Arbrealettres

Poésie

Archive pour juillet 2011

La mémoire du temps (Jorge Luis Borges)

Publié par arbrealettres le 16 juillet 2011

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La mémoire du temps
est pleine d’épées et de navires
et de poussières d’empires
et de rumeurs d’hexamètres
et de grands chevaux de guerre
et de clameurs et de Shakespeare.
Moi je veux me rappeler ce baiser
que tu me donnais en Islande.

(Jorge Luis Borges)

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Je ne sais rien en vérité (Léon Gontran Damas)

Publié par arbrealettres le 16 juillet 2011


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Je ne savais rien en vérité
rien de plus triste
de plus odieux
de plus affreux
de plus lugubre au monde
que d’entendre l’amour
à longueur de journée
se répétant à messe basse

Il était une fois
une femme vint à passer
dont les bras étaient chargés de roses

(Léon Gontran Damas)

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3 Novembre (Richard Brautigan)

Publié par arbrealettres le 16 juillet 2011

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Me voilà assis dans un café
en train de boire un coca.
Une mouche s’est endormie
sur la serviette en papier.
Il faut que je la réveille
pour essuyer mes lunettes.
Il y a une jolie fille
que j’ai envie de regarder.

(Richard Brautigan)

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Si vous croyez (Alfred de Musset)

Publié par arbrealettres le 16 juillet 2011

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Si vous croyez que je vais dire
Qui j’ose aimer,
Je ne saurais, pour un empire,
Vous la nommer.

Nous allons chanter à la ronde,
Si vous voulez,
Que je l’adore et qu’elle est blonde
Comme les blés.

Je fais ce que sa fantaisie
Veut m’ordonner,
Et je puis, s’il lui faut ma vie,
La lui donner.

Du mal qu’une amour ignorée
Nous fait souffrir,
J’en porte l’âme déchirée
Jusqu’à mourir.

Mais j’aime trop pour que je die
Qui j’ose aimer,
Et je veux mourir pour ma mie
Sans la nommer.

(Alfred de Musset)

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La fenêtre (Daniel Boulanger)

Publié par arbrealettres le 16 juillet 2011

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une femme y danse nue chaque matin
elle sait qu’un petit homme
traverse la ville pour la surprendre
de derrière un arbre du boulevard
il ressemble à tout le monde
en plus discret
quand elle juge qu’elle a fait son devoir
elle passe à l’étage fermé
et le regarde s’éloigner à travers les persiennes
heureuse pour la journée
et libre s’il le fallait d’accomplir un meurtre

(Daniel Boulanger)

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L’Ami (Daniel Boulanger)

Publié par arbrealettres le 16 juillet 2011


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dès qu’il paraît
ma chambre est un navire
mes fleurs l’écume au large
et ma tête la cale où le fruit des vergers
nous offre de quoi vivre
pour toute traversée

(Daniel Boulanger)

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Dans – un délaissement – secondes – les roses – (Mathieu Bénézet)

Publié par arbrealettres le 16 juillet 2011



dans – un délaissement -
secondes – les roses -

de mourir – imprégnées – de pluie -
humaine – âme -

sur toute femme – ô pleurer -
à nos ceintures – sont passées -

des fleurs – et les mots -
se soulèvent – d’un rêve -

(Mathieu Bénézet)

 

 

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Te rencontrer (Mathieu Bénézet)

Publié par arbrealettres le 16 juillet 2011



Te rencontrer
- doux intérieur
approché

(Mathieu Bénézet)

Illustration

 

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Confuse et timide (Bilhana)

Publié par arbrealettres le 16 juillet 2011



Encore aujourd’hui
Il me souvient
Des cent propos mensongers et flatteurs murmurés par ma
Bien-aimée
Dans la langueur et dans le trouble du plaisir -
Aimables et indistinctes paroles que chuchotait une voix
Confuse et timide.

(Bilhana)

Illustration: Lucien Levy Dhurmer

 

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Mon coeur se souvient (Bilhana)

Publié par arbrealettres le 16 juillet 2011



Encore aujourd’hui
Mon coeur se souvient,
Comme je me cachais près de sa porte,
De son regard fixé sur mon chemin,
De son visage que sa main supportait,
De sa douce voix mélodieuse invoquant mon nom,
De son coeur qui semblait cheminer à mes côtés.

(Bilhana)

Illustration: Marie-Pierre Kuhn

 

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