Archive pour septembre 2011
Publié par arbrealettres le 25 septembre 2011

L’olivier
J’ai un olivier
où dort chaque nuit
la lumière de l’aurore.
J’ai un olivier.
Et un champ de safran
au bord du Sikar
qui teinte les eaux
de la couleur de la vie.
Et un champ d’abricots
et de tendres pêches
humés par la lune.
Qu’il fuie bien loin
le noir sortilège !
Qu’il fuie bien loin
et vienne la pluie !
J’ai un olivier
où dort chaque nuit
la lumière de l’aurore.
J’ai un olivier.
(Hishâm ibn Halid al-Zebrun)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 25 septembre 2011

… Quand ton dos vibre
et que tu me blesses au ventre,
alors tambour de guerre,
hasardeux et étincelant comme un sabre yéménite…
(Hishâm ibn Halid al-Zebrun)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 25 septembre 2011

Deuil
Vous ne rendrez pas, seigneur,
les pleurs, les baisers et les pâmoisons
à celle qui a fait de son corps le temple
où la foi jurée file le temps.
Loin de tous, sur une sente obscure,
je vais, trempée de noir intense
parmi des fleurs vermeilles qui s’en rient.
(Halwâ al-Abbâr “al-Miknâsiyya”)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 25 septembre 2011

Les jeunes époux
Combien souffrent les jeunes époux,
quand, dos à dos et en silence,
l’orgueil les empêche de se réconcilier !
Mais quelle joie quand soudain ils se retournent
et mettent fin à la querelle d’amour :
elle en lui, lui en elle !
(Halwâ al-Abbâr “al-Miknâsiyya”)
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Publié par arbrealettres le 25 septembre 2011

Indifférence
Elle ne l’empêcha pas d’entrer
dans sa chambre,
et ne lui dit pas de mots
pleins de rudesse.
Elle le regarda simplement dans les yeux,
comme s’il était un étranger chez elle.
(Halwâ al-Abbâr “al-Miknâsiyya”)
Illustration: Cyril Martinenq
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Publié par arbrealettres le 25 septembre 2011

Tourment
Naguère nos corps ne faisaient
qu’un seul corps, une seule âme.
Et toi, tu fus l’amant,
moi l’aimée, l’infortunée aimée.
A présent tu es mon seigneur et je suis ton épouse.
Voici le fruit d’une vie tourmentée
sur ce chemin plein de cailloux
que les orphelins appellent l’amour.
(Halwâ al-Abbâr “al-Miknâsiyya”)
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Publié par arbrealettres le 25 septembre 2011

Automne
L’automne palpite
comme l’obscur aboiement du chien
parmi les emblavures.
Le coeur s’émeut.
Du larmier du ciel
tombent à plomb
les eaux lointaines
de la mélancolie.
(Sulayman ibn Hammûd)
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Publié par arbrealettres le 25 septembre 2011

La gazelle
Sur votre vie, amis, il fallait voir
un bel objet comme celui-là !
Hafsa était le visage même de l’aurore
qui peu à peu dépouille
de ses fleurs ardentes le grenadier.
De sang bédouin, rouge vermeil comme le vin
et le feu tendre qui se cache
à la racine du palmier,
elle savait compter les vertèbres du chameau
et décrire avec ardeur les courbes des dunes,
traire la chèvre de la main secrète et pure
de qui connaît la sainte faim de chaque jour.
D’elle, plus d’une fois, la gazelle fut jalouse.
Elle ne connaissait d’autre musique que l’arpège
et le silence du désert.
A présent elle joue du luth mélodieux
derrière la grille du harem.
(Sulayman ibn Hammûd)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 25 septembre 2011

L’aveugle
Les âmes pures des croyants
se reconnaissent l’une l’autre,
de même nous sommes revenus à la sainte Parole
où toi et moi ne faisions qu’un.
Le pas altier laisse deviner la boucle
qui honore le chemin et la sandale,
la magnétite l’essence du fer
qui règle la distance des corps,
le froid de l’hiver sous les nuits de veille
le feu secret au coeur profond du silex.
Sur le seuil de ma maison gisait un aveugle.
A présent je contemple avec tes yeux le jour éternel.
(Sulayman ibn Hammûd)
Illustration: Jean Legrand
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Publié par arbrealettres le 25 septembre 2011

Le spectre
Me suis-je épris d’un rêve
ou le parfum de jasmin frais qui plane dans le hammam
n’est-il que le spectre d’une cause plus vraie?
Le tambour bat au coeur de la bataille.
Me faudra-t-il rêver encore, mon Dieu,
pour vivre et l’oublier?
(Sulayman ibn Hammûd)
Illustration: Jean Goujon
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