Archive pour juin 2011
Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

Sous le foisonnement des arbres
je quête le silence des feuilles
Parmi le bavardage
vertige cherche
vocabulaire
de vérités toutes nues
Prise tout entière
dans les filets de l’instant
rompre le désanchantement
Un baiser la fit sursauter
demi-tour vers la réalité
Il pose l’annulaire sur ses prunelles
elle murmure te voilà enfin!
(Claudine Bertrand)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

Elle avance
et voit palpiter l’air autour,
caresse qui la suit à pas de loup
Elle avance, avance
et sent que c’est un de ces jours
où tout s’enlace:
les regards, le vent, l’instant
ce qu’elle désire et ce qui l’attend
elle avance, avance, avance
laisse sa trace
de parfum, de lumière, de silence doux
c’est un frisson, une joie dense
et la voilà qui court.
(Carole Zalberg)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

Les nuages, aussi longs que des dimanches,
passent comme un vol de baleines blanches.
(Henri-Frédéric Blanc)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

lorsque l’horizon saigne
et crache son feu
la main du silence caresse
le vide où meurt le sable
et l’oiseau éphémère
qu’on retient par les ailes
se souvient du ciel bleu
(Martin Laquet)
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Publié par arbrealettres le 28 juin 2011

c’est ton visage
que j’écris
depuis tant et tant de mondes
j’hésite la vie
la lèvre
retient de dire
mais je sais
j’entends
c’est du loin de loin
ton nom nos noms qui sont toutes
les formes de toutes les vies
(Henri Meschonnic)
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Publié par arbrealettres le 28 juin 2011

Guetteur des nombres
au sémaphore du ciel
(Michel Deguy)
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Publié par arbrealettres le 28 juin 2011

Du jour qui va s’éteindre la lumière
a la déchirante beauté d’un être
aimé dont le sourire au loin s’efface.
Je n’ai plus les mots ni le chant hélas
en réponse à ce foudroyant silence
du monde aux rives déjà de l’absence
pour que de la blessure puisse naître
avec la vie fuyante une alliance
ultime de paix et d’oubli.
(Georges-Emmanuel Clancier)
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Publié par arbrealettres le 28 juin 2011

Sur le fin taillis des ramilles
à contre-jour du ciel d’hiver
longtemps l’oiseau en silhouette
noire surveillait l’horizon.
Te voyait-il à ta lucarne
vieil homme incertain de lui-même
entre lassitude et bonheur
d’un oeil inquiet le contemplant?
De l’oiseau corneille ou corbeau
guetteur à la cime des branches,
du rêveur perdu dans la neige
de l’âge et des pensées frileuses
lequel des deux inventait l’autre
lequel à la vie démentielle,
somptueuse, éparse en l’univers,
serait messager du futur?
(Georges-Emmanuel Clancier)
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Publié par arbrealettres le 28 juin 2011

Comment échapper au somnambulisme
D’une souffrance qui, sans répit, nous tance
Nous tient à un voir sans voir
Faux cristal à fendre telle une eau
Pour retrouver le sans éclat
Seule, la contrainte, de l’intérieur
Qui s’allume, s’éteint, puis
S’allume pour s’éteindre.
Le deuil ne finit pas
Nos constructions d’images profondes chancellent
Au-dessus des douleurs profondes
Pas de froid qui morde, ni de vent du nord
Que la difficile joie d’une lumière
Qu’une transparence secrète
Pour être ici autant que là
Mélange.
N’être que fidèle au fond obscur
Malgré mon attention toujours insuffisante
A ce qui sourd et se compose dans l’épaisseur
Centre qui se présente
Comme à la périphérie oculaire
Le regard orgueilleux de sa prise
Défait sans cesse.
La peine de l’exil est si vraie
Mais les larmes sont d’un grotesque théâtre
Ce qui est prison, est éclatement
Ce qui est danger, est liberté
Tu trouveras rien,
Ce rien qui aura épuisé.
Ta soif ne sera que grondement sourd.
A ce silence, tu auras donné ton silence qui,
Dans ton absence, est encore ce que tu m’as laissé
Dans une approche d’une abrupte douceur
Quelque chose qui dit oui.
(Isabelle Courteau)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 28 juin 2011
Tu es apparue où il n’y avait personne
Ton visage fragmente l’absence et toute réponse
est un effort de ton âme pour ajouter
à la clarté ininterrompue de ta voix
une densité semblable aux encres premières
qui ont supporté jusqu’à cet aurore
de prendre tout le silence des chambres inutiles
et construire à partir d’un luueur
un désir redevenu incontournable
Dans la fluide lumière de ta présence
ta peau plus nue que la joie de te trouver
si grave si légère
indéniable irraison du don
dans les cérémonies du simple
Je n’ai pas d’éternité
tu sais
je n’ai plus de patience
Soupèse le poids de mon corps
sur ton propre désir
L’essentiel
en peu de mots
grandir
par un acte inimaginable
d’intimité
(Dominique Lauzon)
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