Arbrealettres

Poésie

Archive pour novembre 2010

Le bruit de ton nom (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2010


Ecrit sur le sable
Avec des coquillages
Le bruit de ton nom
Couvre la voix de l’océan

(Jean-Baptiste Besnard)

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Ciel livide (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2010

Ciel livide

Une aube a éclairé ce lit où j’étais seul
Et j’avais enroulé le drap comme un linceul
Tout autour de mon corps, près de sa place vide
Et mes yeux en s’ouvrant ont vu un ciel livide.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Douce prière (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2010


Douce prière

Comme une prière en fleur
Porte ma tête entre tes mains
Sourire qui n’a plus de mains
Désir qui n’a plus de tête
Où sont les mains où sont les mains
Et puis où la prière et puis où le priant
Aux cathédrales aux cathédrales
De pierre de pierre
Est la prière
De pierre les mains priantes
De pierre la tête aimée
De pierre le Dieu prié
De pierre amour
Qui fit des pierres
Doux amour et douce prière
Sans mains sans tête ni pierre
Dans la cathédrale invisible
Porte ma tête entre tes mains
Comme une prière en fleur

(Pierre Albert-Birot)

Illustration

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Excuses (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2010


Excuses

On voudrait avoir la foudre au bout des doigts
La foudre avec toutes les révolutions
De ses nuages tumultueux
Et l’ouragan qui les roule
Et les mers ces brutes
Et les monts
Ces paternelles sérénités
Et l’espace cette espérance
Et la lumière cette vitesse
Et plus encor
Alors on ferait le grand poème qui ne s’écrit pas
Mais on n’a que des mots
Du papier
Et un désir

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Gilbert Garcin

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Intérieur (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2010


Intérieur

A la porte de ma maison qui viendra frapper
Une porte ouverte on entre
Une porte fermée un antre
Le monde bat de l’autre côté de ma porte
A l’intérieur mon coeur bat
Et mon corps se promène
D’une habitude à l’autre
Passant au travers de la solitude
Et des douleurs et des rêves
Sans rien déranger
Alors quand par hasard quelqu’un de l’autre monde
Se souvient
Et vient
En entrant on croit que j’étais seul
Et l’on trouve que ma maison est bien ordre
Puis quand ce visage s’est rejeté dans le monde
Et que j’ai refermé ma porte
Je me regarde dans la glace
Et je retrouve ma solitude à couper au couteau
Et mon silence frais

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Gilbert Garcin

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Toujours toi (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2010


Toujours toi

C’est toi
Toujours toi
Toujours là
Dans ma peau
Dans mes gestes
Sur ma chaise
Dans mon lit
Dans ma voix
Dans mon oeil
Dans mon goût
Sur mes lèvres
Sous mon front
Dans mon ventre
Je m’en vais
Tu t’en vas
Je m’arrête
Tu t’arrêtes
Je reviens
Tu reviens
Je souris
Tu souris
Si j’ai faim
Tu as faim
Je veux ça
Tu veux ça
Je dis oui
Tu dis oui
Ah collage
Animal
Une fois
Seule fois
Dis-moi non
Et va-t-en

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Francine Van Hove

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La coque (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2010


La coque

S’étend une tristesse à ne rien voir au travers
Fait-il jour ou nuit derrière
Y a-t-il des trains qui partent
Des gens qui pensent à demain
Avec impatience
Des gens qui sont d’accord avec leur aujourd’hui
Et les reçoivent chaque matin
A pleins poumons
Et les jambes vives
Des gens ouverts
Où toute la vie peut entrer
Ah bonheur des gais cheveux à tous les vents
Malheur à celui que tristesse
Enferme dans une coque
Il passe le long de ses jours
Fermé
Tout fermé comme un oeuf

(Pierre Albert-Birot)

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Elle (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2010


Elle

Quand elle vient près de moi
il n’y a plus
ni les arbres ni les bêtes
ni le clair ni le noir
il y a elle
il faut que je saute sur elle
que je l’étouffe
pour l’ajouter à moi
m’ajouter à elle
jusqu’au cri
après le cri
je suis moi tout seul
tout l’autour est là
ÂÂ je grand pars dedans

est-elle soleil ou nuage

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Guillaume Seignac

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C’est toi (Jacques Ancet)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2010


C’est toi

C’est toujours le mystère des choses.
On les voit dans leur inconsistance
attendre les yeux qui les reflètent,
les mains qui les touchent. On ne sait pas
ce qui les fait être là, ensemble,
valise, tableau, feuilles qui bougent
sur la fenêtre. On écoute encore
un silence inaudible. On devine
qu’il n’y a rien. Et ce rien, c’est toi.

(Jacques Ancet)


Illustration: Simone Lacour

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Souvenir (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2010


Souvenir

Cours donc
Après qui
Après quoi
Mais cours donc
C’est lui

Là-bas
Si loin
Quelques pas
Je suis las
Tu l’entends
Il t’appelle
Je l’entends
Je l’appelle
Il s’enfuit
Mais cours donc
La nuit vient
N’en dis rien
Il fait nuit
Je t’éclaire
Où est-il
Tends le bras
Il a fui
Cours plus vite
Je ne puis
Tu le tiens
Le vois-tu
Je l’ai vu
Que fait-il
Il s’en va
Retiens-le
Cours après
C’est tout noir
N’aie pas peur
Mais où suis-je
N’importe où
Avec qui
Avec moi
Qui es-tu
Presque toi
Et lui
Il est mort
Déjà
Déjà

(Pierre Albert-Birot)

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