Arbrealettres

Poésie

Archive pour août 2011

Le sentiment d’une solitude déchirante (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 20 août 2011

Le sentiment d’une solitude déchirante
et d’une certaine incommunicabilité du monde
était parfois donné par la vue d’une brouette vide
vide encore chaude de la fumure transportée.
Le jardinier s’en était allé boire:
il se pouvait qu’il ne revînt jamais.
Je me disais que je lui avais quelques fois parlé.
A bien réfléchir, il se pouvait que je lui aie dit cent mots.

Les oiseaux passaient à tire-d’aile, les horloges sonnaient
et les ombres s’allongeaient sur le sol blanc.

Le jardinier n’était pas mort, il n’avait eu qu’une attaque.
Il ne parlerait plus et resterait sur un banc
devant sa porte et des mouches en pleine vie
marcheraient dans ses mains sur lesquelles tremblerait
l’ombre dentelée des feuilles pacifiques.

(Jean Follain)

Illustration

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

En sa quête de Dieu (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 20 août 2011

En sa quête de Dieu
L’homme ne trouva
Qu’une clef sous la neige.

(Jean Follain)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , | 1 commentaire »

L’évidence du monde (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 20 août 2011

L’évidence du monde
celle qui nuit et jour
taraude et blesse à l’âme
dans le bruit, le silence.

(Jean Follain)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

Natures mortes (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 20 août 2011


 

Le sel dans la cupule en buis
gardait le secret des cristaux
une sombre robe
et de soleil gorgée
conservait un suc léger
d’avoir frôlé les fleurs
une boucle d’or avait fait sur la jambe
ailleurs intacte
une sculpture infime,
l’orage grondait
chaque chose pourtant veillait et travaillait
pour sauver son éternité.

(Jean Follain)

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

Apparition de la vieille (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 20 août 2011

 

L’escalier craquait sous son pas
son dos ployait
sous la ramée.
C’était la vieillarde ridée
des contes de veillée
à la chaumière intacte.
Parfois elle revient dans la nuit de nos coeurs
couchés dans une ville ardente
son pain a la couleur des siècles
ses escabeaux et ses écuelles
forment le mobilier que gardent
les fins greniers
de nos mémoires.

(Jean Follain)

Illustration

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Commentaires »

Dilacérable (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 20 août 2011

La femme regarde sans voix
l’étoffe que crut solide
dilacérable
monde pense-t-elle
où rien ne résiste
pourtant on entend chaque soir
au dos le sac
dont s’entrechoquent les outils
celui qui rentre au bout du compte mortifié
tandis que d’une allée
doucement ratissée
monte une odeur de nourriture.

(Jean Follain)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

Epouses du vent (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 20 août 2011

Des gens de là-bas croient
à cette cité sous le Mékong
uniquement composée de femmes
ayant des filles avec un seul époux: le vent.
Elles apprennent pourtant
lettres et nombres.
De la surface
monte un refrain
de jeune apprentie
qui coud au fil noir sans un reste de jour
et mourra de vieillesse.

(Jean Follain)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

Quelque chose (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 20 août 2011

Appelé mangeur de pierre
un petit ver se repaît de l’ardoise
où il se cache
de minute en minute se resserre
l’étau du temps
les bijoux remués font leur bruit
des fourmis habitent une ruine
toujours se passe
quelque chose.

(Jean Follain)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

Demeures de la vie (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 20 août 2011

Le soleil brille sur les camps.
En sa chambre au mur qui s’écaille
projetant une grande ombre
un homme joint ses mains durcies
l’insecte s’essaie
à resplendir comme l’oiseau
la pureté des charbons
de très loin rejoint pourtant
celle du visage et des avants-bras découverts
de la vierge assise
après des travaux accablants.

(Jean Follain)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

Homme et femme (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 20 août 2011

Sous les cumulus du ciel
des bois fument.
Debout il regarde la chaise
sa paille tressée ses barreaux clairs
l’affluence l’entoure
la nuit reste lointaine encore.
Par-delà les vétustes maisons
le regard perdu
seins dressés sous la laine
tombe la jeune femme
sur le chaume rouge des sarrasins.

(Jean Follain)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un Commentaire »

 
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 73 followers