusais sans faire la fière :
ces grivois comme ils devaient avoir le cuir doux
entre les rivets et les cuivres des jambières !

(Armand Lanoux)

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Les flammes ont dansé entre tes paumes pleines (Armand Lanoux)

Publié par arbrealettres le 30 septembre 2010


Les flammes ont dansé entre tes paumes pleines
et tes pieds plongent dans le sol fille-forêt
fille de mai fille ruisseau fille des chênes.
Comme un chêne feuillu qui s’enracinerait
tu as poussé profond tes frêles radicelles
dans les marnes les grès les sables étrangers
des herbiers à barons où tu fus guide celle
qui menait par la main les beaux archers rangés.
Les voix qui te parlaient dans le soleil couchant
n’ont pas enfiévré une fillette docile.
Le poids lisse des oeufs la découpe des champs
le bestiaire du ciel dans le bleu semé d’îles
la moiteur du marais l’oisellerie des bois
le cri cuivré des coqs au matin et la peine
de la mère et des soeurs les charrues les charrois
les porches les troupeaux les socs les fers la plaine
promettaient à ta chair son destin coutumier.
Le départ allumait pourtant ses mèches blondes.
Le dur secret des voix retomba délivré
et la nuit en montant calma le chant du monde.

(Armand Lanoux)

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Les longs jours les jours bas (Armand Lanoux)

Publié par arbrealettres le 30 septembre 2010


Les longs jours les jours bas les nuits les jours les veilles
et chaque heure envolée sur le rayon des heures
veille qui ressemble à la veille… Les sommeils
submergent étonnés dans l’étang des malheurs
les dormeurs engourdis par le poids des matins.
Les grisards et les pies singent des vols plus doux
dans ces immenses ciels ouverts comme les ports.
Le ballet des vivants lointains comme des morts
les morts les vrais morts moins morts que leurs survivants
du troupeau des amours le bruit sourd qui s’éteint
accordent en mineur et font durer en nous
le chant du temps perdu de la lande et du vent.

(Armand Lanoux)


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Impressions (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 30 septembre 2010


Impressions

Des soleils naufragés
S’égarent sur la terre
Une robe de mousse s’ouvre
Sur la plaie de l’écorce
Blessure de lumière charnelle
Qui fait les silences rugueux.

Le vent pousse les nuages
Mais les cailloux se désespèrent
De troubler les reflets de l’eau
Les cloches de la soif tintent
Dans une église d’arbres
Les papillons de la pluie
Accourent vers ma fenêtre

(Jean-Baptiste Besnard)

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Mandragore (Armand Lanoux)

Publié par arbrealettres le 30 septembre 2010


Mandragore

Mandragore naquit des larmes
d’un amant à l’orme pendu
d’un amoureux las des alarmes
d’un amour qui s’était perdu.

Alors la secrète racine
prit forme de femme et de fleur
et promit des amours faciles
sous la lanterne des voleurs.

Vint le jour où la Mandragore
trouvant un chevalier charmant
connut les fourmis qui dévorent
le cœur de ceux qui sont amants.

Bel ami de la Mandragore
ta fiancée est le malheur
et les oiseaux du mal picorent
ta bouche et le cœur de ton cœur.

Viens avec moi homme que j’aime
mange la pomme qui endort
je suis la mauvaise sirène
qui mène aux noces de la mort.

(Armand Lanoux)


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Passage des Princes (Armand Lanoux)

Publié par arbrealettres le 30 septembre 2010


Passage des Princes il y a
des éclairs de lame des bonds de chat
coupé victoria
miroir cyclamen
oeillet poivré beaux assassins lents
des douairières des rosières des laitières
du petit jour
amen
pour les morts et leurs amours.

(Armand Lanoux)

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La Seine (Armand Lanoux)

Publié par arbrealettres le 30 septembre 2010


La Seine a pavoisé ses avirons ses belles
ses oiseaux ses pontons ses bains froids ses ombrelles
sous le Trocadéro s’en vont les bateaux-mouches
les ans gris les ans blonds les baisers sur les bouches

(Armand Lanoux)

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Portes infinies du regret (Patrick Laupin)

Publié par arbrealettres le 30 septembre 2010


portes infinies du regret
portes minuscules
aimées parcourues
jamais connues

(Patrick Laupin)

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