Arbrealettres

Poésie

Archive pour janvier 2011

Celle qui le saisit et ne peut le nommer (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 24 janvier 2011


Celle qui le saisit et ne peut le nommer,
celle qui se blottit sur son coeur qu’elle espère,
libérant les captifs quand elle est prisonnière,
et se confie avec tendresse au Suppliant,
celle qui tremble de confiance, abandonnée
par le pur amour, dans ce combat sans appui
pareil à un embrassement, oui, c’est bien elle
dont l’essence est lumière au sein noir de la nuit,
trépas qui est passage, et paix de la prière.

(Jean Mambrino)


Illustration: Caspar David Friedrich

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Pour échapper au nul (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 24 janvier 2011


Pour échapper au nul, au rien,
pour qu’il ne s’ouvre plus au bout,
pour qu’il n’efface pas la fin.

Pour transformer l’obscur en jour,
pour devenir plus pauvre encore,
pour consentir au rien du tout.

Laisse aujourd’hui, demain, et hier,
oublie le mal avec la mort,
au-delà même de toujours.

Ton rien est là, paix qui demeure,
franchis le porche de ce Coeur
qui te soulève avec la mer.

(Jean Mambrino)

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Nul battement de coeur (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 24 janvier 2011


Nul battement de coeur n’annonce
la présence des bras tendus
vers la brusque reconnaissance
du seul visage qui approche,
et dissipe la nuit en plein soleil ;
la nuit où le bleu de l’été se change
en sang (misère et beauté se confondent),
effaçant les merveilles du monde
offertes nûment aux yeux
qui peuvent transformer l’obscur
en éclat, et dévoiler l’alliance.

(Jean Mambrino)


Illustration

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Un tendre abîme (Leonardo Sinisgalli)

Publié par arbrealettres le 24 janvier 2011


Un tendre abîme s’ouvrait à mes côtés.
Presque sous mes pieds, une étoile
Fondit en larmes et tomba.

(Leonardo Sinisgalli)

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Ici dans l’obscurité (Leonardo Sinisgalli)

Publié par arbrealettres le 24 janvier 2011


Ici dans l’obscurité ton ciel se déssèche,
Ta pupille languit
Comme une étoile, tu flaires
Au-dedans des fleurs ton propre sang.
Près des fleurs tu restes immobile:
La rose ne te ressemble pas.
Tu regardes avec étonnement
Contre le mur, qui t’éblouissent,
Les rayons d’une roue,
Et au fil des années l’envie qui descend
Du pubis jusque sur la cuisse.
Tu en suis le chemin
Comme derrière un nuage.

(Leonardo Sinisgalli)


Illustration: Gilbert Garcin

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Le soleil t’ouvre sa main superbe (Leonardo Sinisgalli)

Publié par arbrealettres le 24 janvier 2011


Le soleil t’ouvre sa main superbe
Et l’ennui du jour
Prend une chaleur charnelle.
L’arbre a rompu les liens de l’air.
La terre tout entière y prend part.
Disséminée est la lumière
Pour croître sur les pierres.
La bête savoure l’herbe rare.

(Leonardo Sinisgalli)


Illustration

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L’aube regarde avec des yeux d’agnelle (Leonardo Sinisgalli)

Publié par arbrealettres le 24 janvier 2011


L’aube regarde avec des yeux d’agnelle.
La lumière est blanche et fixe,
Pour qu’elle bouge il suffit que cette
Colombe tourne la tête.
Clarté prise dans le brou,
Voici que le chant du coq
Et le sang de sa crête
Mettent le feu et la bagarre.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration

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Obscur amour (Leonardo Sinisgalli)

Publié par arbrealettres le 24 janvier 2011


Tu m’appartiens, obscur amour.
Il n’est pas d’aiguillon plus fort
Que cette satiété. Et la lumière
Promise par l’arbre céleste
Ne peut nous forger d’autre sérénité
Si autour de nous c’est déjà le soir.
Tu couves une nouvelle floraison
Et le ciel est suspect
De cette angoisse qui croit en ton sein.

(Leonardo Sinisgalli)

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Chaque soir (Leonardo Sinisgalli)

Publié par arbrealettres le 24 janvier 2011


Chaque soir la main est plus légère
Le vol de l’hirondelle est plus haut.
Ici demeurent les bruits confus, ton rire
Comme une aile fugitive,
Et l’odeur de foudre plus riche
Que le parfum des roses sur le rebord des fenêtres.
Quelque chose là-bas, un feu, te vole
Ton nid de feu à l’horizon,
Ton cri …

(Leonardo Sinisgalli)

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N’importe quoi (Leonardo Sinisgalli)

Publié par arbrealettres le 24 janvier 2011


N’importe quoi, bien-sûr, même un rocher,
Une rose, pourra suffire à mon coeur,
Et la musique ininterrompue des étrilles
Que l’on manie à l’écurie. Ce matin
Les oiseaux piaillent comme des souris, la poule
S’épouille sur un balcon de la vallée.

(Leonardo Sinisgalli)

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