Arbrealettres

Poésie

Archive pour novembre 2010

La poésie (Marc Alyn)

Publié par arbrealettres le 5 novembre 2010


La poésie n’est pas un genre littéraire parmi d’autres;
elle est le chant de l’origine
qui se dégage des silences et des cris de l’homme
en quête de son propre secret
en même temps que de l’Enigme de l’univers.

Ici, l’âme s’exprime au plus près de la transparence
dans l’éclat d’une illumination fugace
mais qui aspire follement à la durée.

A la fois chemin et cheminement vers l’Etre,
la poésie est une aventure extrême,
exigeante et périlleuse,
qui engage la totalité de l’individu.

Le poète est conçu, écrit, raturé, éternisé
ou gommé par son oeuvre:
il est un texte vivant, le poème de son poème.

(Marc Alyn)


Illustration: Odilon Redon

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Je suis là (Marc Alyn)

Publié par arbrealettres le 5 novembre 2010


Partout des voix ou plutôt des reflets,
des fantômes de voix
Des voix noyées au fil d’un fleuve
semblable à quelque bande
magnétique immense
qui se dévide incessamment
les entraînant dans son courant
Tout au long de l’onde.

Et parfois l’on pressent qu’on
pourrait les entendre
qu’il suffirait d’un rien
Peut-être d’un peu plus seulement
de silence
Pour qu’une de ces voix submergées
suffocantes
Prise dans ce tumulte anonyme
qui va
S’élève de la nuit et dise:
Je suis là.

(Marc Alyn)


Illustration

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Mouvements (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 5 novembre 2010


Mouvements

Je passe
Une nuit légère et vaporeuse
Après un jour pesant
Sous un soleil de feu

Je me promène
Dans une aube timide
Comme une fille nubile
Et respire des odeurs vivantes

Je vibre
Dans un exil de luxe
Quand le soleil
Chauffe le ciel à petit feu
Et me réchauffe à peine
Dans le sentier griffé
De buissons épineux
Et piqué d’orties

Je gravis les hauteurs
Jusqu’à l’épanouissement
Voluptueux des eaux
Et j’y rencontre le silence
Quand le couchant colore
De rose l’horizon
Que toutes les vitres rutilent
Et que le village flamboie

J’éprouve le frisson
Du soir sur mon épaule
Une lune maussade brille
Sur une mer anxieuse
Et sous les nuages fissurés
La terre s’allonge sous le ciel

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Idylle ancienne (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 5 novembre 2010


Idylle ancienne

Nous vivions dans la légèreté
Et empruntions des routes intérieures
Qui menaient jusqu’au fond de nous-mêmes

Je voyais dans ton regard
Le paysage qui était derrière moi
Avec tout le sable de la plage
Et toutes les vagues de la mer
Ou toute l’herbe de la campagne
Avec le ruisseau qui reflétait le profil de ton sein
Et le ciel qui prenait la couleur de tes yeux

Nous nous cachions derrière les buissons
Qui étaient animés d’une vie mystérieuse
Qui nous poussait l’un vers l’autre dans un élan charnel

Les cheveux dans le vent comme une crinière
Ton corps galopait dans le pré
Je le poursuivais avant de l’atteindre
Pour le rouler dans l’herbe épaisse
Et le crucifier sur la roue de mon désir

Maintenant je me glisse sur la perspective
Jusqu’au bout de la digue que la mer asperge
Où nous connûmes cet amour inextinguible
Ton image se cache toujours au fond du miroir
De la chambre que tu occupas
Dans ce café du port où venaient tous les marins

Le soir ferme ses paupières sur le regard du jour
Mais où est le souvenir des échos disparus ?

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Jean-Baptiste Valadié

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Sables mouvants (Jacques Prévert)

Publié par arbrealettres le 5 novembre 2010


Sables mouvants

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

(Jacques Prévert)

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Révolte (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 5 novembre 2010


Révolte

Le site est d’une beauté surprenante
et j’en exalte à la fois l’aspect sauvage et l’abord délicat
Je contemple des barques
dans tous les ports de la côte
et je vois l’île se détacher
pour disparaître à l’horizon
sur une mer
qui répudie le rivage

Captif je brise les chaînes
et sur les murailles je griffonne ton nom
et je tague les pierres
pour y inscrire mes révoltes

Sur la pointe extrême qui vacille
je revois
tout proche
l’horizon sur la ligne des ténèbres
Sur une terre s’épanouit la récolte
qu’élabore
la circulation de la sève
et sur un ciel de lavande
j’émascule le soleil
et châtre tous les astres
pour qu’ils ne se reproduisent

Je tends les bras pour me guider dans le vide
Je n’effacerai rien
et lancerai un cri dans le silence

Mon corps palpite
et mon cœur bourdonne
tandis que l’eau s’agite
pour franchir la torpeur des villages
où la kermesse bat son plein

Avec la saison qui déborde d’allégresse
et la période qui s’achève
il est grand temps
que je dévore à pleine dents
la portion de nourriture
qui m’est concédée
par la sollicitude des instances
qui se penchent sur ma sénilité future

(Jean-Baptiste Besnard)

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Evasion (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 5 novembre 2010


Evasion

Le vert du feuillage
Eclate d’un rire de jeunesse
Sur le bleu tendre du ciel
Et s’élève des roses
Un parfum de velours

Le matin glisse sans bruit
Je quitte la maison
Où mes désirs sont captifs
Pour respirer la joie
Au milieu des champs

J’écoute le rire des pierres
Sur les lèvres du chemin
Je croque à belles dents
Dans la chair du jour

Sous un ciel comblé
De nuages folâtres
Qui broutent la colline
La surface de l’étang
Reflète la paix
Des eaux profondes

(Jean-Baptiste Besnard)

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Eté précoce (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 5 novembre 2010


Eté précoce

L’aube extrait des ténèbres
Une soudaine clarté
Le jour éclot
Sur la tige du matin

Pétales et heures
Secouent les cloches
De la rosée
En un joyeux carillon
De renouveau

Le soleil hâtif
D’un été pressé
Met l’émoi dans le jardin
Sur des ailes de chaleur
L’été plane
Et les fleurs me jouent
Une partition de parfums.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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De l’aube au soir (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 5 novembre 2010


De l’aube au soir

La brume se noue au cou
Des maisons frileuses
Aux vitres gonflées de sommeil
Quand l’aube réveille le village
Sous un ciel qui bâille
La lumière éclabousse les toits
Et la rivière qui chante

La fenêtre s’écarquille
Pour contempler l’espace
Je l’ouvre toute grande
Pour me remplir de matin
Et renaître au monde
L’air coule dans mes mains
Je touche le jour
Et caresse tes joues
Nos voix se répondent

A midi dans le jardin
Je fonds dans la chaleur
Et je ne vois plus rien
Il n’y a plus que mon sang qui vit
Au rythme de la lumière
Et quelque chose en moi
Qui ne veut pas mourir
Quand la clarté se dissipe
J’aimerais la retenir
Car je crains le soir et ses vapeurs froides
Quand le ciel grelotte
Au-dessus des feuilles

Alors qu’à l’horizon montent les étoiles
Sous leur regard et celui de la lune
Je possède l’infini…

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Refuge après les intempéries (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 5 novembre 2010


Refuge après les intempéries

Dans la forêt maltraitée
Les feuilles découragées tombent
Des arbres abattus

J’entends dans le lointain
La voix des grands bois
Quand volent au-dessus de ma tête
Les oiseaux du regard
Qui battent des cils
Au-dessus des images passées

Un nuage tisse sur la ville
Un voile de pluie fine
Qui ruisselle sur la vitre
Et j’en reçois des parcelles

Le lierre enlace le mur
Jusqu’à l’étouffer
A l’intérieur j’éprouve
Un frémissement de chaud
Et le silence limpide se brise dans l’écho
Du bruit le plus léger
Que je fais en marchant
Sur la pointe des pieds
Sur le tapis du couloir

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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