Archive pour août 2011
Je suis assez ébloui pour y croire (Paul Eluard)
Publié par arbrealettres le 26 août 2011
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Très doux très fort (Paul Eluard)
Publié par arbrealettres le 26 août 2011
Qui regarde vraiment la femme est sans empreintes
Son ombre est sur la terre comme un coeur sans corpsTrès doux très fort hors de la mort son coeur s’aère.
(Paul Eluard)
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L’hiver (Paul Eluard)
Publié par arbrealettres le 26 août 2011
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Ô sentimentale! (Paul Eluard)
Publié par arbrealettres le 26 août 2011
Il n’y a pas la première pierre
de cette maison dont tu rêvais.
Pourtant la première poussière
ne s’est jamais posée
sur les palais que nous soutenions.
Ils avaient des fenêtres doubles,
pour nous deux,
des lumières constantes
et des nuits immenses,
ô sentimentale!
(Paul Eluard)
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Et qui donc pense à ton visage? (Paul Eluard)
Publié par arbrealettres le 26 août 2011
Toutes les larmes sans raison
Toute la nuit dans ton miroir
La vie du plancher au plafond
Tu doutes de la terre et de ta tête
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d’ici
Et de l’espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible.
Et qui donc pense à ton visage?
(Paul Eluard)
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Grand monde (Carlos Drummond de Andrade)
Publié par arbrealettres le 26 août 2011
Grand monde
Non, mon coeur n’est pas plus grand que le monde.
Il est bien plus petit.
En lui pas même ne tiennent mes douleurs.
C’est pourquoi j’aime tant à me raconter.
C’est pourquoi je me déshabille,
c’est pourquoi je me crie,
c’est pourquoi je fréquente les journaux, je m’expose crûment dans les librairies
j’ai besoin de tous.
[...]
Jadis j’ai entendu les anges,
les sonates, les poèmes, les confessions pathétiques.
Jamais je n’ai entendu voix humaine.
En vérité je suis fort pauvre.
Jadis j’ai voyagé
en des pays imaginaires, faciles à habiter,
des îles sans problèmes, épuisantes pourtant et conviant au suicide.
Mes amis sont partis pour les îles.
Les îles perdent l’homme.
Quelques uns pourtant en ont réchappé et
ont rapporté la nouvelle
que le monde, le grand monde grandit de jour en jour,
entre le feu et l’amour.
Alors mon coeur aussi peut grandir.
Entre l’amour et le feu,
entre la vie et le feu,
mon coeur grandit de dix mètres et explose.
- Ô vie future! nous te créerons.
(Carlos Drummond de Andrade)
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Pardon! (Hölderlin)
Publié par arbrealettres le 26 août 2011
Etre sacré! souvent je l’ai troublé
Le repos d’or des dieux en toi, et par ma faute
Au plus secret, plus profond de la vie
Tu as appris mainte douleur.
Oublie, oh! oublie-le! et pareil au nuage
Là-bas, devant la pacifique lune, je m’en irai
Et tu reposeras, resplendissante encore
Dans ta beauté, ô suave lumière!
(Hölderlin)
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Je lève mon cœur lourd solennellement (Elizabeth Browning)
Publié par arbrealettres le 26 août 2011
Je lève mon cœur lourd solennellement,
Comme Electre son urne sépulcrale,
Et, regardant dans tes yeux, je renverse
Les cendres à tes pieds. Vois, sois témoin
De la peine secrète amassée en moi,
Et comme les sauvages étincelles rougissent
La couleur des cendres. Si ton pied méprisant
Pouvait les refouler dans les ténèbres
Ce serait bien, peut-être. Au contraire si
Tu attends près de moi que le vent souffle
Cette poudre grise, … ces lauriers sur ta tête,
Ô mon aimé, ne te préserveront
Pas si bien que nul feu ne puisse roussir
Tes cheveux. Eloigne-toi donc de moi. Va.
(Elizabeth Browning)
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LE RENARD (Jean Follain)
Publié par arbrealettres le 25 août 2011

LE RENARD
Dans nos nuits parfois rôde un renard
qui sur la terre dormante
cherche un vivre hasardeux
frôlant la feuille sucrée
et d’un long rêve de rapines
d’enfance et de honte
empli pourtant des mystères du pain chaud
et du feu ardent des chaumières
l’on s’éveille la gorge altérée.
(Jean Follain)
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LE CHANT DU DRAGON (Jean Follain)
Publié par arbrealettres le 25 août 2011

LE CHANT DU DRAGON
Guêtres de cuir noir aux jambes fines
de ce garçon
ragoût amer
que laissèrent brûler, ô femme, vos mains blanches
et qu’il mange
avec une fourchette d’étain
au milieu des lueurs éternelles
et l’on voit remuer ses longs cils
l’on voit ses boutons blancs
lutter contre la nuit
puis l’on entend sa toux songeuse
qui se mêle aux abois
de grands chiens aux poils violacés
leurs gueules vers les étoiles.
C’est alors que dragon du convoi
il se lève et va vers les autres
assis sur les puits
et seul il entonne la romance qui monte
et fait sous le large ciel vert
trembler les rats dans leur royaume.
(Jean Follain)
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