
Le miroir réfléchit juste ; il ne se trompe pas parce qu’il ne pense pas.
Penser est par essence se tromper.
Se tromper est par essence être aveugle et sourd.
(Fernando Pessoa)
Publié par arbrealettres le 19 septembre 2011

Le miroir réfléchit juste ; il ne se trompe pas parce qu’il ne pense pas.
Penser est par essence se tromper.
Se tromper est par essence être aveugle et sourd.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2011

L’Univers n’est pas une idée pour moi.
C’est mon idée de l’Univers qui est une idée pour moi.
La nuit ne se fait pas nuit à travers mes yeux,
C’est mon idée de la nuit qui se fait nuit à travers mes yeux.
En dehors de moi, et que je pense ou qu’il existe de la pensée,
La nuit se fait nuit concrètement
Et la lueur des étoiles existe tout autant que si elle avait du poids.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2011

Nuit de la Saint-Jean par-delà le mur de mon jardin.
De ce côté-ci, moi sans nuit de la Saint-Jean.
Parce que Saint-Jean il y a là où on le fête.
Pour moi il y a l’ombre d’une lueur de feux dans la nuit,
Un bruit lointain d’éclats de rire, le choc étouffé des sauts,
Et la clameur fortuite de qui ne sait pas que j’existe.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2011

Un éclat de rire de jeune fille retentit dans l’air du chemin.
Elle a ri des propos de quelqu’un que je ne vois pas.
Je me souviens sur-le-champ d’avoir entendu.
Mais si l’on me parle maintenant de l’éclat de rire d’une fille du chemin,
Je dirai : non, les montagnes, les terres sous le soleil, le soleil, ici la maison,
Et moi qui n’entends que le sourd bruissement du sang qui bat dans ma vie des deux côtés de ma tête.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2011

Vérité, mensonge, certitude, incertitude…
Cet aveugle là-bas sur la route lui aussi connaît ces mots.
Je suis assis sur une marche haute et j’ai les mains jointes
Sur le plus haut de mes genoux croisés.
Bon : vérité, mensonge, certitude, incertitude, qu’est-ce donc ?
L’aveugle s’arrête sur la route,
J’ai tiré les mains de mon genou.
Vérité, mensonge, certitude, incertitude, tout est pareil ?
Quelque chose a changé dans une partie de la réalité — mes genoux et mes mains.
Quelle est la science qui a réponse à ça ?
L’aveugle poursuit son chemin et je ne fais plus de gestes.
Ce n’est déjà plus la même heure, ni les mêmes gens, ni rien de pareil.
Être réel, c’est ça.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2011

Après avoir dormi
je me réveille.
Ouf!
(Anne Tardy)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2011
Mon bras pressait ta taille frêle
Et souple comme le roseau:
Ton sein palpitait comme l’aile
D’un jeune oiseau.
Longtemps muets, nous contemplâmes
Le ciel où s’éteignait le jour.
Que se passait-il dans nos âmes?
Amour! Amour!
Comme un ange qui se dévoile,
Tu me regardais, dans la nuit,
Avec ton beau regard d’étoile,
Qui m’éblouit.
(Victor Hugo)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2011
Un soir que je regardais le ciel…
Elle me dit, un soir, en souriant:
- Ami, pourquoi contemplez-vous sans cesse
le jour qui fuit, ou l’ombre qui s’abaisse,
Ou l’astre d’or qui monte à l’orient?
Que font vos yeux là-haut? je les réclame.
Quittez le ciel; regardez dans mon âme!
(Victor Hugo)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2011
Si vous n’avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi?
Pourquoi me faire ce sourire
Qui tournerait la tête au roi?
Si vous n’avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi?
Si vous n’avez rien à m’apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main?
Sur le rêve angélique et tendre,
Auquel vous songez en chemin,
Si vous n’avez rien à m’apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main?
Si vous voulez que je m’en aille,
Pourquoi passez-vous par ici?
Lorsque je vous vois, je tressaille:
C’est ma joie et mon souci.
Si vous voulez que je m’en aille,
Pourquoi passez-vous par ici?
(Victor Hugo)
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2011
La chanson est une flamme
Chante, et te voilà content.
Toutes les ombres de l’âme
Se dissipent en chantant.
(Victor Hugo)
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