Arbrealettres

Poésie

Archive pour octobre 2010

L’eau est si claire (Rigyû)

Publié par arbrealettres le 17 octobre 2010


L’eau est si claire et limpide
qu’il s’en est rincé la bouche

(Rigyû)

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La lumière (Kooku)

Publié par arbrealettres le 17 octobre 2010


Bien astiqué
le seuil de la salle d’en haut
renvoie la lumière

(Kooku)


Illustration

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Redis-moi, perroquet, les mots de mon aimé (Liu Yong)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


En ce soir d’automne,
La Pluie éclabousse les lotus flétris,
Et goutte à goutte jaillissent de véritables perles.
Passée l’averse, la lune se lève.
Le froid transit la rive où nichent les sarcelles.

Appuyée à la balustrade, au-dessus de l’étang elle se penche,
pauvre coeur solitaire.
Ah! comment supporter
Une telle détresse ?
De la cage dorée elle s’est approchée:
«Redis-moi, perroquet, les mots de mon aimé.»

(Liu Yong)


Illustration: Giovanni Battista Tiepolo

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L’automne de l’enfance est à jamais perdu (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


l’automne de l’enfance
est à jamais perdu
dans un un fouillis d’images
de linges déchirés
et d’arbres foudroyés

les cauchemars nous guident
par des sentes obscures
si nous levons les yeux
la foudre nous aveugle

(Jean-Claude Pirotte)

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L’araignée familière (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


l’araignée familière
attend la fin du monde
elle a déjà conquis
le silence des astres

un frisson de lumière
annonce le désastre
et la chute des ombres

la fileuse a rompu
le fil de la mémoire

(Jean-Claude Pirotte)

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Je parle comme une ombre (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


je parle comme une ombre
ce que je dis n’est rien

je voudrais que mes membres
forment une parole
et cela ne se peut
ils sont écartelés

je voudrais que ma voix
prenne sa source ailleurs

or ailleurs c’est ici
où pèse le silence

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Gilbert Garcin

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Parfois le temps s’arrondit comme une clairière (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


parfois le temps s’arrondit
comme une clairière
dans le demi-jour inespéré

les nuages vont lentement
au rythme du feuillage
qui se penche et prend la lumière
venue d’on ne sait quelle source

toute cette lenteur vous caresse
endort toute inquiétude
alors que vous êtes perdu
et qu’il n’y a pas de chemin

(Jean-Claude Pirotte)

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Quand le coeur à l’ouvrage défaille (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


quand le coeur à l’ouvrage
défaille et qu’il est l’heure
de se couper du monde
on veut croire à tout prix

qu’une voix nous appelle
et qu’un signe du ciel
nous invite à l’abri
quelque part loin du temps

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Gilbert Garcin

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On retrouva la poupée (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


entre les racines noires
sous les frondaisons du chêne
on avait creusé le trou,
après l’envolée du toit
on retrouva la poupée
vivante mais décoiffée

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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D’anciennes images (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


nous sommes encore habités par d’anciennes images
dont nous ne savons plus exprimer le secret
et même souvent nous croyons les avoir égarées
à jamais quand notre coeur est lourd
et que la fatigue infinie de l’été
nous écrase mais c’est alors que dans la nuit
à l’improviste un chant à peine modulé
nous visite, ou l’éclat d’une étoile
et c’est comme une prière sans mots
qui chercherait à délivrer la source
de la clarté parmi la sylve des soucis obscurs

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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