Arbrealettres

Poésie

Archive pour octobre 2011

INTERLUDE (Jacques Rabemananjara)

Publié par arbrealettres le 29 octobre 2011



INTERLUDE

Un nom sur ta bouche.
Une voix se meurt.
Un rayon s’efface
du seuil étoilé.

Le calme endort feuillage et cime.
Le charme unit frissons et lèvres.

Une harpe frémit au loin :
Airs d’autrefois, paroles dites.
Caresses lentes des doigts fins
sur les corolles interdites…

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Gustavo Mancinelli

 

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Tout est soudain éternité (Jacques Rabemananjara)

Publié par arbrealettres le 29 octobre 2011



Le marbre nu de la margelle
saigne à l’approche de Midi.
Et tente mes lèvres torrides
le secret des eaux souterraines !

Oh ! quelle gorge inapaisée
rêve de sources impossibles !

Tout est soudain éternité :
La seconde comme le mot,
Le souffle ainsi que le silence.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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Un caillou jeté dans la nuit (Jacques Rabemananjara)

Publié par arbrealettres le 29 octobre 2011



Un caillou jeté dans la nuit
trouble les étangs infinis

Un scintillement de rosée
m’a torturé de ton désir,
O puits scellé du Paradis.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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Mais qu’étions-nous (Jacques Rabemananjara)

Publié par arbrealettres le 29 octobre 2011



Mais qu’étions-nous
Sinon le tourment de nous-mêmes !
Quelle étape au bout de nos courses ?

Elle nous brûlait jusqu’aux os,
la soif des dieux et des présages ;

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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PRELUDE (Jacques Rabemananjara)

Publié par arbrealettres le 29 octobre 2011



PRELUDE

Je me rappelle, Erica !
Je me rappelle
l’instant du miracle, la date lumineuse
d’hier.
Pas un geste, pas un cri
ne s’efface de ma mémoire.

Je me rappelle et, plus fier
que le guerrier de la légende ou de l’épopée,
j’avance dans la lice avec le front marqué du signe de ta gloire.

La grâce
a pénétré jusqu’au coeur de ma vie.
Lame de lumière dans le sous-bois.
Epée étincelante enfoncée à tes flancs,
Bel Archer de Minuit !

Et toi, Reine dernière,
La torche flambe dans ta main.
Une route de feu s’ouvre droit sur l’infini.
Il souffle, il souffle un vent étrange !
Tourne, tourne l’héliotrope de Midi !
Et tourne et tourne le sable rouge !

Et Toi et Moi, ce soir,
Nous ne serons plus que deux rêves,
Deux rêves enfouis dans la poitrine de l’ivresse.
Deux rêves vivants
comme arbres drus sur la dune,
Gonflés de sève et de mystère !

(Jacques Rabemananjara)

 

 

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Fais-moi danser (Jacques Rabemananjara)

Publié par arbrealettres le 29 octobre 2011



[...]

Fais-moi danser,
Oh ! danser jusqu’au vertige, jusqu’au délire !
Fais danser mon coeur rouge,
mon coeur d’orage et de feu,
Prends-le fumant de fièvres dans tes poings,
dans l’ivresse de ton mystère.

sanglant trophée,
Elève mon coeur jusqu’au soleil, jusqu’au tonnerre
pour la gloire de tes jours, Diane-Fée !

Pour la surprise unique des Princes et des Dieux !
Pour l’éclatement suprême de la Terre !

Fais danser mon coeur rouge,
danser mon coeur d’orage et de feu !
Danser dans l’ivresse de ton mystère !
Mais quel message dira, ce soir,
l’Oracle des Vents du Nord ?
Aux portes du Temple fleurit,
beau comme la vie au seuil de la mort,

fleurit déjà le Grand Désir
au bourgeon pourpre et solitaire.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Pierre Descldes

 

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RIEN QUE MESSAGE (Jacques Rabemananjara)

Publié par arbrealettres le 29 octobre 2011



RIEN QUE MESSAGE

Je t’apporte, Déesse, un salut blanc comme la neige.
Un salut nouveau comme le printemps.
Je te l’apporte
riche de tous mes souhaits, de tous mes voeux inavoués.

Mais quel message inédit
récitera l’Oracle du Nord ?

Chaque parole atteint mon coeur d’une lueur de certitude
Manne combien précieuse
dont comble l’affamé du désert ta bouche d’or,
ta bouche de miel
promise au seul baiser de l’extase…

Depuis avant l’aube,
l’attente de l’instant divin
ronge,
fait défleurir l’arbre de la solitude.

Le feu d’un lent tourment
monte de la racine au col des sommets.
L’incendie avance
aussi certain que la marée ;
et toute la plaine s’embrase
mouvante où souffle le Vent nouveau de la Frontière.

Depuis l’aube d’hier,
depuis les chants du Premier Jour,
la terre s’interroge : image de l’âme en éveil.
Et l’oeil hanté
du pâtre-errant a perdu le fil du sommeil.

Les pieds du pèlerin
saignent encore sur la ronce et les os durs des carrefours.
Les perfides poussières
en ont limé la force vive avant l’Etape.

Lassitude ! Lassitude !
Rien que lassitude
sur les sables blancs de l’étendue.

La mort
a d’une main sûre lancé la foudre en flamme,
lancé jusqu’au-delà de la prairie,
sur l’herbe rouge des savanes !

Et m’a ravi le brusque orage
comme l’Aigle la douce Colombe.

Et les ténèbres
ont englouti les cris de mon sang,
ont couvert l’abîme septuple
de l’Angoisse et de l’amertume.

Et j’ai dévoré mes larmes jusqu’à la source,
et j’ai dévoré mes doigts jusqu’aux ongles.

Qui n’a pas reconnu le mendiant,
l’Aveugle à la voix rauque,
assis aux bornes du sentier ?

Le mendiant d’Amour
qui s’en allait pieds nus à travers l’ortie et l’épine,
qui s’en allait quêter la joie au bras de l’horizon !

Voici
qu’au tournant de la nuit
le geste d’un dieu propice
suscite l’Archange clair au bord du précipice !

Et c’est toi que j’acclame, faste de l’aube seconde !
Azur frais et lisse d’un ciel lavé tes yeux d’iris et de béryl.
Plus fabuleux que l’or du Rhin,
que la perle rouge à Golconde !
Irrésistibles
comme l’appel de la magie ou le signe du destin !

[...]
(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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LES REGRETS (Jacques Rabemananjara)

Publié par arbrealettres le 28 octobre 2011



LES REGRETS

I

Lucy
Qu’as-tu fait de mon coeur, enfant aux cheveux blonds ?
De douleur en douleur comme de doute en doute,
Semblable au voyageur perdu dans les vallons,
Devrai-je de l’espoir abandonner la route ?

Puisqu’il faudra demain voir le soleil sans toi,
Qu’importe que ma vie à jamais soit brisée ?
Un malheureux de plus dans ce monde sans foi,
C’est comme dans la mer la goutte de rosée.

Je ne murmure point contre l’arrêt du sort :
Ton souvenir saura remplir ma solitude.
Un archange aux yeux bleus, avec sa toison d’or,
Evoquera toujours ta rêveuse attitude…

II

Pas plus que je ne veux crier ni blasphémer,
L’on ne me verra point étreindre en vain l’espace.
A quoi bon adoucir le tourment de s’aimer ?
Le temps ne guérit point un mal qui le dépasse.

Tant que je resterai dans ces lieux où l’amour
A nos coeurs enchantés dévoila ses mystères,
Les arbres dans les champs, la nuit avec le jour
Ranimeront pour moi nos rêves solitaires.

Je m’en irai, pensif, m’enfoncer dans les bois,
Refaire le chemin de la campagne immense.
Peut-être les échos, encor chauds de ta voix,
Voudront-ils me redire un peu de ta romance.

III

Mais sous mes pieds lassés les cailloux seront sourds.
L’Indrois ne taira pas sa chanson inutile.
L’ombre des temps défunts sur le manoir du bourg
Fiancera l’Ennui à mon âme stérile.

Lucy, ma Bien-aimée, est-ce cela l’Amour ?
Une ivresse éphémère, une peine infinie ?
Pourquoi tant de bonheur s’il fallait qu’en retour
On regrette à ce point la volupté bannie !

Les dieux, sans aucun but, auraient-il réuni
Nos pas que le hasard a comblés de merveilles ?
Ou dois-je concevoir qu’ils nous auront punis
D’avoir trop tôt vécu des heures sans pareilles…

IV

Oh ! laisse-moi du moins, laisse-moi pour ce soir,
Reposer sur ton sein mon front chargé de fièvres.
Et qu’avant d’échanger notre ultime au revoir,
Une ardeur sans égale unisse encor nos lèvres !

Le temps passe. Aimons-nous. Le reste n’est qu’orgueil.
baiser d’adieux, je veux que ta mémoire
L’inscrive comme un sceau mis sur mon coeur en deuil :
Ton nom, seul, désormais en formera la gloire…

Oh ! laisse-moi, Lucy, laisse-moi pour ce soir
Epancher sur ton sein la flamme de nos fièvres,
Regarder dans tes yeux mon amour se mouvoir
Et t’insuffler ma vie en dévorant tes lèvres…

V

J’ai voulu retrouver quelque chose de toi,
De nouveau respirer un peu de ton parfum ;
Et je suis revenu tout seul au fond des bois.

Mais la route est si noire et le soir est si brun !
Notre bonheur n’est plus qu’un songe d’autrefois
Qui flotte tristement au seuil des jours défunts.

Le rêve disparu s’agite et me fait signe.
La barrière est franchie où naquit le Passé.
Ô Rampela, regarde au-delà de la ligne :

La lumière s’éteint. L’azur s’est effacé.
Et vois sur le versant nos destins qui s’alignent
Comme de faux ibis dont l’essor s’est lassé.

VI

Je cherche vainement tes pas sur le gazon.
Je murmure ton nom à l’herbe où nous passâmes.
Mais la rose a trahi les voeux de la saison.

Les vents ont dispersé les secrets de nos âmes.
Les lotus dans le puits tombent sans floraison.
Les sables blancs ont bu ton sang avec mes flammes.

Le monde a violé le pacte et le serment.
Les fanes ont surpris les feuilles des ramures.
J’ai beau troubler la sente et couper le sarment,

Tout parle de silence au fond de la clôture.
A l’ombre des remparts tout parle de tourment
Et je meurs sans avoir terminé l’aventure.

VII

O Rampela, contemple au-delà de la ligne :
Ton visage me manque et le monde se voile.
La boue a traversé jusqu’au front des étoiles.

Ma Bien-aimée, entends la voix d’outre-rempart :
Mon cœur fond en sanglot et, depuis ton départ,
La vie est devenue un ennui rectiligne.

Et je reviens tout seul, tout seul au fond des bois,
Afin de recueillir un souvenir de toi,
De nouveau respirer un peu de ton parfum.

Mais la route est si noire et le soir est si brun !
Notre bonheur n’est plus qu’un songe d’autrefois
Qui flotte tristement au seuil des jours défunts…

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: William Bouguereau

 

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ODE A RANAVALONA III (Jacques Rabemananjara)

Publié par arbrealettres le 28 octobre 2011



ODE A RANAVALONA III
(extraits)

[...]

Quel chérubin obscur a pu compter les gouttes
De larmes dont tes yeux ont inondé tes jours!
Peut-être que témoin insensible de tes doutes
Ton ange a-t-il prévu de si brillants retours.

Lorsque la mort, plus tard, vint délivrer ton âme,
Le souffle du désert ou quelques vieux corbeaux
Ont pu seuls écouter les plaintes de tes mânes
Parmi les myrtes verts qui veillaient ton tombeau.

[...]

Mais où sont les taureaux à la nuque étoilée
Dont le sang abondant doit arroser le sol ?
Où donc est la génisse à tes pas immolée ?
Je cherche vainement ton rouge parasol.

Dans le jardin des rois, les « sahondras » sont mortes.
Nulle conque marine avec des sanglots longs
N’ose non plus troubler le silence des Portes
Ni déchirer les flancs paisibles des vallons.

Sous le ciel éclatant d’un bleu d’apothéose,
Je ne vois point marcher des vierges des tribus
La théorie ardente en guirlandes de roses
Pour réciter en choeur les chants qui te sont dus.

*
Une foule innombrable envahit l’Acropole
Et refait vaguement les gestes rituels.
Mais l’Aigle qui défend l’accès des nécropoles
Semble ignorer ton Ombre et tes restes mortels.

Les bambous ont verdi. Les ficus centenaires,
Des ébats de ta cour témoins silencieux,
Poursuivent, nonchalants, leur songe imaginaire
Autour de la « Maison-Froide » de tes aïeux.

Mais, seul, l’arbre des rois, d’un geste symbolique,
Contemple ta dépouille avec des lents remous :
L’« Aviavy » sacré parfume ta relique
Du baume hypothétique à tes cendres si doux.

*

Reine, petite reine aux yeux charmeurs et tristes
Dont la langueur valut l’empire d’un pays,
Au milieu des rois morts dont la vertu t’assiste,
Que tu dois être heureuse en ce linceul ami !

Maintenant que tu dors sous le signe des Rites,
Qu’importe à ton destin que des peuples nouveaux
Rangent sous d’autres lois l’éclat des latérites :
Ton âme aura vécu ses rêves les plus beaux,

Reine, petite reine aux yeux charmeurs et tristes,
Maintenant que tu dors sous le signe des Rites.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration et présentation de la Reine Ranavalona III

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In Memoriam J.J. RABEARIVELO poète malgache (Jacques Rabemananjara)

Publié par arbrealettres le 28 octobre 2011



in Memoriam Jean-Joseph Rabearivelo
poète malgache

I

Je suis venu revoir les lieux où tu t’endors.
Je n’ai pu retenir mes sanglots et mes larmes.
Le souvenir n’est-il, à l’ombre de la mort,
Qu’un éclair sans éclat dans une nuit sans charmes ?

O mon ami, voici ce qui reste de toi :
Un peu de terre rouge où des chiendents sauvages
Suivent nonchalamment le -destin- de leur loi.
La mort et la ruine emmêlent leurs ravages.

La Solitude, soeur fidèle des tombeaux,
Garde dans son manteau ton rêve et ton mystère.
Une pierre, immobile, un couple de corbeaux,
Sont-ils les seuls veilleurs aux portes de la terre ?

II

J’ai beau crier ton nom aux vallons d’alentour :
Nul écho ne répond aux syllabes sonores.
Le buisson est muet. L’espace reste sourd.
Tout est calme et serein comme une claire aurore.

Ton Emyrne, O Poète, a trahi les serments.
Au pied du mausolée où ton âme médite,
Expirent quelquefois de lointains aboiements
Semblables aux sanglots de quelques voix maudites.

Mais partout le silence et partout l’abandon.
Le sommeil éternel triomphe de tes songes.
J’ai réveillé parmi la ronce et le chardon
Un arrière-refrain du Chant qui te prolonge.

III

La nature sourit et revêt sans remords
La splendeur d’un azur qui n’a point de limites.
Le ciel que nous peuplions de voeux pour notre sort
Range notre destin aux grandeurs des termites.

Ah ! que chanter encore et que dire de plus
Qui ne marque l’éclat et l’emprise du sable.
L’homme est un pèlerin au seuil d’un tumulus ;
Que sert de se parer de lauriers périssables !

Mais je vois refleurir sur les flancs des remparts
Les roses et les lis dont quelques mains pieuses
Ont jadis apprêté l’heure de ton départ.
Je vois croître en beauté les collines heureuses.

IV

Les cimes dont tes vers ont fixé les langueurs
N’ont pas, pour te pleurer, changé leur attitude.
Sur la face des rocs, des choses, dans les odeurs
S’inscrit en feux dorés la noire ingratitude.

L’Oubli, comme un vautour qui de gloire se tord,
Impérialement plane et bâtit son aire
Sur le tertre désert qu’un sombre figuier tors
Couvre d’une tristesse immense et millénaire.

Seul, l’arbre des hauts-lieux, dont tu prisais l’orgueil
Oppose au grand azur qui s’emplit de lumières
L’auguste frondaison de ses rameaux en deuil
Et semble un renouveau de tes forces premières.

V

Peut-être sa racine errant dans les limons
Trempe sa sève antique au sang de ta jeunesse.
Faut-il, O mon ami, que le gardien des monts
D’un siècle à l’autre ainsi de nos souffles renaisse ?

Est-ce là pour la vie un terme glorieux ?
Oh ! dis-moi, toi qui sais les énigmes des choses
Quel mirage a séduit ton esprit curieux
Pour t’enivrer d’espoir en les Métamorphoses ?

Par quels rayons nouveaux tes yeux sont-ils dorés ?
La barque dont ta main a brisé l’armature,
Ah ! quelles cargaisons de bonheurs ignorés
T’a-t-elle su promettre au port de l’Aventure ?

VI

Je ne viens pas troubler ton rêve évanoui.
Mais l’éclair d’un regard et le pli d’une rose
N’auraient-ils pu suffire à ton coeur ébloui
Pour chanter sur la route un hymne moins morose !

Laisse, Ami, laisse-moi devant ton frais tombeau,
Parmi l’oubli des odeurs, la vanité des choses,
Ecouter la Sagesse en ce désert enclose
Et conjurer la mort dans l’attente du Beau.

Qu’est-ce la vie en somme et que dois-je en attendre,
Puisque tout doit périr et fumier devenir !
O Poète, les yeux fermés sur l’avenir,
Je n’ai pas à presser l’heure qui doit descendre,

Et je reste les bras croisés et le coeur tendre…

(Jacques Rabemananjara)

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