
Il prit la pierre,
Le silence en était lourd.
L’enfant la déposa. Le secret
Veilla au bord du chemin.
Puis les feuilles
Firent de l’ombre.
(Mohammed Dib)
Publié par arbrealettres le 28 mai 2011

Il prit la pierre,
Le silence en était lourd.
L’enfant la déposa. Le secret
Veilla au bord du chemin.
Puis les feuilles
Firent de l’ombre.
(Mohammed Dib)
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Publié par arbrealettres le 28 mai 2011

Aucun temple au dieu ne suffit,
aucun ne le contient.
Devenu air,
devenu pierre,
il pince d’étranges fibres sur mon coeur.
(Elsa Cross)
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Publié par arbrealettres le 28 mai 2011

Le malheur m’a appris la chose la plus belle,
ce que le coeur apprend auprès des roses rouges:
qui attend quelque chose ne peut rien recevoir,
puique la beauté vient quand on ne l’attend pas.
Le ciel exige tout de ceux qui sont parfaits,
les anges sont plus beaux que tout ce qu’on peut voir,
la beauté de la nuit est notre seul espoir,
la pourpre de l’aurore n’est pas celle du soir
et la beauté n’est pas ce qu’il y a de plus beau.
Le malheur m’a aimée si intelligemment:
la beauté permettait aux roses de s’ouvrir,
la violette avouait son faible pour le ciel,
comme si le malheur n’avait pas existé.
(Lydie Dattas)
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Publié par arbrealettres le 28 mai 2011

La rouille me tapisse,
mon coeur m’échappe,
j’attend la sortie de l’Ange
et cette peau qui restera,
que j’aimerai
comme un tombeau de caresses,
cette peau, parole et sable
du monde.
(Richard Rognet)
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Publié par arbrealettres le 28 mai 2011

La douceur m’a forcée à aimer la beauté,
la terrible beauté que chérissent les anges
et cette nuit présente au fond de la beauté.
La nuit reconnaissait à peine mon visage,
le lilas blanc avait la couleur de la nuit
lorsque la vérité a remarqué mon coeur.
La beauté me pressait de lui appartenir:
mon âme résistait de toute sa douceur.
La beauté de la nuit épaulait mon chagrin,
les étoiles souffraient en même temps que moi.
Ma souffrance attirait le vrai regard de Dieu,
le dieu qui m’a aimée si cruellement fort.
Le malheur éclairait entièrement mon coeur
lorque mon coeur enfin a vu venir le jour.
La nuit si purement s’est retirée de moi:
les anges ont changé ma tristesse en bonheur,
et j’ai été heureuse en dépit du bonheur.
(Lydie Dattas)
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Publié par arbrealettres le 28 mai 2011

Le sang m’a délaissé,
j’ai refermé le coeur,
l’âpre tourment.
Oubliez-moi,
vous qui passez,
belles, et de vos robes
éventez l’or du soir
avant la nuit cruelle.
Et ne gardez entre vos mains,
comme une rose et transparente flamme,
que les mots assemblés
par l’autre amour,
dans la grâce et le feu.
Innocentes,
protégez-les
de ces vents noirs qui rôdent
et du souffle de l’ogre.
Et que par vous,
en vous,
chastes, perdure,
un enfant de lumière.
(Jean Joubert)
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Publié par arbrealettres le 28 mai 2011

Vint le soir
ses colchiques
ses rampes mauves
au coeur des villes
Les filles étaient nues
Il volait au ras du goudron
des rubans gras
Les garçons sentaient l’enfant chaud
Par la porte ouverte des pubs
glissait une musique de papier froissé
La nuit métallisait les arbres
Il avançait en larmes
pensait
ne pensait à rien
tentait de marcher aveugle
passait inaperçu
plus ténu que le pétale
d’une fleur encore éclose.
(Bernard Delvaille)
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Publié par arbrealettres le 28 mai 2011

la toison à sommeil
dilapidée en membres
et douce et proche
l’haleine à découvert
où s’alimente la braise
où se libère l’oubli
les hasards tirés d’elle
et couvant les eaux
ce coeur incendiaire
ce besoin de secours
qui l’ouvre en archipels
l’efface en bercements
(Mohammed Dib)
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Publié par arbrealettres le 28 mai 2011

Si vieux que me voici
Je m’aime dans la femme
Le coeur à l’infini
Les yeux dans les étoiles
L’amour me fait une âme.
(Charles Le Quintrec)
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Publié par arbrealettres le 28 mai 2011

Si tu veux me voir blanc
quand il fait noir,
entendre oui
quand je dis non,
si t’en as marre
de mes mots vides,
de ma gueule d’enterrement,
de ma cuirasse d’indifférence,
si tu veux,
regarde de l’autre côté du miroir:
il y a un coeur d’ami.
(anonyme)
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