Archive pour juillet 2011
Publié par arbrealettres le 19 juillet 2011
Le jour où elle se coucha pour la dernière fois
Reposant sa tête sur mon giron
Elle ne pouvait supporter la douleur dans sa poitrine
Elle délia le noeud de sa blouse
Laissa apparaître ses seins
Ses têtons étaient bleu foncés
Comme jadis
Moi et huit ou neuf de mes frères et soeurs
S’étaient nourris à ces seins
(Yi Pyông-Ki)
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Publié par arbrealettres le 18 juillet 2011
Ô mon âme,
sors! Dieu, entre!
Sombre tout mon être
en Dieu qui est non-être,
sombre en ce fleuve sans fond!
Si je te fuis,
Tu viens à moi.
Si je me perds,
Toi, je Te trouve,
Ô Bien suressentiel!
***
Ô sêle mîn
genk ûz, got în!
sink al mîn icht
in gotis nicht,
sink in dî grundelôze vlût!
vlî ich von dir,
du kumst zu mir.
vorlîs ich mich,
sô vind ich dich,
ô uberweselîches gût!
(Maître Eckart)
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Publié par arbrealettres le 18 juillet 2011
Deviens tel un enfant,
rends-toi sourd et aveugle!
Tout ton être
doit devenir néant,
dépasse tout être et tout néant!
Laisse le lieu, laisse le temps,
et les images également!
Si tu vas par aucune voie
sur le sentier étroit,
tu parviendras jusqu’à l’empreinte du désert.
***
Wirt als ein kint
wirt toup, wirt blint!
dîn selbes icht
mûz werden nicht,
al icht, al nicht trîb uber hôr!
lâ stat, lâ zît,
ouch bilde mît!
genk âne wek
den smalen stek,
sô kums du an der wûste spôr.
(Maître Eckart)
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Publié par arbrealettres le 18 juillet 2011
C’est lumière, c’est clarté
c’est la ténèbre,
c’est innommé,
c’est ignoré,
libéré du début ainsi que de la fin,
Cela gît paisiblement,
tout nu, sans vêtement.
Qui connaît sa maison,
ah! qu’il en sorte!
et nous dise sa forme.
***
Us licht, us clâr,
us winster gâr,
us unbenant
us unbekant,
beginnes und ouch endes vrî,
us stille stât,
blôs âne wât.
wer weiz sîn hûs?
der gê her ûz
und sage uns, welich sîn forme sî.
(Maître Eckart)
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Publié par arbrealettres le 18 juillet 2011
Ce point est la montagne
à gravir sans agir
Intelligence!
Le chemin t’emmène
au merveilleux désert,
au large, au loin,
sans limite il s’étend.
Le désert n’a
ni lieu ni temps,
il a sa propre guise.
Ce désert est le Bien
par aucun pied foulé,
le sens créé
jamais n’y est allé:
Cela est; mais personne ne sait quoi.
C’est ici et c’est là,
c’est loin et c’est près,
c’est profond et c’est haut,
c’est donc ainsi
que ce n’est ça ni ci.
***
Des puntez berk
stîg âne werk,
vorstenlichkeit!
der wek dich treit
in eine wûste wunderlîch,
die breît, di wît,
unmêzik lît.
dî wûste bat
noch zît noch stat,
ir wîse dî ist sunderlîch.
Daz wûste gût
nî vûz durch wût,
geschaffen sin
quam nî dâ hin:
us ist und weis doch nimant was.
us hî, us dâ
us verre, us nâ
us tîf, us hô
us ist alsô,
daz us ist weder diz noch daz.
(Maître Eckart)
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Publié par arbrealettres le 18 juillet 2011
L’anneau merveilleux
est jaillissement,
son point reste immobile.
***
der wunder rink
ist ein gesprink,
gâr unbewegit stêt sîn punt.
(Maître Eckart)
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Publié par arbrealettres le 18 juillet 2011
Dans la cour mais quel silence
pour qui revient, le visage tiré par le vent,
de la montagne radieuse!
(André Durand)
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Publié par arbrealettres le 18 juillet 2011
Le papillon, fenêtre ouverte,
heurte du front
à l’invisible chambre
(André Durand)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 18 juillet 2011
Il s’est posté sur la plus haute feuille
pour en toiser le monde:
il est à peine plus gros qu’un insecte,
ses ailes dont il se grise laissent encore
passer du jour, son jaune est frais sorti de l’oeuf:
regardons-le avant qu’il ne ressemble à tout.
(André Durand)
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Publié par arbrealettres le 18 juillet 2011
Le poème est l’amour réalisé
du désir
demeuré désir
(René Char)
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