Arbrealettres

Poésie

Archive pour octobre 2010

La matinée s’avance à petits pas (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


la matinée s’avance à petits pas et c’est
encore la même besogne de vitrier
ou de raccommodeur de porcelaine
le même ouvrage de plus en plus délicat
auquel il faut se livrer sans délai :
repriser la mémoire étamer l’espérance
restaurer les éclats d’une lucidité qu’ébranle
chaque nuit davantage un vertige sournois
et le merle moqueur de l’ancienne rengaine
n’est de nul secours ni la tourterelle voisine
puisque bâtir sur rien la nouvelle journée
ou plutôt non, la relever des ruines
d’hier afin de décliner les sempiternelles
prémisses de son effondrement, c’est ton lot

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Commentaires »

La vieille calèche au fond de la grange (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


la vieille calèche au fond
de la grange est pourrie
comment se souvenir
des dimanches des rires
de filles et puis du temps
qui tournait avec ses roues
sur le pavé cahotant
chanté par l’accordéon ?

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

Publié dans méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Commentaires »

Jamais je n’apprendrai rien (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


A l’aube les lycéens passent
rue des Remberges, une voix de fille
prononce les mots ” Qu’en sais-tu ? la vie est… “
mais la voix se perd dans le brouhaha
d’autres voix qui s’élèvent ensemble
et s’éloignent vers la fontaine, moi
je reste à ma table, je pense
que jamais je n’apprendrai rien

(Jean-Claude Pirotte)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

J’écris à toutes les femmes (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


j’écris à toutes les femmes comme
si je les aimais car toutes
les femmes sont aimables et celle
qui seule est mon amour dort
de son sommeil de légende
elle est toutes les femmes elle est
toutes les rages elle est toutes les pluies
elle est tous les amours elle est
toute l’absence et toute l’évidence

(Jean-Claude Pirotte)

Illustration: Fabienne Contat

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

Nous ne saurons jamais qui nous sommes (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


nous ne saurons jamais qui nous sommes
qui nous aurons été c’est ainsi
nous portons d’étranges lunettes
qui ne peuvent même pas nous aider
à voir venir la mort à reconnaître
l’amour lorsqu’il passe à portée
de nos mains la beauté que menace
tant de regards éteints nous marchons
un peu de travers comme les vieux chiens
qui se retournent parce qu’ils se croient
poursuivis alors que le danger vient
inexorablement d’en face

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Gilbert Garcin

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

Sans doute nous ne faisons qu’entrevoir les allures du monde (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


sans doute nous ne faisons qu’entrevoir
les allures du monde à travers
la brume de notre ignorance
et lorsqu’un brusque éclat de soleil
illumine un sein nu la colline
oubliée de l’enfance ou l’ocre rose
d’un portail roman sous un cèdre
nous sommes éblouis nous prions
pour que demeure en nous la trace
de ce qui se dérobe à nos regards
trop pauvres infidèles désemparés

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

Chaque matin très tôt le même pas (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


chaque matin très tôt le même
pas résonne et je l’écoute
arpenter le trottoir, un pas de femme
pressée comme si l’amoureux
devait surgir avec le jour
mais ce n’est pas là, je sais, à l’appel
du désir que l’inconnue se hâte
il est trop tôt ou peut-être trop tard
à jamais, c’est le pas de l’embauche
et ce pas me fait mal
comme un clou dans la paume

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Paul Delvaux

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Commentaires »

Ca n’est pas une mince affaire d’attendre le matin (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2010


ça n’est pas une mince affaire
d’attendre le matin
là-haut dans la chambre on souhaite
que dorme l’épouse on espère
qu’elle rêve et que surtout rien
ne l’éveille on est seul on préfère
être seul à savoir que l’aurore
n’est pas toujours cette heure aimée
des vieux poètes on fait le guet
pour aider le silence
à supporter le bruit

(Jean-Claude Pirotte)

Illustration

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

Pour un arbre (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 15 octobre 2010


pour un arbre

j’ai vraiment fait ce que je pouvais pour cet arbre
il murmurait des choses incompréhensibles
il tremblait il craquait
il balançait la tête avec l’obstination démente
d’une vieille mendiante saoule
il gémissait branche par branche
et par instants râlait comme un jazz-band

de toute façon je n’aurais pas réussi
à lui rendre l’oiseau

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Commentaires »

Chanson du chiffonnier (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 15 octobre 2010


chanson du chiffonnier

le chiffonnier du faubourg
que personne n’écoute
fait le tour de la ville
avec son poney bleu

il sait seules permises
les chansons sans paroles
et pourtant il fredonne
une complainte étrangère

à son passage les seins
des femmes ignorantes
s’émeuvent doucement
blanches bêtes captives

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Edouard Manet

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Commentaires »

 
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 73 followers