Arbrealettres

Poésie

Archive pour décembre 2010

Ce qu’il y a on n’en sait rien (Jacques Ancet)

Publié par arbrealettres le 8 décembre 2010


Ce qu’il y a on n’en sait rien
un soleil sans doute sur le point de
disparaître l’éblouissement
avant la nuit de ce qui se perd
toujours ou au contraire
l’éclat de ce qui vient la neige au matin
un silence plein de cris d’enfants
qu’on ne voit pas mais qu’on sent tout près
là comme un souffle entre deux instants

(Jacques Ancet)

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Etre là simplement (Jacques Ancet)

Publié par arbrealettres le 8 décembre 2010


Ce qu’on aimerait c’est être là
simplement et qu’il ne reste rien
que l’éclat d’une neige subite
avec sur le blanc comme une attente
le début de l’espace peut-être
et quelque chose pour l’habiter
du vent une fumée l’étincelle
la même qui brille pour toujours
et rien qui vienne rien qui s’en aille

(Jacques Ancet)

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Quelqu’un appelle (Jacques Ancet)

Publié par arbrealettres le 8 décembre 2010


Les portes les pas quelqu’un appelle
on se demande ce qu’on fait là
seul entre deux instants égarés
dans ce temps qui ne reviendra plus
minuscule au creux de la main dort
une mer on aimerait l’entendre
s’en aller sur sa rumeur très loin
comme autrefois quand la vie était
éternelle et n’avait pas de nom

(Jacques Ancet)

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Il attendra dans le jardin (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 8 décembre 2010


Il attendra dans le jardin
Jusqu’à l’été sans bouger
Qui lui dira qu’elle est morte
Personne
Il attendra jusqu’à l’hiver

(Pierre Albert-Birot)

Illustration

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Trouve-t-on le temps long? (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 8 décembre 2010


Quand on est toute nue
Et en bronze
Au milieu d’un jardin
Trouve-t-on
Le temps long?

(Pierre Albert-Birot)


Illustration

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Il (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 8 décembre 2010


Il

Il il il le cher il
Le cher Il est arrivé
Tu peux l’aimer
Tu peux lui sauter au cou
Je ne suis pas jaloux

(Pierre Albert-Birot)

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L’espoir (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 8 décembre 2010


L’espoir s’ouvre à deux battants
On entre
Toutes les couleurs sont celles que l’on aime
Et l’on boit à la même source
Le bonheur bien frais

(Pierre Albert-Birot)

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Et l’un de l’autre fleur (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 8 décembre 2010


Et l’un de l’autre fleur

Ils iront jusqu’au bout de l’avenir
Sur la pointe des pieds
Pour qu’il ne les voie pas
Et l’un de l’autre fleur
Ils passeront au travers

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Gilbert Garcin

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Le silence (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 8 décembre 2010


Le silence

Le silence doit bien s’ennuyer
Dans la maison vide
Il ne sait pas que quelqu’un dans la rue
Regarde les volets clos
En passant

(Pierre Albert-Birot)


Illustration

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La mer (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 8 décembre 2010


La mer

Les îles de Chausey partent à la dérive.
Je m’accroche avec force à la rive perfide
Qui risque de crouler sous des coups de boutoir
Tandis que le soleil, disque volumineux,
Se morfond, solitaire, au bord de l’horizon.

La côte se prélasse en robe d’Emeraude
Où tu veilles, bergère et « fée des grèves » vastes(1),
Sur ton troupeau de blancs moutons des prés-salés
Qui paît à ras des flots, aux abords de Cherrueix,
L’herbe d’iode et de sel poussant dans les polders.

Je pirate parfois dans les ombres naissantes
Avec les loups de mer sur leurs vaisseaux fantômes.
Dans le bief du Vivier, je vois, après la pêche,
Quelques barques venir s’embosser dans la vase.

Il existe des mers que je n’ai jamais vues,
Pour croire qu’elles sont plus belles que la mienne.
Le phare de Cancale a grignoté la nuit ;
Ce gros œil de cyclope, ouvert au bout du cap,
Se braque sur la grève où j’échoue mon esquif.

La vague roule et roule un galet, le polit,
L’arrondit avec soin : il épouse la forme
De ma main qui l’emporte et garde dans sa chair
Le souvenir puissant d’une forte marée
D’équinoxe qu’on vit galoper dans la baie.
Il trône sur le bord de notre cheminée,
Près d’une goélette à trois-mâts qui navigue
Dans une bouteille, œuvre d’un vieux terre-neuvas.

(1) Titre que porte une jolie jeune fille élue au cours d’une
kermesse. Sorte de ” Miss locale”

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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