Tes jeunes seins brillaient sous la lune
Mais il a jeté
Le caillou glacé
La froide pierre de la jalousie
Sur le reflet
De ta beauté
Qui dansait nue sur la rivière
Dans la splendeur de l’été.
(Jacques Prévert)
Publié par arbrealettres le 29 avril 2011
Tes jeunes seins brillaient sous la lune
Mais il a jeté
Le caillou glacé
La froide pierre de la jalousie
Sur le reflet
De ta beauté
Qui dansait nue sur la rivière
Dans la splendeur de l’été.
(Jacques Prévert)
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Publié par arbrealettres le 29 avril 2011
La fermeture éclair a glissé sur tes reins
Et tout l’orage heureux de ton corps amoureux
Au beau milieu de l’ombre
A éclaté soudain
Et ta robe en tombant sur le parqué ciré
N’a pas fait plus de bruit
Qu’une écorce d’orange tombant sur un tapis
Mais sous nos pieds
Ses petits boutons de nacre craquaient comme des pépins
Sanguine
Joli fruit
La pointe de ton sein
A tracé une nouvelle ligne de chance
Dans le creux de ma main
Sanguine
Joli fruit
Soleil de nuit
(Jacques Prévert)
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Publié par arbrealettres le 27 avril 2011
Poème
Nous avons marché lentement
Dans le soir gris dans le soir noir
Nous avons perdu conscience du temps
L’amour est passé par là sans nous voir
Et quand nous nous sommes quittés
Les rues sont entrées dans l’ombre silencieuse
(Robert Momeux)
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Publié par arbrealettres le 27 avril 2011
Destin
Une femme descend dans les flammes
Et un grand vent l’essuie j’ai perdu tout espoir
De revenir jamais où les loups s’entr’aimaient
Où les loups s’entr’aimaient
Au plus profond du bois
Une foule chante dans les rues
De qui donc est-ce la fête
Ou bien quel événement soudain
Fait relever toutes les têtes
Jamais je n’aurai le temps
D’aimer tout ce monde
(Robert Momeux)
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Publié par arbrealettres le 27 avril 2011
L’idole
Inutile
Dans le silence rougi à blanc
Inutile
Comme une épingle dans le foin
Et toujours adorée
Comptant les silex des jours
Dans un panier percé
Où voulez-vous qu’elle soit
Sur terre on est si seul
Inutile à jamais elle rêve elle attend
(Robert Momeux)
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Publié par arbrealettres le 27 avril 2011
Chanson
Tu me donnes des mots
Pour que je t’invente
Des mots usés et sourds
D’avoir longtemps servi
Ce sont toujours les mêmes
Des mots qui n’ont plus rien
Que leur air de toujours
Et leurs mains bleues pourtant
S’agrippent à des rocailles
Machinalement
Et trouvent des oiseaux
A jeter dans le vent
Toujours le même vent
Et les mêmes oiseaux
Pour faire une musique
Chaque fois différente
(Robert Momeux)
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Publié par arbrealettres le 27 avril 2011
Critique de la poésie
Mon frère l’homme-dieu
Est colleur d’affiches
Ou facteur rural
Et ma soeur sa femme
Couche auprès de lui
Dans des herbes hautes
Pour tout un printemps
Et c’est pour eux
Que le ciel bouge
(Robert Momeux)
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Publié par arbrealettres le 27 avril 2011

Le vent est assis
Sur les cheminées de la fête
La noce fut très belle on dit que la mariée
Tient dans sa main la clef des songes
La Seine
Est très loin
Amicale amicale
(Robert Momeux)
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Publié par arbrealettres le 27 avril 2011
Si tu crois rêver
Si tu crois que l’heure
Est à tous les vents
Si tu crois Fauvette
Et si pour passer
Il suffit d’un rêve
D’un rêve et d’un peu
D’amour sur la plaie
Si tu crois Fauvette
A la courte paille
Si tu crois au vent
Oui dit des merveilles
Et aux voiliers bleus
Cachés dans la main
Alors nous aurons
Des saisons entières
Et un fil de soie
Pour tisser des nuits.
(Robert Momeux)
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Publié par arbrealettres le 27 avril 2011
Solitude partagée
Une femme, qui a un visage comme une lampe, te regarde.
Elle te regarde comme l’aube éclaire, éveille et nourrit.
Son visage est comme ces clartés irréelles qu’on devine au loin sur la mer,
au moment où les dernières obscurités se défont.
Tout est tout proche et très loin.
Elle prend tes mains de loin.
Elle pose ta tête sur ses seins, tu entends battre son coeur :
c’est le sang des espaces qui ruisselle.
Elle met les mains sur tes yeux,
c’est alors que l’horizon s’épaissit,
la nuit bascule dans un ouragan de douceur silencieuse.
C’est l’oubli du sablier, la défaite des fantômes.
Tout, pour quelques instants, dans le parfum d’une mort heureuse,
se cache dans les plis de la robe des anges.
(Robert Momeux)
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