NEIGE
L’hiver endort la terre
Sous une épaisse couverture
De neige
Blanche comme la laine
Des moutons de nuages
Tombée par poignées
De flocons serrés.
(Jean-Baptiste Besnard)
Publié par arbrealettres le 13 février 2011
NEIGE
L’hiver endort la terre
Sous une épaisse couverture
De neige
Blanche comme la laine
Des moutons de nuages
Tombée par poignées
De flocons serrés.
(Jean-Baptiste Besnard)
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Publié par arbrealettres le 13 février 2011
Je me pends à une branche
Par les bras
Les pieds dans le vide
Et te tire la langue
- Je suis un pendu.
-Idiot !
Je saute et me pends
A ton cou gracile
Et tu m’étouffes
Entre tes bras
(Jean-Baptiste Besnard)
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Publié par arbrealettres le 13 février 2011
DANS LA FORET
Simulant un amour humain,
Tendrement de la gorge un oiseau m’appelle.
Un oiseau criard de toutes ses forces
Rit tout seul dans la forêt.
Les langues d’herbe sont molles
Et les pas des chevaux
Sèchent aux bords des marais.
La menace lointaine
Court dans le cri lointain des chiens
Et dans le chant des mouches.
Une fleur jaune se balance,
Seule jaune de la clairière ombragée,
Et le vent en bas crie et s’enfuit
De la rade du vent.
(Pierre Morhange)
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Publié par arbrealettres le 13 février 2011
LE SQUELETTE
L’immense vent du spectacle
Passait aussi dans le bois sec de mon thorax
Eh! dites-moi quelle différence
Entre ce jour mort
Très haut sous des fumées
Et les pierres glacées du torrent de la mort?
Aujourd’hui quelle différence
Que ce soit ma buée
Mon gémissement
Ou la buée de la terre
Qui traînera ce crâne
Encore tenu par mes joues?
(Pierre Morhange)
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Publié par arbrealettres le 13 février 2011
LES DEUX BIEN-AIMES ET LE VALET DE LA MORT
Si tu t’occupes encore des ombres
Viens me chercher car je n’en peux plus
Fais-moi glisser comme tu veux
Car je suis changé en ombre
Et je ne peux m’arracher.
Arrache-moi sans Lui faire de mal
Tu es délicat, coupe délicatement
Et détale
Qu’Elle tombe et meure
Et que j’erre autre part.
(Pierre Morhange)
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Publié par arbrealettres le 13 février 2011
Deux paysans
Ma bien-aimée
Si le château veut bien
Si la plaine du château veut bien
Si l’odeur de l’eau su château veut bien
Si la feuille qui passe entre les feuilles
Si l’oreille des écorces
Si les fourmis de l’ombre
Veulent bien, veulent bien
Nous serons à nous.
(Pierre Morhange)
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Publié par arbrealettres le 13 février 2011
COURS PRÉPARATOIRE
Les cailloux se font messe basse
ils s’ensecrètent
ils se broient du blanc
ils s’ébrouent
mâchent le vent
que le vent désordonné
Je me retourne et demande qui parle
ils font les étonnés
pas bougé pas parlé
cailloux
(Paul Fournel)
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Publié par arbrealettres le 13 février 2011
LE PETIT PAN DE MUR JAUNE
J’étais la pièce manquante
et l’image est maintenant
complète
je ne pense plus à rien
je ne sens plus rien
j’appartiens au monde
sans doute est-ce l’instant
du bonheur vrai
c’est à peine si je souris
ce que je vois ne m’émerveille pas
ce que je vois ne m’étonne pas
je suis ce que je vois
(Paul Fournel)
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Publié par arbrealettres le 13 février 2011
TÊTE DE BÉTAIL
Pas deux bêtes semblables
pas deux pareilles
dans toute l’histoire
des foires
et dans l’histoire des bêtes
pas deux bêtes pareilles
pas deux mêmes poils
pas deux mêmes oreilles
pas deux mêmes pis
mais l’oeil
toujours le même
saisit le pareil
dans le même
(Paul Fournel)
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Publié par arbrealettres le 12 février 2011
Poésie
Mais, hélas ! les vers sont si peu de chose quand on les écrit trop tôt!
Il faudrait attendre, amasser du sens et de la douceur pendant toute une vie,
une longue vie si possible, et puis, tout à la fin, peut-être
pourrait-on alors écrire dix vers qui soient bons.
Car les vers ne sont pas, comme les gens le croient,
des sentiments (ceux-là viennent suffisamment tôt),
— ce sont des expériences.
Pour un seul vers,
il faut voir beaucoup de villes, de gens et de choses,
il faut connaître les animaux,
il faut sentir comment les oiseaux volent
et savoir les gestes avec lesquels,
le matin, s’ouvrent les petites fleurs.
Il faut pouvoir se remémorer des chemins qui conduisent dans des régions inconnues,
se souvenir de rencontres inopinées et d’adieux que l’on a vus venir de loin,
— de jours de l’enfance encore non clarifiés.
(Rainer Maria Rilke)
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