Archive pour juin 2011
Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

“J’ai entendu parler l’Orgue, parfois -
Dans une Nef de Cathédrale,
Je n’en saisissais aucune parole -
Mais retenais mon souffle -
Et me suis levée – et en allée
Plus Bernadine -
Ne sais pourtant ce qui m’advint
Dans cette Nef antique”
(Emily Dickinson)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

Les étoiles fuient
immobilement dans la nuit.
(Henri-Frédéric Blanc)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

Une jeune guenon cueillit
Une noix dans sa coque verte;
Elle y porte la dent, fait la grimace… “Ah ! certes,
Dit-elle, ma mère mentit
Quand elle m’assura que les noix étaient bonnes.
Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes
Qui trompent la jeunesse ! Au diable soit le fruit!”
Elle jette la noix. Un singe la ramasse,
Vite entre deux cailloux la casse,
L’épluche, la mange, et lui dit :
“Votre mère eut raison, ma mie,
Les noix ont fort bon goût, mais il faut les ouvrir.
Souvenez-vous que dans la vie,
Sans un peu de travail, on n’a point de plaisir.”
(Jean-Pierre Claris de Florian)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

Ces paroles maladroites dans la lumière de fin
D’après-midi, et l’horizon maître des orages!
Elle ne regarde que le bleu puis appelle
Sourdement: que voyez-vous dans ses yeux
Qui ne voient pas? cette douce présence
Et la chair bouleversée, le grain magnifique
De la voix, le bruit léger des vêtements
Qu’on froisse. Lui déjà sur la rive
Comme au matin des agonies, respirant.
Elle étonna même les fleurs partout
Répandues, éprise d’insolubles énigmes,
Défaite, “écoutez-moi qui passe” dit-elle
Voix oscillante, voix faible et froide.
(Lionel Ray)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

Oubliés sur l’établi
le copeau ajouré
et l’insecte attentif
parcelles d’éternité
Dehors
un souffle neuf
pour le devenir
(Yves Broussard)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

Poésie, tu t’éloignes sans apparence de douleur,
cela fait longtemps déjà.
Mais les arbres et les routes sont toujours là,
Les maisons résistent, les matins réapparaissent
Avec la liberté sans déchirure des vents,
La suave pluie, les baisers de rencontre,
Et nul n’ignore que le passé est un brouillard,
Une ville aux portes toutes fermées,
Ainsi les voix que nous aimions sont à jamais
Glacées, captives de l’ombre et de l’opacité,
Sauf un enfant peut-être qui aura perdu le sommeil
Et qui regarde
l’éblouissante nuit.
(Lionel Ray)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

Face à la beauté désespérée du monde
se taire, se taire obstinément…
(Bernard Mazo)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

La voix
n’est pas la voix
seulement l’oreille du silence
la mémoire
qui chuchote
dans l’évidence du silence…
(Bernard Mazo)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

Juste devant moi
impérieux
l’oiseau strie l’espace
Capte mon regard
l’emporte au loin
vers l’autre rive
Ne me le rend pas
(Claude Pujade-Renaud)
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Publié par arbrealettres le 29 juin 2011

La langue amoureuse panse
se déplace se dépense
et s’affaisse dans le réel
avant de se dénouer
Sur vos prunelles
au goût de vent
et de fruits
elle se referme
La chevelure grand jeu
s’étale à l’air grand soir
Des minutes les plus exaltées
la femme échappe aux limites
Une chair en extase
comble une main tendue
(Claudine Bertrand)
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