
A cette beauté de pierre
se rafraîchit mon coeur brûlant
(Friedrich Nietsche)
Publié par arbrealettres le 4 mai 2011

A cette beauté de pierre
se rafraîchit mon coeur brûlant
(Friedrich Nietsche)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2011

Le silence d’airain
Cinq oreilles – et pas un son n’y retentit!
Le monde est devenu muet…
J’ai écouté avec les oreilles de ma curiosité:
Cinq fois, j’ai lancé ma ligne au loin,
Cinq fois, je n’ai pas ramené un seul poisson -
J’ai questionné – aucune réponse ne s’est jetée dans mon filet
J’ai écouté avec l’oreille de mon amour
(Friedrich Nietsche)
http://arbrealettres.files.wordpress.com/2010/04/silence_by_donjuki.jpg
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2011

Creux, caverneux, plein de battements d’ailes nocturnes
Entouré de chants et d’angoisses
(Friedrich Nietsche)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2011

Il s’éleva un cri vers minuit
- cela venait du désert
(Friedrich Nietsche)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2011

Pardonné, oublié
Je t’ai pardonné à toi et à moi et j’ai oublié
Hélas! Tu as oublié – toi et moi, et tu m’as pardonné.
(Friedrich Nietsche)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2011

Souvenir
Elle tressaille des lèvres et ses yeux sont rieurs,
et pourtant elle s’élève chargée de reproche,
cette image venue des profondeurs, du fond du coeur de la nuit du coeur
- douce étoile à la porte de mon ciel.
Elle se fait brillante, triomphale – et ses lèvres se ferment
plus étroitement – et une larme coule.
(Friedrich Nietsche)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2011

Debout sur la lande boisée
Au soir, fatigué du chemin,
Là où fleurit l’oeillet rouge
Et la rose.
Sombre et reclus,
Entouré par la pinède nocturne,
Une sauvage et haute vision
Passe devant moi en glissant.
Un doux tintement de cloches
S’élève de la vallée ;
Est-ce un moine qui mélancoliquement
Tire la corde pour sonner ?
Est-ce avec nostalgie qu’il regarde
Le voyageur fatigué
Qui dans le crépuscule
Rougeoie comme un saint ?
Je me suis assis sur un rocher
Des heures durant
M’efforçant d’entendre dans mon souvenir
Une pleine volée de cloches.
Suis-je le moine, ou le voyageur,
Jamais plus je ne l’ai su.
Sur les cimes passait en glissant
Pâle la lune.
(Friedrich Nietsche)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2011

HOMMAGE A FOLLAIN
Mélangé au café, son petit suisse écoeurait.
Comme prévenus de sa fin prochaine,
sa femme, son fils, détournant les yeux,
s’accordaient au-dessus de sa tête.
Au bout du compte, il ne reste rien,
ni de lui, ni des autres ; à part
le grand bol à motifs sauvé des cartons
chargés un après-midi venteux
par les Compagnons d’Emmaüs.
Entre un broc de cuivre et des boîtes à épices fêlées,
il triomphe sur l’étagère.
(Gérard Noiret)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2011

Premier adieu
Les étoiles s’avancent tristement
au ciel nu
les vents demandent avec détresse,
pourquoi je suis si calme.
Et la fenêtre déverse
l’éclat de la pleine lune,
ô rayons chéris, apaisez
mon coeur et sa peine !
Je ne sais si je dois rire, plaisanter,
ou pleurer ici —
mes yeux sont emplis de douleur
mais aussi d’ironie amère.
Et mes mains passent
ici et là presque en tremblant,
et mes pensées s’élargissent
à l’infini comme une mer.
J’ai entendu tinter les cloches
brièvement vers minuit.
Cela veut dire à présent pour moi
qu’on a fait une tombe.
On a enterré une année,
le nouvel an s’annonce.
On a enterré mon coeur,
et nul ne s’est enquis de moi.
(Friedrich Nietsche)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2011

Envolés les rêves souriants,
Envolé le passé,
Le présent est lugubre,
L’avenir confus et lointain.
Je n’ai jamais éprouvé
La joie ni le bonheur de vivre.
Vers des temps anciennement disparus,
Je me tourne avec tristesse.
J’ignore ce que j’aime,
N’ai ni paix ni repos ;
Je ne sais ce que je crois :
Pourquoi vivre encore, à quoi bon ?
Je voudrais mourir, mourir,
Dormir sur la lande verte ;
Les nuages passent au-dessus de moi,
Autour de moi, la solitude de la forêt.
Les roues éternelles de l’univers
Continuent leur cours circulaire;
Le ressort rouillé du globe terrestre
Sans cesse de lui-même se remonte.
Belle occupation que de faire ainsi comme l’air
Le tour du globe qui tourne en rond,
De se glisser dans tous les recoins
De se fondre à l’univers en suspension!
Beau plaisir que d’étreindre le monde
Dans son élan universel,
Et puis d’écrire un article de magazine
Sur les proportions du cosmos.
Au gouffre de mon ventre,
J’ai réduit de force l’infini,
Puis prouvé par mille raisons
Qu’étaient finis monde et temps.
L’homme n’est pas la noble image
De la divinité.
Moi-même de jour en jour plus alambiqué
[...]
C’est à l’instar de mon caractère natif
Que je m’imagine aussi Dieu.
Je fus réveillé de rêves pesants
Par un sourd tintement de cloches.
(Friedrich Nietsche)
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