Pourquoi vivre au coeur de ces vertes montagnes?
Je souris, sans répondre, le coeur tout serein
Tombent les fleurs, coule l’eau, mystérieuse voie …
L’autre monde est là, non celui des humains.
(Li Bai)
Publié par arbrealettres le 13 novembre 2010
Pourquoi vivre au coeur de ces vertes montagnes?
Je souris, sans répondre, le coeur tout serein
Tombent les fleurs, coule l’eau, mystérieuse voie …
L’autre monde est là, non celui des humains.
(Li Bai)
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Publié par arbrealettres le 13 novembre 2010
Le vieux moine-poète vivait en ermite
se nourrissant seulement du miel de ses abeilles
Personne ne savait que dans chaque goutte de miel
née de la beauté des herbes et des fleurs
se cachaient les secrets des poèmes naissant
Quand le vieil homme mangeait son miel
et crachait en retour de nouveaux poèmes
il savait qu’il était un vrai enfant du monde
où le miel est poème et mes poèmes miel
(Su Dongpo)
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Publié par arbrealettres le 13 novembre 2010
Au bord du fleuve, miracle des fleurs, sans fin
A qui donc se confier? On en deviendrait fou …
(Du Fu)
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Publié par arbrealettres le 13 novembre 2010
Rocher propulsant arbre
Arbre aspirant rocher
Cercle établi renouant
L’alliance terre et ciel
Cercle ouvert renouvelant
Le mystère à trois faces
Dans l’ombre ici offerte
L’homme de longue errance
Assoit enfin royaume
(Gao Fenghan)
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Publié par arbrealettres le 13 novembre 2010
En toi le remous originel
Tout le charnel du créé
Rocher d’un jour
Ou de toujours
Tout le tourment en tes plis
Toute la joie en tes plis
Lorsque tu te déploieras
Lave et phénix ne feront qu’un
(Gao Fenghan)
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Publié par arbrealettres le 12 novembre 2010
Le plafond s’envole
La fillette dans la maison en pierre regardait vers le haut et
voyait le plafond s’éloigner chaque jour un peu plus.
C’est une erreur a dit la mère.
Mais le plafond s’envole.
Pourquoi es-tu venu ? A demandé la fillette au ciel rentré à
l’intérieur avec ses rebords tigrés pour l’éternité.
Retire-toi de la lumière, ont dit les barreaux du ciel, à cause de
toi on a fait tomber une maille dans le vêtement de solitude.
Ils ont poussé la fillette dans le trou du néant.
Vous avez peut-être vu ici un plafond ? A demandé la fillette
aux chevaux galopant les narines crachant de l’écume.
Retire-toi de la ligne, tu nous empêches de défaire les distances.
Et ils l’ont poussée dans la source de pluie, là se trouvait le plafond.
Que fais-tu ici. C’était une erreur de ta part de t’envoler a dit la fillette.
L’horizontal, c’est faire bonne figure, a dit le plafond
Erreur de ta part de croire que tu as une figure, a dit la fillette.
Erreur aussi qu’une fillette puisse voir un plafond s’envoler.
Pour celui qui aime faire bonne figure, je ne suis pas une enfant
a dit la fillette et a poussé le plafond vers le bas.
A la maison la mère a dit — recouvre le plafond, je lui ai tricoté un chandail.
Se trompe celui qui pense que l’on peut recouvrir la plaie de la solitude.
(Nurith Zarchi)
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Publié par arbrealettres le 12 novembre 2010
Une spécialiste ès pertes
autrefois j’échangeais l’océan par une montagne lointaine
une montagne
par un vrai désert un désert par l’amour fugace d’un homme
lui-même par l’espoir et l’espoir par un oiseau proche de mon âme
la nuit des biches traversent la place Habimah
la rosée matinale témoigne de l’essence du courir
et si je désire la douceur de l’eau
pas d’échange possible
(Pnina Amit)
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Publié par arbrealettres le 12 novembre 2010

(Dahlia Ravikovitch)
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Publié par arbrealettres le 12 novembre 2010
Poème de minuit
De nouveau, comme les années précédentes,
La chambre à coucher est en désordre,
Et il y a de la cendre partout.
Les habits s’entassent,
Et un amas de lettres demeurées sans réponse,
Un lit chaud.
Qui plus est, une épidémie de grippe sévit maintenant
Et je suis malade, excusez du peu.
Cette année
Et toutes les années à venir
Je ne renoncerai pas au plus petit oiseau
Qui vole dans mon jardin,
Je n’échangerai pas un petit oiseau pour un pigeon ou une huppe.
Une autre année viendra
Et comme toujours
Ma gorge étouffera d’amour.
(Dahlia Ravikovitch)
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Publié par arbrealettres le 12 novembre 2010
Poupée Mécanique
Cette nuit-là, j’étais une poupée mécanique,
je me tournais à droite, à gauche, et en tous sens.
Je tombai face contre terre et fus réduite en mille morceaux.
Et l’on tenta, d’une main experte, de rassembler mes débris.
Alors, je redevins une poupée en état.
Je fus posée, je fus soumise,
mais n’étais déjà plus qu’une poupée de second ordre,
comme un sarment blessé s’accrochant à ses vrilles.
Puis je m’en fus au bal, à la ronde des danses,
mais on me délaissa, avec pour compagnons des chiens et des chats,
et cependant mes pas avaient rythme et mesure.
J’avais des cheveux d’or, et j’avais des yeux bleus,
ma robe était couleur des fleurs du jardin,
et mon chapeau de paille arborait des cerises.
(Dahlia Ravikovitch)
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