Archive pour septembre 2010
Publié par arbrealettres le 20 septembre 2010
Retrouvailles fugitives
Alors que s’achève le temps des caresses
L’asile de nos amours clandestines
Reverdit chaque année.
Dans le verger des souvenirs
Où ils mûrissent trop
Au point de pourrir
Je te retrouve toujours fraîche
Et j’essuie de nouveau
Sur tes joues
Les larmes du crépuscule
Et de ton cœur silencieux
Montent de muets cris d’amour
Alors qu’à travers la brume de l’horizon
Nos regards étreints touchent
La colline couronnée de soleil
Une côte de vent et de pluie
Se dessine dans mon esprit
Où je te revois
Ecrasant sous tes pieds menus
Tous les coquillages de la grève.
Dans les embruns tu venais
Fille naturelle de la mer
Me sauver du naufrage.
Maintenant l’oiseau vole solitaire
Entre l’écume et le nuage
Et le sable sec recouvre
Tes pas qui s’imprimaient
Dans le sable mouillé
A la frontière des eaux
Pour me laisser un message d’adieu
Avant de retourner dans les profondeurs de l’oubli.
(Jean-Baptiste Besnard)
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Publié par arbrealettres le 20 septembre 2010
Tu
Tu opposes ton cœur ardent
A ma froide raison
Ton cœur aventureux
A mes angoisses.
Tu es le feu dans la cheminée
Qui brûle de tous ses tisons.
Tu es le vent sur la plaine
Qui emporte tout
Jusqu’au pied de la colline
Où le soleil se pose
Sur de mûres moissons.
Tu convoites l’espace
Avec tout ce qu’il contient.
Tu es l’incarnation de l’Etre.
(Jean-Baptiste Besnard)
Illustration: Fabienne Contat
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Publié par arbrealettres le 20 septembre 2010
Par les chemins
Dans le sentier qui riait sous mes pieds
Mon cœur courait vers toi
Et je venais poser l’ombre
D’un baiser sur ta joue
Sur laquelle glissait la clarté.
Nous traversions de chastes forêts
Pour y chercher des cachettes
Et y découvrir le plaisir.
Nous quittions des rivages moribonds
Pour des îles bien vivantes
Et y trouver le bonheur
Nous avons parcouru
Tous les sentiers de l’enfance
Les mille chemins de l’adolescence
Avant d’emprunter
L’unique route de l’âge adulte.
Il faut bien vieillir
(Jean-Baptiste Besnard)
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Publié par arbrealettres le 20 septembre 2010
Suite ininterrompue…
Le ciel ouvre son oeil-de-boeuf
Derrière lequel le soleil gesticule dans des contrées de bruine
Je regarde déguerpir le paysage et se dissiper le clocher
Je découvre le port sous le soleil laiteux d’un ciel nébuleux
Où les mouettes ricanent au-dessus du lancinant tangage des barques
Je parcours ces grèves grises d’herbe salée
Le long de rus obscurs
Jusqu’à cet horizon hermétique
De terres sans fin
Une meute de nuages assaille le rivage salutaire
Je guette une éclaircie pour découvrir des dunes indolentes
Que frôlent d’infimes faisceaux de lumière opaline
À travers un ciel vaporeux
Je pénètre au cœur des forêts clémentes sous de sombres futaies
Où la végétation étouffe le sol
Jour neige ou jour pluie en absence de soleil
Gouttes ou flocons léthargiques et légers
Qui se précipitent et s’alourdissent
Sur la campagne désolée
Les oiseaux s’enfuient
L’eau galope dans les rigoles
L’éclat tendre de l’aube tarde
Au début de cet instant
J’en vis la fraîcheur
J’accompagne l’onde dans la clarté fauve du midi
Jusqu’à cette brume bleue sur la mer
À travers ce bosquet enveloppé de vapeur
Sur ce mystérieux sentier de sable
Je découvre les coloris qu’arborent les parfums
Un brisant d’écume aux arêtes marquées
D’un vert qui est celui d’une vague sertie
Dans une émeraude de la plus belle eau
(Jean-Baptiste Besnard)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2010

Les poissons vivent
dans les cavernes de l’eau
qu’en se déplaçant
ils ouvrent et obstruent.
(Gérard Le Gouic)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2010
Dès qu’elle s’est hissée
sur une motte,
La grenouille croit à son envol.
(Gérard Le Gouic)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2010
Jusqu’au plus haut du ciel
la trace cursive
de la colombe
Et l’odeur
aimantée
des iris
bien ancrés
là
cependant que te parviennent
les bruits imprécis
de la création
(Yves Broussard)
Illustration: Vincent Van Gogh
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2010
L’arbre qui se fait mal
À durer sous l’écorce,
Et davantage encore à vouloir se briser
Parfois, depuis le faîte.
- Pour décider après de tenter d’autres branches
Par où s’éparpiller
Dans des milliers de feuilles.
(Guillevic)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2010
Ma sirène est bleue comme les veines où elle nage
Pour l’instant elle dort sur la nacre
Et sur l’océan que je crée pour elle
Elle peut visiter les grottes magiques des îles saugrenues
Là des oiseaux très bêtes
conversent avec des crocodiles qui n’en finissent plus
Et les oiseaux très bêtes volent au-dessus de la sirène bleue
Les crocodiles retournent à leur boire
Et l’île n’en revient pas
ne revient pas d’où elle se trouve
où ma sirène et moi nous l’avons oubliée
Ma sirène a des étoiles très belles dans son ciel
Des étoiles blondes aux yeux noirs
Des étoiles rousses aux dents étincelantes
et des étoiles brunes aux beaux seins
Chaque nuit trois par trois
alternant la couleur de leurs cheveux
Ces étoiles visitent ma sirène
Cela fait beaucoup d’allées et venues dans le ciel
Mais le ciel de ma sirène n’est pas un ciel ordinaire…
Ma sirène a sept bateaux sur son océan
Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi
Samedi et Dimanche
Les uns à vapeur les autres à voiles
Les uns rapides les autres lents
Mais tous beaux mais tous charmants
avec des marins connaissant leur métier
Ma sirène a des savons de toutes formes et de toutes couleurs
C’est pour laver sa jolie peau
Ma sirène a beaucoup de savons
L’un pour les mains
L’autre pour les pieds
Un pour hier
Un pour demain
Un pour chacun des yeux
Et celui-là pour sa queue d’écailles
Et cet autre pour les cheveux
Et encore un pour son ventre
Et encore un pour ses reins.
Ma sirène ne chante que pour moi
J’ai beau dire à mes amis de l’écouter
Personne ne l’entendit jamais
Excepté un, un seul
Mais bien qu’il ait l’air sincère
Je me méfie car il peut être menteur
(Robert Desnos)
Illustration: Jaroslaw Kukowski
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