Archive pour septembre 2011
Publié par arbrealettres le 28 septembre 2011

Justice — qui
porte si haut l’abîme
en son coeur que d’être
cet affront
à la face de la nuit
il y a dans la chair
ce diamant de clarté
toutes choses resplendissent
d’une vie absurde
et juste, les ans tombent
et ne bougent d’un cil
nos regards venus
de leur plus loin
(Gérard Pfister)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2011

Nous avons quitté
les toits et les certitudes
notre seul abri désormais
est de roseau
nous regardons
s’écouler le fleuve, nos regards
s’enfuir, le vent souffle entre nos doigts
nous écoutons
s’enlacer nos silences
(Gérard Pfister)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2011

Mais s’il ne s’appartient
lui-même, si les pensées
s’enfuient, si l’esprit
est ce vide, cette lumière
qu’y a-t-il d’autre
que ce poème
à nul offert
(Gérard Pfister)
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2011

La plus haute pensée humaine
Nous sommes à genoux ici, sur cette petite terre, devant l’Immensité,
devant le monde incommensurable qui est au- dessus de nous,
devant le cercle lumineux de l’Espace.
Élève ton esprit, et pense ce que je vois.
Tu entends le vent d’orage qui chasse les nuages autour de la terre
Mais tu n’entends pas le vent d’orage qui chasse les terres autour du soleil,
ni le plus grand qui souffle derrière les soleils, et les mène autour
d’un Tout caché qui gît dans l’abîme avec des flammes solaires.
Quitte la terre, monte dans l’éther vide: plane alors, et vois la terre
devenir une montagne flottante, et joue autour du soleil avec
six autres poussières de soleil;
Des montagnes voyageuses, que suivent des collines, passent devant toi,
et montent et descendent devant la lumière solaire.
Puis regarde, tout autour de toi, la voûte sphérique, parcourue d’éclairs,
lointaine, faite de soleils cristallisés, à travers les fentes de laquelle la nuit infinie regarde,
et dans la nuit est suspendue la voûte étincelante.
Tu peux voler durant des siècles sans atteindre le dernier soleil
et parvenir, au- delà, à la grande nuit.
Tu fermes les yeux, et te lances en pensée par- delà l’abîme
et par delà tout ce qui est visible
Et, lorsque tu les rouvres, de nouveaux torrents, dont les vagues lumineuses sont des soleils,
dont les gouttes sombres sont des terres, t’environnent, montent et descendent,
et de nouvelles séries de soleils sont face à face, à l’orient et à l’occident,
et la roue de feu d’une nouvelle Voie Lactée tourne dans le fleuve du Temps.
(Jean-Paul Richter)
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Publié par arbrealettres le 27 septembre 2011

Quel sens ont ces veines dans la chair
qu’une dentelle bleue tissée
du seul fil du regard
du sang infime battant
dans le cerveau le rythme de quel
vouloir, de quel dessein
— des veines fines sous la peau qui
tire à sa lumière
le sombre écheveau
(Gérard Pfister)
Illustration: René Magritte
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Publié par arbrealettres le 27 septembre 2011

Lancer cet hymne dans le vide
et que ce soit le ciel
ultime fleur, rien n’échappe
au poing fermé du présent
la chute ni l’envolée du chant
la saveur ni la mortelle
faim, lancer ce poème
pour ne sortir jamais du feu
naissant, chancelant
pour le peu de force qu’il reste
à ce bleu éphémère
(Gérard Pfister)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 27 septembre 2011

Puis le terrain
meuble cédant
sous le pas des instants
le lent éboulement, un trou
soudain s’évase
au centre du corps, l’espace
tombe sans fin, se détend
immense là où n’était
que toi
(Gérard Pfister)
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Publié par arbrealettres le 27 septembre 2011

Croient-ils donc
être alors que seul
les tient dans la main
l’invisible
les modèle son image
alors que seul
dans le désert les nourrit
l’appel
incessant de la grâce
(Gérard Pfister)
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Publié par arbrealettres le 27 septembre 2011

Les mains jointes
offrent le vide
serré entre les paumes
les yeux fermés peuvent-ils
oublier la lumière
réinventer la nuit
— entends dans l’orage
le silence, vois
dans la foule, vois
le seul visage
(Gérard Pfister)
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Publié par arbrealettres le 27 septembre 2011

Comme je ne veux pas laisser paraître
les rougeurs de ma passion ,
en bas du marais caché ,
je vais et viens,
alors que je meures d’amour.
(Kino Tomonori)
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