
Tout à l’heure la voix du chien était une voix d’homme.
Il s’est vite repris et a aboyé.
(Guy Chambelland)
Publié par arbrealettres le 27 juin 2011

Tout à l’heure la voix du chien était une voix d’homme.
Il s’est vite repris et a aboyé.
(Guy Chambelland)
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Publié par arbrealettres le 27 juin 2011

premiers frissons de l’aube
tu vas à la rencontre des oiseaux
le rouge-gorge
le rouge-queue
dame merlette qui picore les lombrics
les roucoulades des tourterelles
sur les toits de tuiles roses
sans oublier
l’oiseau invisible
l’oiseau sans nom
dont on n’aperçoit jamais
que la branche qui tremble
(Thierry Cazals)
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Publié par arbrealettres le 27 juin 2011

Cette neige,
nous l’aimions,
elle n’avait pas de chemin,
elle découvrait notre faim.
(René Char)
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Publié par arbrealettres le 27 juin 2011

Le jardinier invalide sourit
Au souvenir de ses outils perdus.
Au bois mort qui se multiplie.
(René Char)
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Publié par arbrealettres le 27 juin 2011

Si vous saviez ce qu’il y a
Dans l’oeil sans fond d’un petit chat,
Qu’il soit jaune, vert ou lilas
Vrai, vous n’en reviendrez pas!
On y voit des oiseaux de lune,
Des palais de laine et de lait,
Le Sphinx émergeant de ses lunes,
Et des ballets ultra-violets.
Sur des bassins d’une eau sans rides
S’épanouit la fleur de lotus
Tandis qu’une main transluscide
Peint des soleils sur papyrus.
Tout l’univers est reflété
Dans cette goutte de lumière
Qui ouvre sur l’éternité
Ainsi qu’un hublot sur la mer.
(Marc Alyn)
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Publié par arbrealettres le 27 juin 2011

tu n’attends jamais
que la toupie ait fini de tournoyer
tu stoppes net
son élan
d’un coup de patte
comme si tu ne supportais pas
d’être tenu trop longtemps
à l’écart
du mouvement
(Thierry Cazals)

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Publié par arbrealettres le 27 juin 2011

Ah! le voyage,
Petite source.
(René Char)
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Publié par arbrealettres le 27 juin 2011

Une rigole de lait
sur ton menton
et te voilà
clown désopilant
général de l’armée des giboulées
ou même
quand le lait suit
le cours parfait du hasard
très-très-vieux-sage-chinois
(Thierry Cazals)
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Publié par arbrealettres le 27 juin 2011

Poème de l’Immortelle
Certains rêvent du chemin des nuages. Il n’en existe nulle trace.
Il passe sur les hauts pics escarpés, sur les torrents aux dragons issants.
L’herbe verdoie ici et là.
Le soleil parcourt le ciel d’Est en Ouest et bien au-delà.
Vous vouliez connaître le chemin des nuages ?
C’est partout dans l’espace.
Les hommes naissent aujourd’hui pour, tôt ou tard, mourir.
Hier, moins de trente ans, souffle puissant, muscles vigoureux,
Les voilà, plus de soixante-dix ans, épuisés de douleurs et de chagrin.
Comme la fleur de printemps, épanouie à l’aurore,
Flétrie au crépuscule.
On voudrait suivre le Tao. Le Tao s’obtient par soi-même :
Clore la porte aux visites importunes, être prêt à accueillir les génies,
Approfondir les secrets subtils à la lueur de la lune,
Scruter les raisons profondes jusqu’à l’aube.
Dix mille fois on en perd la trace.
Ainsi on parvient au Tao.
Je ris de tout le passé. Je ris tout autant de l’avenir.
Rions ensemble, sans jamais nous arrêter,
Jusqu’aux confins de l’Est, jusqu’à l’extrémité de l’Ouest.
(Lan Cai He)
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Publié par arbrealettres le 27 juin 2011

Si j’étais le Zéphyre ailé
J’irais mourir sur votre bouche.
Ces voiles, j’en aurais la clé
Si j’étais le Zéphyre ailé.
Près des seins pour qui je brûlai
Je me glisserais dans la couche.
Si j’étais le Zéphyre ailé
J’irais mourir sur votre bouche.
(Banville)
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