Arbrealettres

Poésie

Archive pour janvier 2011

COMME DANS UN MIROIR (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 12 janvier 2011


COMME DANS UN MIROIR

Les hirondelles
ralentissent
le crépuscule

où fleurissent
des glissements
de ciels

qui reculent
derrière le temps.

(Jean Mambrino)


Illustration: Sylvie Lemelin

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IL ETAIT UNE FOIS AUJOURD’HUI (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 12 janvier 2011


IL ETAIT UNE FOIS AUJOURD’HUI

Une étoile filante
une pomme qui tombe
le choc d’un seau
sur la margelle usée
ce marmot qui piète
sous les gouttelettes
d’un chant d’oiseau.

Ainsi frémit
à peine
l’insouciante éternité.

(Jean Mambrino)

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INTIMITE (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 12 janvier 2011


INTIMITE

Tu te retires
tu attires
vers l’immense.

Tu es la mer
ou la lune
invisible à force
de silence.

Tu ne laisses aucune
autre trace
que l’espace de la lumière.

(Jean Mambrino)


Illustration: Clark Little

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MOTIF (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 12 janvier 2011


MOTIF

Les courbes du volubilis
contournent
la lumière
se retournent
vers le sein du jour
si bien qu’en suivant leurs tiges
leurs traces leurs voltiges
on retrouve par maints détours
la nébuleuse première.

(Jean Mambrino)

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L’OUÏ DU FAUCON (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 12 janvier 2011


L’OUÏ DU FAUCON

Le cri
de l’âme est plus aigu
que celui
des oiseaux.

Plus mince plus nu
plus ébloui
par le silence répandu
sur l’immensité des mots.

(Jean Mambrino)


Illustration: Edvard Munch

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PREMIERE BRISE (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 12 janvier 2011


PREMIERE BRISE

Le pollen de ce visage
remplit ta main.

Une seule caresse
ne te laisse

que la poussière
de son image.

A moins que le matin?

(Jean Mambrino)


Illustration: Fabienne Contat

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Si tu te retournes (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 12 janvier 2011


Si tu te retournes, les murailles
ont disparu, mais tu es toujours
prisonnier des entrailles du Rien
nouant les saturnales. Suis doucement
la faille au fond du Rien,
et poursuis l’ombre derrière le mal,
l’enténèbrement bienheureux,
où s’ouvre peu à peu
l’or du nouveau Jardin.

(Jean Mambrino)

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L’instant qui fuit (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 12 janvier 2011


L’instant qui fuit est loin de tout,
plus loin que les nuages là-bas,
plus loin que le passé dissous, que l’avenir
à l’avance effacé, réduit à rien,
comme le ciel confondu
avec l’espace, où diminuent
les chants d’oiseaux, par-dessus
l’atrocité du monde.
Le soir tombe, si las, sur les coeurs
cruels, vaincus par leur malignité.
Pourtant demeure encore un froissement
d’ailes, au bout du firmament,
sur les confins d’un autre ciel,
où un souffle inconnu murmure l’on ne sait
quel accompagnement de paix.

(Jean Mambrino)

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Un unique brin d’herbe (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 12 janvier 2011


Un unique brin d’herbe,
dans le désordre du monde,
signe l’insondable Présence.
Une seule feuille, jaunie
par l’automne, rend affable
sa justice. Et le papillon
qui abandonne sa chrysalide
est l’image d’une autre vie.
Qui verra dans nos ténèbres
jaillir au sein du vide
et du désespoir, ce rayon
issu de l’âme en son tréfonds,
lorsqu’un autre la supplie ?

(Jean Mambrino)

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«Rien n’est » (Jean Mambrino)

Publié par arbrealettres le 12 janvier 2011


«Rien n’est », c’est le mot de passe
de l’esprit étouffé par la matière,
mâchant tout ce qui passe à sa portée.

Toujours plus d’engloutissement,
d’avidité. Elle ramène chacun
au même instant du rien.

La seule issue est l’obscure prière,
l’obscure et muette prière,
filtrant d’une Source ignorée.

Flamme infinie, dont la mèche
s’enracine dans la nuit
de l’esprit, qui sans elle se dessèche

au contact de l’être absent.

(Jean Mambrino)


Illustration

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