
Nous sommes des contes contant des contes,
rien.
(Fernando Pessoa)
Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Nous sommes des contes contant des contes,
rien.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Les dieux, et les Messies qui sont des dieux,
Passent, et les songes vains qui sont d’autres Messies.
Muette la terre perdure.
Ni dieux, ni Messies, ni idées ne me prodiguent
Des roses. Miennes, ces roses, si je les tiens.
Et si je les tiens, que vouloir de plus ?
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Au monde, seul avec moi-même, m’ont laissé
Les dieux qui disposent.
Je ne puis rien contre eux, et ce qu’ils m’ont donné,
Je l’accepte et ne demande plus rien.
Ainsi le blé s’incline sous le vent, qui se dresse
Dès lors que le vent cesse.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Je ne veux point, Chloé, ton amour qui m’opprime
De l’amour qu’il exige de moi. Que je sois libre!
L’espoir est un devoir du sentiment.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Celui qui nous hait ou nous envie n’est pas le seul
À nous borner, nous opprimer ; car celui qui nous aime
Ne nous borne pas moins.
Puissent les dieux me concéder que, dépouillé
Des élans du coeur, je gagne la froide
Liberté des cimes sans rien.
Qui désire peu, obtient tout ; qui ne désire rien
Est libre ; qui ne possède rien et ne désire rien,
Homme, est l’égal des dieux.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Inglorieuse est la vie, inglorieux la connaître.
Combien, s’ils pensent, ne se reconnaissent plus
Tels qu’ils s’étaient connus.
A toute heure pour nous change non l’heure seule
Mais ce que nous croyons à cette heure, et la vie
Passe entre vivre et être.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Parmi les hautes branches d’épaisses frondaisons
Le vent suscite, froide et haute, une rumeur,
Dans cette forêt, dedans ce bruit je me perds
Et je médite solitaire.
Dans ce monde, ainsi, bien plus haut que mes sensations,
Un vent suscite la vie, et la laisse, et la prend,
Et plus rien n’a de sens — pas même l’âme
En qui solitaire je pense.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Lente, repose l’onde laissée par la marée.
Alourdie s’abandonne. Tout est plus que tranquille.
On n’entend plus que ce qui vient des hommes
Lors croît la montée de la lune.
En cette heure, Lydia, ou Néaere, ou Chloé,
Chacune de vous m’est une étrangère, car je m’incline
Sur le seul vain secret
Que dit l’incertitude.
Je serre dans mes mains — est-ce un crâne, ou la clef
D’un superflu sépulcre ? — ma pauvre destinée.
Ignorant je l’abhorre
Sans coeur pour la sentir.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

Ici, dites-vous, dans cette sépulture dont je m’approche,
N’est pas qui j’ai aimé. Ni regard, ni sourire ne se cachent
Dans ce repli de terre.
Ah, mais ici, des yeux, une bouche se cachent !
J’ai serré des mains, non une âme, elles gisent ici.
Homme, je pleure un corps !
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 21 septembre 2011

L’abeille qui, toute à son vol, tremble aux abords
De la fleur colorée, puis se pose, quasi
Confondue avec elle
Pour l’oeil qui regarde sans voir,
N’a pas changé depuis Cécrops. Celui-là seul
Dont la vie est dotée d’un être connaissable
Vient à vieillir, distinct
De l’espèce dont procède sa vie.
Elle est la même, elle, qu’une autre qui n’est pas
Elle. Nous seuls — ô temps, ô âme, ô vie, ô mort ! —
Au prix de la mort nous payons
Notre vie plus vie que la vie.
(Fernando Pessoa)
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