Archive pour septembre 2010
Publié par arbrealettres le 29 septembre 2010
Et surtout que…
Et surtout que Demain n’apprenne pas où je suis
- Les bois, les bois sont pleins de baies noires -
Ta voix est comme un son de lune dans le vieux puits
Où l’écho, l’écho de juin vient boire.
Et que nul ne prononce mon nom là-bas, en rêve,
- Les temps, les temps sont bien accomplis -
Comme un tout petit arbre souffrant de prime sève
Est ta blancheur en robe sans pli.
Et les ronces se referment derrière nous,
Car j’ai peur, car j’ai peur du retour.
Les grandes fleurs blanches caressent tes doux genoux
Et l’ombre, et l’ombre est pâle d’amour.
Et ne dis pas à l’eau de la forêt qui je suis;
Mon nom, mon nom est tellement mort.
Tes yeux ont la couleur des jeunes pluies,
Des jeunes pluies sur l’étang qui dort.
Et ne raconte rien au vent du vieux cimetière.
Il pourrait m’ordonner de le suivre.
Ta chevelure sent l’été, la lune et la terre.
Il faut vivre, vivre, rien que vivre…
(Oscar Vladislas De Lubicz-Milosz)
Illustration: Gustave Moreau
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Publié par arbrealettres le 29 septembre 2010
Frêle barque…
Frêle barque à travers la tempête emportée,
Je touche au port commun, et voici le moment
De soumettre ma vie à ce grand jugement
Où toute œuvre, perverse ou pieuse, est comptée.
Et je vois combien folle était l’âme enchantée
Qui fit de l’art son dieu, sa joie et son tourment :
Elle ne savait pas qu’ici-bas tout nous ment,
Et que d’un vain fantôme elle était trop hantée.
Désirs, frivole espoir, amoureuse langueur,
Quelle place auriez-vous désormais dans ce cœur
Pour qui la Mort est proche et que le Feu menace ?
Ni peindre ni sculpter ne le charmeront plus ;
Il ne veut plus aimer que la Divine Grâce
Et l’accueil sur la croix, de ses bras étendus.
***
Schon angelangt ist meines lebens fahr
Schon angelangt ist meines Lebens Fahrt
Im schlechten Schiff durch Stürme libers Meer
Am Hafen Alter, wo die Wiederkehr
Nicht Einem harte Rechenschaft erspart.
Da seh ich nun die Phantasie, die oft
Als Abgott thronte durch der Künste Gnaden
Wie falsch sie war, von Irrtum überladen,
Und was ein jeder, sich zum Nachteil, hofft.
Verliebtes Denken, einstens froh und leer,
Was ist’s mir jetzt vor zweier Toden wert?
Des einen bin ich sicker, einer droht.
Malen und Bilden stint jetzt lângst nicht mehr
Die Seele, jener Liebe zugekehrt,
Die offen uns am Kreuz die Arme bot.
(Rainer Maria Rilke)
Illustration: Odilon Redon
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2010
Laisser tomber tous ces symboles;
Si l’on souffre trop d’être humain,
Il faut chercher un peu plus loin:
Si peu console…
(Patrice de La Tour du Pin)
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2010
Une feuille qui se déplie
Un sourire qui continue
Mes yeux mes doigts
Notre jeunesse tendrement
Fait naître l’aurore sur terre.
(Paul Eluard)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2010
Si le ciel vide s’agrandissait
Cet arbre solitaire
Disparaîtrait.
(Paul Eluard)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2010
Allongé sur le lit le soleil me fait grâce
Je garde encore la tendresse de la nuit.
Le contact sans fin de la nuit
Dans les îles chaudes du coeur
(Paul Eluard)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2010
Venue manger dans ma paume une noix
La fugace mésange
Pèse si peu sur mes doigts:
Une craintive seconde, le poids
De l’âme libre ou d’un ange.
(Frédéric Kiesel)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2010
Le papillon est une chenille
Qui a rêvé toute sa vie
De s’envoler, d’être jolie.
(Frédéric Kiesel)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2010
- “oh! Une chauve-souris!…”
Les souris se taisent.
Un ange passe.
(Jean-Luc Moreau)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2010
Sur la maison du rire
Un oiseau rit dans ses ailes.
Le monde est si léger
Qu’il n’est plus à sa place
Et si gai
Qu’il ne lui manque rien.
(Paul Eluard)
Illustration
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