Arbrealettres

Poésie

Archive pour octobre 2011

HORAE BEATAE INSCRIPTIO (Ezra Pound)

Publié par arbrealettres le 22 octobre 2011



HORAE BEATAE INSCRIPTIO

Comment ta beauté, quand serai loin d’ici
Viendra m’envahir et engloutir mon esprit!

Comment ces heures, quand tous deux serons gris,
Devenues marée saphir, viendront nous recouvrir!

(Ezra Pound)

Illustration: Albert Herter

 

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LA MAISON DES SPLENDEURS (Ezra Pound)

Publié par arbrealettres le 22 octobre 2011



LA MAISON DES SPLENDEURS

C’est la maison d’Evanoe,
Que les mains n’ont pas édifiée,
Mais quelque part, par-delà les chemins du monde
Son or s’étend, dessus, partout, tissé,
D’où sont façonnés des murs et d’étranges chemins.

Et j’ai vu ma dame dans le soleil,
Les cheveux épars, faisceau ailé,
Et rouge était le soleil derrière toute la scène.

Et je l’ai vue là, dans sa maison,
Six imposants saphirs étaient suspendus au mur,
Sur le bas, tels des panneaux, à la hauteur de ses genoux,
Et toute sa robe était tissée d’or pâle.

Il y a là maintes pièces, toutes d’or,
De murs tissés, soigneusement ornés, émaillés,
De travail martelé; et à travers la pierre bordeau
S’applique à tisser la lumière d’or.

Mon amour pour elle m’a conduit ici,
Vois cette adoration
Qui me rend lucide, il y a en cela des pouvoirs
Qui, mis en oeuvre par les vertus de son âme,
Font éclater les murs solides du temps immuable.

(Ezra Pound)

Illustration: Marc Chagall

 

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Et même si (Ezra Pound)

Publié par arbrealettres le 22 octobre 2011



Et même si je savais tes propos mot à mot?
Et si tu savais que je les savais, parlerais-tu?
Et même si je savais tes propos mot à mot,
Et tandis que tu vas les répétant, j’ai dit,
“Vois, il y eut celle qui inclinait sa jolie tête de lumière
Et soupirait comme toi, dans ses propos dorés.”
Ou, comme nos rires savent se mêler,
Comme les lèvres écrasées se dégagent par caprice,
Et même si mes pensées à mi-chemin se retournaient
Se chuchotaient: “Le joli mort
Doit connaître de tels instants, pensif parmi les herbes,
La manière dont les blancs cornouillers murmuraient au-dessus au-dessus de nos têtes,
Les jours de joie et de lumière!”

(Ezra Pound)

Illustration: Albert Herter

 

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Choses infinies désirées, nobles visions nées (Ezra Pound)

Publié par arbrealettres le 22 octobre 2011



Choses infinies désirées, nobles visions nées
D’une pensée désireuse, par naturelle vertu,
Sage harmonie, sur tes mers de délice,
L’esprit mystérieux de l’humanité
Devient pilote hardi … et si la moindre fausse note
Crève le tympan,
Instantanément
Ce paradis est projeté dans le néant.

(Ezra Pound)

Illustration: Henri Matisse

 

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HERAT HORA (Ezra Pound)

Publié par arbrealettres le 22 octobre 2011



HERAT HORA

« Merci, quoi qu’il advienne. » Puis elle se retourna
Et, comme le rayon de soleil sur les fleurs penchées
S’évanouit quand le vent les a redressées, glissa
De mes bras. Et même, quoi qu’il advienne,
Une seule heure fut soleil et les dieux les plus puissants
Ne peuvent se vanter d’avoir connu plaisir plus grand
Que celui de regarder cette heure s’écouler.

(Ezra Pound)

Illustration

 

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DISCOURS POUR PSYCHÉ DANS LE LIVRE D’OR D’APULÉE (Ezra Pound)

Publié par arbrealettres le 22 octobre 2011



DISCOURS POUR PSYCHÉ
DANS LE LIVRE D’OR D’APULÉE

Toute la nuit, et comme le vent se tient
Dans les cyprès, il se tenait
Sans me prendre, sinon comme l’air qui nous caresse
Tout près, et, comme les pétales de fleurs en tombant
Vacillent et semblent éviter la terre, il semblait
Sur moi planer, léger comme les feuilles,
Plus près de moi que l’air,
Et la musique qui coulait en moi semblait ouvrir
Mes yeux sur des couleurs nouvelles.
O vents, quel vent peut rivaliser avec sa légèreté!

(Ezra Pound)

Illustration: Jacques-Louis David

 

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FRANCESCA (Ezra Pound)

Publié par arbrealettres le 22 octobre 2011



FRANCESCA

Tu sortis de la nuit et vins ici,
Il y avait des fleurs dans tes mains;
Maintenant, tu sors des gestes des humains,
Du flot tumultueux des mots.

Moi qui t’ai vue parmi les choses essentielles,
Je m’irritais quand ils disaient ton nom
En des lieux ordinaires.

J’aimerais que les fraîches vagues envahissent mon esprit,
Que le monde sèche comme une feuille morte
Ou comme la graine du pissenlit, et soit balayé,
Pour que je puisse te trouver, comme avant,
Seule.

(Ezra Pound)

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LES YEUX (Ezra Pound)

Publié par arbrealettres le 22 octobre 2011



LES YEUX

Repos, Maître, car nous sommes las, si las
Que les caresses du vent paraîtraient
Aux paupières dessinées là,
Humides et pesantes comme le plomb.

Repos, frère et vois! l’aube est au-dehors!
La flamme jaune devient pâle
Et la cire coule si bas.

Laisse-nous partir car au-dehors vivent les couleurs,
Le vert de la mousse des bois, les couleurs des fleurs,
Et la fraîcheur au-dessous des arbres.

Laisse-nous partir, car nous mourons
Dans cette monotonie toujours naissante
D’empreintes laides, noir
Sur blanc parchemin.

Laisse-nous partir car il en est un
Dont le sourire a plus de prix
Que tout le vieux savoir de tes livres
Et nous aimerions le regarder.

(Ezra Pound)

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Les bords du fleuve (Henri Thomas)

Publié par arbrealettres le 22 octobre 2011



Les bords du fleuve

Il y a au bord du fleuve
Une fille à robe rouge
Attendant la nuit pour vivre,

Tellement sauvage et belle
Qu’un soleil éblouissant
Marche au milieu de ses rêves,

Il n’a de ciel que ses yeux
Derrière une ombre d’orage
Couvrant l’azur interdit.

Une fille au bord du fleuve
En chemin vers une image
Que le jour ne peut montrer.

Les lampes, l’une après l’autre,
Les lampes prennent sa robe
Et la déchirent sur l’eau,

Mais jamais jusqu’à la chair,
Mais jamais jusqu’au soleil
Barré de chaudes ténèbres.

Partout montent, se confondent,
Des arches de nuit profonde,
Elle est nue, elle est cachée.

(Henri Thomas)

Illustration

Poète-Poème découverts chez Lara ici

 

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Une rue tourne et passe dans la vitre (Henri Thomas)

Publié par arbrealettres le 22 octobre 2011



Une rue tourne et passe dans la vitre
comme une journée entière,
avec sa fatigue.

(Henri Thomas)

Illustration

Poète-Poème découverts chez Lara ici

 

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