Délivrez-nous de la Pensée,
Lèpre originelle, ivresse insensée,
Radeau du Mal et de l’Exil;
Ainsi soit-il.
(Jules Laforgue)
Publié par arbrealettres le 19 octobre 2010
Délivrez-nous de la Pensée,
Lèpre originelle, ivresse insensée,
Radeau du Mal et de l’Exil;
Ainsi soit-il.
(Jules Laforgue)
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Publié par arbrealettres le 19 octobre 2010
Traduire l’impossible
En possible joie.
Aller le chercher
Sur les flancs du monde,
A longueur de force.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 19 octobre 2010
Sur l’étendue terrestre
Un homme se demande
Où survivait l’enfant
Qui pleure avec sa gorge.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 19 octobre 2010
Il en était au point
Qu’il ne pouvait plus croire
Que la mort suffirait
A lui ôter ce mal.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 19 octobre 2010
Il avait seulement
Quelques mots à lui.
Il s’écoutait les dire
Près du silence des étangs.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 19 octobre 2010
Rendez-moi, disait-il
En marchant dans le noir,
Probablement la nuit.
Mais il ne savait pas
A qui cette prière, cet ordre,
Ni ce que ce pluriel
Devait lui rendre, à lui,
Et dont il avait tant besoin
Qu’il ne pensait à rien
Dans la nuit qu’à cela.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 19 octobre 2010
J’ai posé mes mains sur la cruche froide
Alors que le soleil monte et s’exalte encore
Et je suis bien. La lumière est un camarade.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 19 octobre 2010
Tombant, tombé au bord
De l’allée, dans une herbe
Verte encore et puissante.
Il est rond, jaune et rouge
Sur la plaine
Qui vire et ne va plus
Bientôt se reconnaître.
Quand on l’appelle pomme
En passant près de lui,
On dirait qu’il se sent
Un peu plus sûr de son histoire.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 19 octobre 2010
Ecartant
Ce qui est autour,
Ecartant les paroles autres,
Les dunes ou vagues de regard,
De pas regard,
Ecartant jusqu’au geste
Fait pour écarter:
Alors, oui.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 19 octobre 2010
Passion sans mesure
Dans l’espace où s’inscrit notre passion
Dans le champ où s’assouvissent nos désirs
Et dans l’épaisseur de la chair
D’un paysage déchiqueté
La terre chancelle et se renverse
Dans l’effusion de nos corps.
Sur le sentier
J’écarte pour toi les ronces
Au milieu des rafales
A travers la brume
Le ciel s’habille de gris
Tu te blottis contre mon corps
Incertitude d’une voix qui pousse
Un cri dans la nuit
Dans l’ombre des sommets
Des êtres d’obscurité
Abordent aux rives du néant
Moi je veux seulement voir
Ton visage dans le silence
Avant que le matin ne teinte de rose
La surface de l’eau
(Jean-Baptiste Besnard)
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