Arbrealettres

Poésie

Archive pour novembre 2010

Finalement j’ai toujours erré (Teresa Rita Lopes)

Publié par arbrealettres le 4 novembre 2010


Finalement j’ai toujours erré de terre en terre
de maison en maison
de moi en moi
fidèle au même ciel
où je vais dessinant une constellation
pour qu’elle projette
et réunisse les folles étincelles de mon feu vagabond

***

Afinal sempre andei de terra
em terra
de casa em casa
de mim em mim
fiel ao mesmo céu
em que vou desenhando uma constelaçao qualquer
que projecte
e reùnas as soltas faùlhas do meu vagabundo fogo.

(Teresa Rita Lopes)


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Portraits de famille (Teresa Rita Lopes)

Publié par arbrealettres le 4 novembre 2010


Portraits de famille

Regarde
ici Grand-Mère!
Avec Grand-Père
À côté la Tante l’Oncle
et l’autre tante
Et Maman ma maman

Ils sont tous morts

Je tiens à la main
ce petit bouquet
de roses thé

Je les respire :
à chacune
son parfum

Ils ne sont plus que cela
dans ma mémoire

***
Retratos de familia

Olha
aqui a Avô!
Com o Avô
Ao lado a Tia o Tio
a outra tia
E a Mae a minha

Morreram todos ja

Seguro na mâo
esse raminho
de rosas-cha

Cheiro-as:
a cada uma
o seu perfume

Apenas isso sâo
agora
na lembrança

(Teresa Rita Lopes)


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Je retrouve ta façon (Teresa Rita Lopes)

Publié par arbrealettres le 4 novembre 2010


Je retrouve ta façon
ton geste
ton goût
ta tristesse acide
ton âpreté de moût
ta ferveur
nocturne
tes cafards subits
visage mon vieil ami
Je reconnais tes traits
ton silence
je palpe
les lèvres lasses
de ton angoisse
Je retrouve le goût
salé des noires crinières de ton
cheval trottant solitaire
je sèche
rien que feu
Ah ! je te retiens
tes pleurs sans larmes
rien qu’écume en feu
enfin
les yeux dans les yeux les lèvres dans les lèvres
mon visage ancien mon ami
mon vieux visage à moi
tu n’es pas fait
pour bâiller de bonheur
Comme ça
tu es plus toi
plus moi
plus à moi

***

Reencontro o teu jeito
teu gesto
teu gosto
tua acida tristeza
teu suave travo a mosto
teu fervor
nocturno
teus sûbitos desânimos
meu velho amigo rosto
Reconheço teus traços
palpo
teu silêncio
os labios lassos
da tua ânsia
Recupero o gosto
salgado das negras crinas do teu
cavalo em solitârio trote
enxugo
teu choro sem lagrimas
sô fogo
so espuma em fogo
Ah! retenho-te
enfim
olhos nos olhos labios nos lâbios
meu rosto antigo meu amigo
meu velho rosto meu
nâo fosse feito
para os bocejos da felicidade
Assim
és mais tu
mais eu
mais de mim

(Teresa Rita Lopes)


Illustration: Odilon Redon

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Pourquoi mes yeux ont-ils donc tant besoin de voir la mer au loin ? (Teresa Rita Lopes)

Publié par arbrealettres le 4 novembre 2010


Pourquoi mes yeux ont-ils donc tant besoin
de voir la mer au loin ?
Ou rien que l’eau
d’un fleuve
pour y sentir leur racine
Peut-être est-ce d’avoir tant désiré le bleu
de l’eau là-bas
que mes yeux sont clairs
et de tant aimer la mer
que mes peines
sont devenues intrépides et salées
et qu’elles ont
le vol à pic des mouettes
et le cri acide
des oiseaux marins

***

Porque sera que meus olhos tanto necessitam
de ver mar ao longe?
Ou pelo menos a agua
de um rio
para aî cheirar sua raiz
Se calhar foi por tanto apetecer o azul
da agua ao longe
que meus olhos sâo claros
e por tanto amar o mar
que meus desgostos
se tornaram destemidos e salgados
e têm
o voo a pique das gaivotas
e o grito acido
dos passaros marinhos

(Teresa Rita Lopes)


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Cygne (Rilke)

Publié par arbrealettres le 4 novembre 2010


Un cygne avance sur l’eau
tout entouré de lui-même,
comme un glissant tableau;
ainsi à certains instants
un être que l’on aime
est tout un espace mouvant.

Il se rapproche, doublé,
comme un cygne qui nage,
sur notre âme troublée…
qui à cet être ajoute
la tremblante image
de bonheur et de doute.

(Rilke)

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Cherche la créature et la console (Rilke)

Publié par arbrealettres le 4 novembre 2010


Tel cheval qui boit à la fontaine,
telle feuille qui en tombant nous touche,
telle main vide, ou telle bouche
qui nous voudrait parler et qui ose à peine -,

autant de variations de la vie qui s’apaise,
autant de rêves de la douleur qui somnole:
ô que celui dont le coeur est à l’aise,
cherche la créature et la console.

(Rilke)


Illustration: Olivier Gingras

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Entre le masque de brume (Rilke)

Publié par arbrealettres le 4 novembre 2010


Entre le masque de brume
et celui de verdure,
voici le moment sublime où la nature
se montre davantage que de coutume.

Ah, la belle! Regardez son épaule
et cette claire franchise qui ose…
Bientôt de nouveau elle jouera un rôle
dans la pièce touffue que l’été compose.

(Rilke)


Illustration: Jean-Baptiste Valadié

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ô inconnue discrète (Rilke)

Publié par arbrealettres le 4 novembre 2010


Ô mes amis, vous tous, je ne renie
aucun de vous; ni même ce passant
qui n’était de l’inconcevable vie
qu’un doux regard ouvert et hésitant.

Combien de fois un être, malgré lui,
arrête de son oeil ou de son geste
l’imperceptible fuite d’autrui,
en lui rendant un instant manifeste.

Les inconnus. Ils ont leur large part
à notre sort que chaque jour complète.
Précise bien, ô inconnue discrète,
mon coeur distrait, en levant ton regard.

(Rilke)


Illustration: Jean-Baptiste Valadié

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Le diamant est éternel (Jean Orizet)

Publié par arbrealettres le 4 novembre 2010


Le diamant est une valeur refuge

Si vous parvenez
à vous nicher à l’intérieur
vous ne risquerez plus rien:

le diamant est éternel

(Jean Orizet)

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Fleur de prunier (Sugawara no Michizane)

Publié par arbrealettres le 4 novembre 2010


Si le vent d’est se lève,
envoie-moi ton odeur, fleur de prunier
Et si tu n’as plus de maître,
n’en oublie pas pour autant le printemps

(Sugawara no Michizane)


Illustration

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