Le courrier, ça chemine.
Des cachettes du sac
la lettre hoche la tête:
J’ai le timbre fêlé
d’avoir tant voyagé!
Et la dame en liseuse
amoureusement songe:
Le désir qui m’anime
est celui qui le ronge.
(Jean-Claude Faucheux)
Publié par arbrealettres le 22 septembre 2011
Le courrier, ça chemine.
Des cachettes du sac
la lettre hoche la tête:
J’ai le timbre fêlé
d’avoir tant voyagé!
Et la dame en liseuse
amoureusement songe:
Le désir qui m’anime
est celui qui le ronge.
(Jean-Claude Faucheux)
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Publié par arbrealettres le 22 septembre 2011
Il taillada les ronces, ramassa la vase grise
Afin de me donner droit de passage dans mes propres drains
Et je me mis à courir pour lui, vive, lavée de ma rouille.
Il fit halte, me vit enfin dévêtue,
Eau claire, insoucieuse en apparence.
Puis il marcha à mes côtés. Là où les fossés se croisent
Près de la rivière, je clapotai et bouillonnai
Jusqu’à ce qu’il enfonce une pelle loin dans mon flanc
Et m’étreigne. J’avalais sa tranchée
Avec gratitude, me répandant par amour
Dans ses racines, remontant dans ses graines cuivrées –
Mais dès qu’il vit la force de mon accueil, moi seule
Pouvais le grandir et lui être miroir subtil.
Il m’explosa si complètement que mon corps perdit
Sa liberté froide. Humaine, touchée par lui.
(Seamus Heaney)
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Publié par arbrealettres le 22 septembre 2011
Quelque convulsion puisse enfiévrer l’air,
désintégrer le sang,
il est toujours très tôt en notre monde.
Trop tôt pour fermer les paupières,
attendre sans bouger la pierre,
le mépris, la balle ou le lance-flamme.
Jamais trop tard pour avancer
vers une fleur, ni pour tendre les lèvres
aux seins, au miel des bras ouverts,
à l’amour soudain évident…
(Armand Monjo)
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Publié par arbrealettres le 22 septembre 2011
Publié dans poésie | Tagué: (Rilke), amour, complète, douceur, espace, essence, excellence, flotter, infiniment, parfum, répandre, rose, suprême, tour | Laisser un Commentaire »
Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

CHEMIN D’ENFANCE
Les étés bleus sont morts mais leurs pavots étincelants
Penchent toujours, au cri des paons, sous ma fenêtre.
Vers le plaisir, j’entends toujours mes pas d’enfant
Les pas tremblants dans les greniers du mal de naître.
(Henry Bauchau)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

CHEMIN D’HÉRACLITE
Midi voit des millions d’étoiles que le soleil m’empêche de voir
Minuit souffle son grain de feu sur ma route Atlantique
Et je m’en vais, chanteur des rues, portant l’enfant soleil
dans mon oreille de sourd et des brassées d’étoiles
dans ma sébile d’aveugle
Feu qui danse entre les abîmes
Vacillante ambiguïté sur un chemin de météores.
(Henry Bauchau)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Je vis le long des jours très lents. Un torrent coule.
Il va du temps à l’autre dimension du coeur
où s’en vont ceux qui ont suivi la profondeur.
Car le fond seul est véritable à notre attente.
(Henry Bauchau)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Nombreux sont ceux qui vivent en nous ;
Si je pense, si je ressens, j’ignore
Qui est celui qui pense, qui ressent.
Je suis seulement le lieu
Où l’on pense, où l’on ressent.
J’ai davantage d’âmes qu’une seule.
Il est plus de moi que moi même.
J’existe cependant
A tous indifférent.
Je les fais taire : Je parle.
Les influx entrecroisés
De ce que je ressens ou ne ressens pas
Polémiquent en celui que je suis.
Je les ignore. Ils ne dictent rien
A celui que je me connais : j’écris.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Equanime, j’attends ce que j’ignore -
Mon futur, le futur de toute chose.
A la fin tout sera silence, fors
Le nul rivage où la mer ne baignera rien.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Heureux celui-là qui dans les choses infimes
A placé son plaisir : nul jour ne lui dénie
Sa part de bonne aventure.
(Fernando Pessoa)
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